Grâce à son succès au Longwy Alps Open, son troisième de la saison, Alexandre Vandermoten s’est assuré une montée sur l’HotelPlanner Tour. Voulant profiter de sa belle forme du moment, le golfeur de 26 ans sera ce jeudi au départ du Hauts de France-Pas de Calais Open, à Saint-Omer.
Propos recueillis par Nathan CARDET, à Saint-Omer
Golf Planète : Quelques jours après cette troisième victoire, avez-vous vraiment réalisé ce que vous venez d’accomplir ?
Alexandre Vandermoten : J’ai rapidement réalisé que j’avais gagné, bien sûr, mais que j’avais désormais ma place sur l’HotelPlanner Tour l’année prochaine, ça a mis un peu plus de temps. C’est une sensation incroyable. À un moment, alors que j’étais encore sur la route, je me suis même demandé ce que j’allais faire en janvier. Et puis je me suis dit : « Mais t’es bête ou quoi ? Tu es sur l’HotelPlanner Tour ! » J’ai bien profité avec mes proches. Mon meilleur ami est venu de Paris, nous sommes allés au Luxembourg et nous avons vraiment fêté ça. Trois victoires et la montée, ça se fête !
G.P. : Cette troisième victoire était-elle devenue une forme d’obsession ?
A.V. : Pas une obsession, mais elle était forcément dans un coin de ma tête. Tout le monde me demandait quand j’allais la faire. À force, cela crée une pression. J’au vu aussi Maxime Legros et Andrea Romano l’avoir fait avant moi. Je savais que j’en étais capable, mais je n’avais pas encore trouvé la bonne manière de l’aborder.
G.P. : Qu’est-ce qui a changé à Longwy ?
A.V. : La patience. J’avais très bien travaillé avec Alain Alberti avant le tournoi et j’étais dans une autre mentalité. Mon objectif était vraiment d’aller chercher les points nécessaires pour monter, pas de penser à la victoire. Même le dernier jour, avec cinq coups d’avance, on me répétait de ne surtout pas penser au résultat et simplement de jouer.
J’ai rentré un putt au 1, mon partenaire avait une tentative encore plus courte mais ne l’a pas mise. D’un coup, j’avais six coups d’avance. Cela aide forcément ! Ensuite, j’ai essayé de rester moi-même.
Quand vous voulez trop quelque chose, vous savez que vous êtes capable de l’avoir, mais vous ne faites pas forcément les bonnes choses pour y arriver
Alexandre Vandermoten
G.P. : Vous avez donc réussi à faire abstraction de l’enjeu ?
A.V. : Complètement. Sur les tournois précédents, je n’y arrivais pas. Je crois que c’est simplement une question de maturité. Quand vous voulez trop quelque chose, vous savez que vous êtes capable de l’avoir, mais vous ne faites pas forcément les bonnes choses pour y arriver. Là, j’ai juste joué mon jeu. J’ai gardé mes routines, je suis resté concentré sur moi-même.
G.P. : Quels sont désormais vos objectifs de fin de saison ?
A.V. : Je vais tenter les cartes du Korn Ferry Tour en octobre, en Floride. Je vais également jouer les cartes du DP World Tour avec le Stage 2 en Espagne. L’idée est d’aller le plus loin possible dans les deux. J’aimerais notamment atteindre les finales et améliorer ma catégorie sur l’HotelPlanner Tour.
G.P. : Vous allez les jouer forcément avec moins de pression…
A.V. : Cela fait deux ou trois ans que je fais les Q School, même quand j’étais amateur. C’est déjà coûteux, mais surtout, vous avez cette pression permanente : si vous ne jouez pas bien, votre saison est terminée et vous devez recommencer à zéro. Là, j’ai déjà quelque chose pour l’année prochaine. Le pire qui puisse m’arriver, c’est de jouer l’HotelPlanner Tour. Donc je peux jouer beaucoup plus libéré.
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G.P. : Vous avez un parcours assez atypique. Pouvez-vous nous le raconter ?
A.V. : Je suis né en France en 2000, de parents belges. Jusqu’à mes 17-18 ans, je jouais sous le drapeau belge. J’ai participé aux Internationaux de Belgique et aux quadrangulaires avec la Belgique, même si je n’ai jamais vécu dans ce pays.
J’ai toujours vécu en France, d’abord près de Paris, à Saint-Aubin. Puis, quand j’avais 13 ans, nous sommes descendus dans le Sud avec ma famille. Nous avons trouvé l’académie Leadbetter à Massane et j’y suis resté jusqu’à mes 19 ans. Après mon bac S, je suis parti aux États-Unis. J’ai commencé dans une université en Arizona, en NAIA, avant de rejoindre Jacksonville, en Floride, en Division I. J’y ai fait quatre ans et un master.
G.P. : C’est également aux États-Unis que vous avez commencé à vous confronter au monde professionnel ?
A.V. : En 2024, j’ai tenté les cartes, notamment celles du PGA Tour Americas, mais ça n’a pas fonctionné. Je suis donc resté amateur avant de finalement passer professionnel pour obtenir mon visa américain. Puis j’ai essayé les Monday Qualifiers. C’est une expérience qui m’a beaucoup fait mûrir. Vous pouvez très bien jouer et ne jamais passer. C’est vraiment très dur. Je me suis dit : « Plus jamais ! » (rires)
G.P. : Et l’Alps Tour est finalement devenu votre véritable tremplin ?
A.V. : L’année dernière, j’avais atteint le deuxième tour de la Q School du DP World Tour. Mon sponsor m’a alors parlé de l’Alps Tour. Je me suis inscrit au dernier moment et j’ai terminé septième ex æquo des cartes.
Et ensuite, tout s’est enchaîné. J’ai gagné rapidement, puis j’ai connu une période plus difficile, avant de gagner de nouveau autour de mon anniversaire. Et maintenant, cette troisième victoire. Je suis vraiment très fier de moi, surtout du travail effectué. J’ai beaucoup appris cette année sur la gestion de la pression.
G.P. : Vous avez fait le choix de jouer le Hauts de France-Pas de Calais Open, avez-vous encore envie de vous fixer de nouveaux objectifs sur l’Alps Tour ?
A.V. : Pourquoi pas essayer de devenir numéro 1. Je ne suis pas très loin d’Andrea Romano au classement, donc c’est peut-être encore possible. Mais je ne veux pas trop réfléchir. Il faut continuer à jouer, continuer à progresser et surtout profiter de cette situation.
©Raffaele Canepa/Alps Tour














