Alors que l’Angleterre traverse une période de sécheresse exceptionnelle, le golf se retrouve une nouvelle fois au cœur du débat sur l’utilisation de la ressource en eau. Selon une analyse publiée par The Guardian à partir de données de l’Environment Agency (EA), plus de 140 clubs de golf anglais ont enfreint leur licence de prélèvement d’eau entre 2021 et 2025.
Le quotidien britannique s’est appuyé sur des données fournies par l’Environment Agency, l’agence environnementale anglaise, à la suite d’une demande officielle d’accès aux informations environnementales. Entre 2021 et 2025, les clubs de golf ont été à l’origine de 279 infractions, soit environ 6 % de l’ensemble des manquements recensés.
Toutes ne correspondent toutefois pas à des prélèvements excessifs. Une partie des infractions concerne des clubs qui n’ont pas correctement suivi leur consommation, transmis leurs relevés ou respecté leurs obligations de surveillance.
Un risque pour l’environnement
Plus préoccupant, 175 des 279 infractions ont été classées dans les catégories 2 ou 3, correspondant à des manquements susceptibles d’avoir un impact « raisonnablement prévisible » sur l’environnement, la santé ou la qualité de vie. Dans 100 cas, l’Environment Agency a considéré que les pratiques constatées présentaient un risque pour l’environnement.
Pour autant, aucune de ces infractions n’a donné lieu à des poursuites ou à une amende. Une situation jugée « absolument inacceptable » par Amy Fairman, responsable des campagnes de l’association River Action. Selon elle, ces chiffres montrent que les conséquences d’un non-respect des licences ne sont pas suffisamment dissuasives et que les contrôles doivent être renforcés.
L’Environment Agency défend pour sa part sa méthode. Elle affirme avoir amélioré ses capacités de surveillance et de détection des infractions et explique privilégier dans un premier temps le dialogue avec les clubs afin de les ramener dans les limites de leur autorisation. Elle assure toutefois qu’elle n’hésitera pas à prendre des mesures supplémentaires lorsque cela sera nécessaire.
70% de l’Angleterre touché par la sécheresse
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible. Plus de 70 % de l’Angleterre est actuellement touchée par la sécheresse, après un été marqué par plusieurs vagues de chaleur. Le Met Office a par ailleurs annoncé que l’été 2026 était, selon les données provisoires, le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni. Plusieurs grands réservoirs affichent des niveaux exceptionnellement bas, tandis que le monde agricole s’inquiète des conséquences du manque d’eau.
Les chiffres du Guardian ne concernent pas directement la sécheresse de 2026, puisqu’ils s’arrêtent à 2025. Ils couvrent néanmoins les épisodes de sécheresse de 2022 et 2025.
Le nombre d’infractions recensées a par ailleurs plus que doublé sur la période étudiée. Une hausse que l’Environment Agency attribue en partie à la numérisation de ses données et à l’amélioration de ses moyens de contrôle.
À l’heure où la disponibilité de l’eau devient un enjeu majeur au Royaume-Uni, le golf se retrouve donc confronté à une question de plus en plus sensible : comment continuer à entretenir des parcours de qualité tout en réduisant leur pression sur une ressource devenue rare ?
Photo by Christopher Furlong / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














