Neuvième de la Points list avant de prendre part aux quatre tournois des Playoffs du Korn Ferry Tour 2026, Jérémy Gandon est pour l’instant dans une position très favorable quant à l’obtention de ses droits de jeu sur le PGA Tour 2027. Le Français âgé de 29 ans, qui avait manqué l’accession en 2025 pour seulement 47,3 points, demeure néanmoins prudent mais malgré tout confiant.
Propos recueillis par Lionel VELLA
Après cinq semaines de tournois consécutifs durant lesquels il a signé deux top 10 (9e au Utah Championship le 2 août puis 7e au Albertsons Boise Open le 16 août), Jérémy Gandon a profité de quinze jours de break. Une plage de « repos » consacrée d’abord à son déménagement en compagnie de sa femme, Jordan, dans une nouvelle maison à Arlington, située entre Dallas et Fort Worth, avant d’enchaîner sur une préparation studieuse à l’entraînement, au Dallas Athletic Club où il est membre. Le Drômois installé depuis plusieurs années au Texas est donc fin prêt pour aborder les Finals Event qui doivent le propulser vers le PGA Tour en 2027.
GOLF PLANETE : A l’orée de ces quatre derniers tournois de la saison, quelles sont vos chances d’évoluer sur le PGA Tour en 2027 ?
Jérémy GANDON : (Il souffle) Ah, j’essaie de ne pas trop penser à ça. C’est compliqué de répondre à une telle question sachant que tout peut encore changer au sein du top 20 qualificatif. Si tous ceux qui sont derrière jouent bien, ça peut augmenter de facto le nombre de points pour se qualifier (Ndlr, le Suédois Pontus Nyholm, 20e en 2025, avait décroché son droit de jeu sur le PGA Tour avec 1 030,50 points). Donc, il faut juste se concentrer sur cette bonne dynamique actuelle (Ndlr, Jérémy Gandon reste sur six cuts franchis d’affilée dont deux top 10 au mois d’août). J’ai plutôt pas mal joué durant les cinq dernières semaines de compétition. Mais bon, il y a de bonnes chances quand même.
G.P. : Avec 1 044,71 points, vous avez très exactement 298,46 points d’avance sur le Mexicain Alvaro Ortiz, classé 20e…
J.G. : Oui mais il faut aussi préciser qu’il y a plus de points à distribuer lors du dernier tournoi (Ndlr, 600 points contre 500 pour les trois autres tournois des Finals Event*). Si les quatre vainqueurs de ces tournois sont 40 ou 50e à la Points List, le classement peut par conséquent très vite être chamboulé. Mais si de mon côté, je continue à bien jouer au golf, ça devrait le faire. C’est ça mon objectif principal, plutôt que de regarder les autres jouer.
G.P. : Compte tenu de votre classement avantageux, vous êtes aussi assuré de jouer les quatre rendez-vous de ces Finals Event. C’est déjà un atout, non ?
J.G. : Oui, incontestablement. C’était déjà quelque part un peu plus confortable une fois ma victoire en poche au début du mois d’avril mais le but ici est de planifier au mieux ces quatre tournois, sachant qu’il ne restera que 100 puis 60 joueurs lors des deux derniers tournois. A moi de réaliser les meilleurs résultats possibles.
L’objectif, c’est de devenir d’abord un meilleur golfeur.
Jérémy Gandon
G.P. : Qu’est-ce qui a fondamentalement changé en vous depuis cette fatidique 22e place finale à la Points List 2025, vous barrant la route du PGA Tour pour 47,3 malheureux points ?
J.G. : Pas grand-chose, je dirais. L’expérience avec cette seconde saison complète sur le Korn Ferry Tour m’aide évidemment beaucoup. Elle me permet d’être plus à l’aise semaine après semaine. Les cinq derniers tournois que j’ai disputés, c’est assez éprouvant à la fois mentalement et physiquement. Mais le fait de l’avoir déjà fait en 2025, cela m’a permis d’être mieux préparé. Je savais à quoi m’attendre. Je savais comment gérer un peu mieux cet enchaînement. Je dirais donc que c’est plus ici une continuité de tout le travail mis en place depuis des années avec mon staff technique** et qui se renforce un peu plus de jour en jour. L’objectif, c’est de devenir d’abord un meilleur golfeur.
G.P. : Ce coup du sort de sortir au dernier moment de ce fameux top 20 vous a-t-il aussi permis de grandir, d’aborder les choses différemment, un peu plus encore depuis votre victoire au début du mois d’avril au LECOM Suncoast Classic ?
