Malgré la disparition des clous, les fabricants de chaussures ont fait de grands pas en avant ces dernières années pour vous procurer toujours plus de stabilité et de confort, même sans crampons. Plus aucune excuse si vous swinguez à côté de ses pompes !
Il y a des joueurs professionnels maniaques, puisque certains nettoient leurs semelles avec un relève-pitches entre chaque coup et la plupart essuient leurs chaussures après une sortie de bunker. C’est pour certains l’achat le plus important, avant n’importe quel club.
Car une chaussure de golf doit avant tout rester en contact avec le sol et procurer de bons appuis aux différents moments du swing. Souvenez-vous quand Sergio Garcia avait enlevé puis jeté l’une de ses chaussures après avoir glissé en swinguant lors du World Match Play Championship de 1999…
Les Street ont le droit de cité
La disparition des clous a eu un impact positif, mais pas seulement : grâce aux crampons en plastique, les greens sont en meilleur état, mais les gens utilisent souvent leurs chaussures partout, ne les mettent plus uniquement au moment de jouer au golf et elles en prennent un coup. Il est donc important de bien les entretenir.
Il en va de même pour les crampons, qu’il faut inspecter de temps en temps : « Des études ont montré que changer de crampons régulièrement a des avantages pour votre jeu », explique-t-on chez Softspikes, le leader mondial qui, avec un minimum de parti-pris, compare la pratique du golf avec des crampons usés, à la conduite avec des pneus usés.
Mais de nombreuses marques ont constaté que les golfeurs ne remplacent pas forcément leurs crampons, et commencé à proposer des modèles à picots, dans le sillage de la Street d’Ecco portée par Fred Couples. Les modèles sans crampons ça marche, comme en attestent les gammes des différents fabricants et le fait que de nouvelles marques de chaussures comme Skechers, Crocs ou New Balance se sont mises au golf.
Jouer au golf sans chaussures, c’est presque possible
De plus en plus de modèles dits hybrides ont fait leur apparition, c’est-à-dire des déclinaisons de modèles de chaussures de golf avec crampons comme la Classic Hybrid chez Ecco ou la FJ Traditions de FootJoy, dont il existe une version Spikeless.
Popularisé dans la course à pied, le « natural motion » (mouvement naturel) s’est aussi immiscé dans les chaussures de golf. Certaines marques (on pense notamment à Ecco avec la Biom) proposent en effet des modèles dits minimalistes car dotés d’une structure réduite à sa plus simple expression et d’une flexibilité maximale, généralement plus bas aussi, pour que le pied puisse bouger comme il est censé le faire naturellement, quand on est pieds nus par exemple. Il existe même une marque spécialisée fondée (et portée) par Ryan Moore : True Linkswear, qui a cependant fini par proposer un modèle doté de crampons (Lux² Maven) cette année.
Attention cependant : même si ce sont les pépins physiques de Tiger Woods qui avaient amené Nike à adapter la semelle de sa gamme Free pour le modèle TW’13, puis TW’14, comme dans le « running » ce genre de chaussures demande des appuis différents qui peuvent engendrer des blessures.
Pas pour tout le monde
Les crampons jouent un rôle important, au même titre que la structure de la chaussure, ce qui pousse certains pros à les déconseiller. « J’ai essayé des chaussures à semelles plates, sans crampons, nous a expliqué Julien Quesne. Elles étaient très confortables et légères, je me sentais plus frais le soir. J’en suis revenu car je me suis rendu compte que les problèmes de dos que j’ai eus pendant un mois et demi étaient liés à leur utilisation. Comme il n’y a pas vraiment de talon, je n’avais pas la même posture. » Et pourtant, il joue dans des conditions parfaites toute l’année, ce qui n’est pas le cas pour une grande majorité de golfeurs français…
Son cas semble illustrer que cela ne convient pas à tout le monde, et confirmer les conclusions d’une étude indépendante sur le sujet menée par l’enseignant Eric Alpenfels et Bob Christina, professeur émérite de kinésiologie à l’Université de Noth Carolina. D’après celle-ci, les joueurs de tous niveaux gagnent en moyenne environ quatre mètres de « carry » au drive avec des chaussures à crampons grâce à un « smash factor » plus élevé et à des vitesses de balle plus rapides. Les cobayes ont ajouté qu’ils trouvaient que les chaussures à crampons leur offraient une meilleure adhérence et plus de stabilité. Ceci dit, la précision et la vitesse de la tête du club étaient pratiquement identiques avec ou sans crampons, et les golfeurs ont déclaré se sentir plus à l’aise sans.
En conditions humides ou grasses, c’est-à-dire pratiquement tout le temps, il faut toujours porter des chaussures avec des crampons.
Frank Schmid
« C’est plus confortable et comme la plupart des amateurs ne nettoient pas régulièrement leurs crampons, au bout de quelques trous c’est comme s’ils n’en avaient pas. De plus, j’ai constaté sur un plateau de force recouvert d’une moquette antidérapante qu’au practice sur un tapis sec, l’intérêt des crampons est faible, voire inexistant », explique Frank Schmid, le head-pro de Bussy-Guermantes, qui a acquis la certitude que la composante la plus importante du swing est verticale. « Ceci dit, l’impact dépend de l’importance de la composante horizontale, qui est de toute façon moins marquée chez les joueurs amateurs que chez les pros. Quoi qu’il en soit, sur le parcours, en conditions humides ou grasses, c’est-à-dire pratiquement tout le temps, il faut toujours porter des chaussures avec des crampons. »
Vous l’aurez compris, pour éviter la sortie de piste il vaut mieux porter des chaussures à crampons, surtout en hiver, et les nettoyer et changer régulièrement.














