Après Chantilly puis le Prieuré, direction Saint-Germain-en-Laye. À seulement une trentaine de minutes de Paris, ce club centenaire dessiné par Harry Colt est l’un des hauts lieux du golf français. Souvent perçu comme inaccessible, il ouvre pourtant ses portes aux joueurs extérieurs à certaines périodes de l’année. L’occasion de découvrir un parcours dont la réputation dépasse largement les frontières de l’Île-de-France.
Dans l’imaginaire collectif, le Golf de Saint-Germain fait partie de ces clubs que l’on admire sans vraiment oser imaginer y jouer. Un nom chargé d’histoire, des compétitions prestigieuses, une longue tradition associative… Tout semble indiquer qu’il s’agit d’un club exclusivement réservé à ses membres.
La réalité est plus nuancée.
En semaine, du mardi au vendredi, les visiteurs peuvent réserver un départ tout au long de l’année. Et durant l’été, du 14 juillet au 31 août, le parcours s’ouvre également aux joueurs extérieurs le week-end. Une opportunité rare de découvrir l’un des parcours les plus réputés de France. « Notre une politique a toujours été la même, explique le directeur des lieux, François Bardet. Nous sommes un golf privé associatif. Nous avons toujours été ouverts aux joueurs extérieurs en semaine sur réservation. »
S’offrir un grand golf près de Paris, l’expérience qui vaut le green fee ; chapitre 1, Chantilly-Vineuil
S’offrir un grand golf près de Paris, l’expérience qui vaut le green fee ; chapitre 2, Le Prieuré
Un parcours signé par l’un des plus grands architectes de l’histoire
Le Golf de Saint-Germain appartient au cercle très fermé des parcours dessinés par Harry Colt. L’architecte britannique, considéré comme l’un des plus influents de tous les temps, a également signé des chefs-d’œuvre comme Muirfield, Sunningdale, Wentworth ou Pine Valley.
Créé en 1922, Saint-Germain illustre parfaitement la philosophie de son créateur : un golf qui ne cherche jamais à impressionner par la longueur, mais qui récompense l’intelligence de jeu.
Ici, chaque trou possède sa propre personnalité. Les bunkers, remarquablement positionnés, dictent la stratégie depuis le départ. Les fairways semblent généreux mais les attaques de greens nécessitent presque toujours de trouver le bon angle. Quant aux greens, réputés pour leur qualité tout au long de l’année, ils demandent précision et finesse de lecture.
« Le parcours et les lieux ont un charme et une tradition britannique auxquelles nous tenons beaucoup, précise le président du golf, Jean-Paul Davin. L’histoire de ce golf est riche et magnifique et le lieu est magique. »
Le charme discret de la forêt de Saint-Germain
Ce parcours, un petit bijou d’architecture, se situe à moins d’une demi-heure de Paris. Et pourtant, c’est l’un des parcours les plus silencieux de l’île de France.
Le tracé serpente au cœur de la forêt domaniale de Saint-Germain-en-Laye, loin du tumulte urbain. Les grands arbres bordent presque chaque trou et offrent une sensation d’immersion rare.
Cette atmosphère participe pleinement au charme du club. Les 18 trous s’appuient sur le relief naturel, la qualité du dessin et un environnement préservé qui donne parfois l’impression de jouer dans un parc centenaire. Plus on le joue, plus on découvre la richesse de son architecture. « On joue tous les clubs du sac ici, et particulièrement le sandwedge », assure Jean-Paul Davin.
Plus d’un siècle d’histoire
Et puis, et c’est un atout non négligeable pour tenter l’expérience au moins une fois dans sa vie de joueur, le Golf de Saint-Germain, fondé en 1922, occupe une place à part dans le patrimoine golfique français. Deux ans seulement après son inauguration, il accueillait son premier Open de France, en 1924. Neuf fois, notre Open national s’est joué à St-Germain.
Au fil des décennies, le club est devenu l’un des théâtres privilégiés des grandes compétitions françaises. Les meilleurs joueurs du monde s’y sont succédés (de Bobby Jones, Henry Cotton à Nick Faldo ou Bernhard Langer), mais une édition de l’Open de France reste gravée dans les mémoires : celle de 1985, remportée par un certain Seve Ballesteros. L’Espagnol était alors au sommet de son art.
Cette riche histoire sportive accompagne le joueur tout au long de sa partie. Plus d’un siècle après sa création, le parcours a conservé toute la philosophie imaginée par Harry Colt, fait suffisamment rare pour être souligné. Là où beaucoup de tracés historiques ont été profondément remodelés, Saint-Germain demeure un remarquable témoignage de l’architecture classique britannique.
Et il le restera encore alors que d’importants travaux sont en cours pour permettre le passage du Tram T13 qui va traverser le golf. Le pont Mare aux Bœufs deviendra un passage mixte (tramway/piétons) et un second pont sera construit à proximité de celui de la Route des Volières. « L’architecte Stuart Hallett nous aide à ce que l’intégration du Tram T13 se fonde parfaitement dans le site, détaille Jean-Paul Davin. Là encore, nous avons voulu conserver cet esprit britannique. Et une continuité écologique sera préservée pour permettre le passage de la faune. »
Un club-house à l’élégance intemporelle
L’esprit britannique des lieux, on l’a dit, ne s’arrête pas au dernier putt.
Le club-house raconte lui aussi une partie de l’histoire du club. Détruit par un incendie en 1952, il a été entièrement reconstruit quelques années plus tard. Loin d’une simple reconstruction à l’identique, le projet a permis de donner naissance à un bâtiment contemporain d’une grande élégance. Jean-Paul Davin précise : « Ce nouveau bâtiment a donné une nouvelle ère au club. Sa reconstruction a été confiée au fils de Maurice Denis, un célèbre peintre local. »
Avec ses larges ouvertures sur le parcours, ses volumes baignés de lumière et l’utilisation de matériaux naturels, ce club-house s’intègre avec une remarquable discrétion dans son environnement boisé.
Sa terrasse, largement ouverte sur les premiers et derniers trous, est un point de rendez-vous incontournable après la partie.

Comment le jouer ?
Contrairement aux idées reçues, il est donc tout à fait possible de découvrir le Golf de Saint-Germain sans appartenir au club, en semaine, sur réservation.
Les visiteurs sont accueillis du mardi au vendredi tout au long de l’année. En période estivale, du 14 juillet au 31 août, le parcours est également accessible le week-end. Les réservations s’effectuent directement auprès de l’accueil du golf (par téléphone 01 39 10 30 30 pour par
Email : info@golfstg.org), dans la limite des départs disponibles. Vous pouvez également en savoir plus sur le golf grâce au tout nouveau site internet.
Le club demande un index inférieur à 24 pour les messieurs et à 28 pour les dames afin d’accéder au grand parcours. Un dernier conseil pour profiter pleinement de l’expérience ? « C’est peut-être l’été qu’il faut venir le jouer pour la première fois, estime François Bardet. Avec les hauts roughs, le parcours prend toute sa mesure. Et plus il y a plus de disponibilités et le tarif des green-fees est moins onéreux. »
Les raisons de prendre la direction de Saint-Germain-en-Laye ne manquent donc pas. Un chef-d’œuvre signé Harry Colt, un siècle d’histoire, le souvenir de Seve Ballesteros et une immersion au cœur de la forêt, à quelques minutes seulement de Paris. Voilà pourquoi, depuis 1922, ce parcours continue de fasciner autant ceux qui le découvrent que ceux qui y reviennent. C’est peut-être votre tour.
©Marc Chesneau