J.G. : Oui, comme je le disais, l’expérience qu’on engrange vous permet d’affronter les événements sous un autre oeil. L’an passé, ça avait été un vrai déclic puisque je m’étais imposé pour la première fois alors que je n’avais pas en démarrant la saison un droit de jeu plein. Cela m’a ouvert pas mal de perspectives. Même si j’ai été effectivement déçu de la façon dont tout ça s’est terminé. Il y avait eu beaucoup de bonnes choses. Mais si on m’avait dit ça en début d’année 2025, j’aurais signé tout de suite. J’étais à l’arrivée assez fier de ce que j’avais accompli. Et 2026, pour l’instant, se déroule un peu comme l’an passé. Avec, je l’espère, une issue bien plus favorable (rires). J’ai, je crois, 200 points de plus aujourd’hui qu’au même moment l’an dernier.
G.P. : Avez-vous le sentiment de récolter aujourd’hui les fruits d’un long travail et d’une trajectoire qui n’a pas toujours été rectiligne, on pense ici à cette saison 2023 disputée sur trois circuits différents, l’Asian Tour, le LatinoAmerica, rebaptisé PGA Tour Americas depuis, et le Korn Ferry Tour ?
J.G. : Tout cela me permet aujourd’hui d’apprécier un peu plus le travail réalisé, c’est vrai. Et se dire aussi que les choses sont belles, quoi qu’il arrive. Même si j’essaie de me concentrer toujours sur la tâche à suivre… On le sait, il n’y a jamais rien de garanti dans ce sport. Comme je l’ai dit, j’essaie juste d’être un meilleur golfeur, année après année. Je sais que les résultats peuvent fluctuer, même s’ils ne sont pas toujours en adéquation avec le travail et les progrès effectués. On est un peu comme dans un marché boursier, ça monte parfois, et parfois ça descend (rires).
Je pense que ce serait judicieux d’être sur le PGA Tour en 2027, avant que tous ces changements interviennent.
Jérémy Gandon
G.P. : Lorsque vous étiez encore étudiant à Kansas State University, quel était votre rêve absolu ?
J.G. : Au moment où j’ai décidé de devenir golfeur professionnel, mon but était de jouer sur le PGA Tour et de gagner des tournois. J’aurais aimé que tout cela se passe un peu plus rapidement (rires). Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut.
G.P. : Etes-vous d’accord pour affirmer que c’est l’année ou jamais pour grimper sur le PGA Tour quand on voit tous les changements qui se profilent à l’horizon, notamment cette saison 2028 et l’arrivée d’un circuit à deux vitesses avec d’un côté les Championship Series et de l’autre les Challenger Series ?
J.G. : Oui… Franchement, je ne sais pas trop. On ne sait pas vraiment comment ça va se passer en termes d’éligibilité. Mais je pense que ce serait judicieux d’être sur le PGA Tour en 2027, avant que tous ces changements interviennent (rires). C’est néanmoins compliqué de répondre de façon directe à cette question car je pense que même les officiels au plus haut niveau ne savent pas trop comment tout ça va se traduire réellement.
G.P. : Justement. Savez-vous ce que pourrait devenir le Korn Ferry Tour en 2028 ? Une sorte de 3e division américaine encore plus relevée ?
J.G. : On n’en sait rien. On ne sait pas ce que vont devenir le Korn Ferry Tour et le PGA Tour Americas (la 3e division US actuelle). J’ai l’impression que les Challenger Series seront un mixe du PGA Tour de cette année complété avec des tournois du Korn Ferry Tour, qui pourraient monter en grade. Je pense qu’il y aura une 3e division, reste à savoir comment celle-ci va s’appeler et comment elle va s’articuler… En ce moment, de ce que j’ai compris, ils essaient de reconstruire le produit par rapport aux télévisions, par rapport aux droits et les contrats TV qui en découlent… Brian Rolapp, le nouveau patron du PGA Tour, est venu nous parler récemment. Il a l’air vraiment bien. J’ai trouvé qu’il ne parlait pas pour ne rien dire Il était très transparent, plutôt franc dans son discours. C’est une bonne chose. Je pense que l’on peut avoir confiance en lui.
* Lors des quatre Finals Event du Korn Ferry Tour (d’une dotation de 1,5 million de dollars chacun), le champ de joueurs évoluera constamment, passant d’abord de 156 à 132 puis de 100 à 60 pour la finale, le Korn Ferry Tour Championship prévu du 8 au 11 octobre en Virginie, au Federal Club.
** Le staff technique de Jérémy Gandon : Alex Peckman (USA), coach physique ; David Bancel (Fra), coach mental ; Joel Thelen (USA), coach technique (avec l’apport aussi de Sébastien Gandon, le frère de Jérémy) ; Blair Phillips (USA), coach putting ; Sergio Rohlmann (Arg), caddie.
Photo : Andrew Wevers / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














