Un terrain de jeu immense
L’une des premières raisons est liée aux dimensions du terrain de jeu. Dans la plupart des sports, cet espace est rigoureusement défini : mêmes espaces, mêmes lignes, mêmes repères. Le golf, lui, fait autrement. Il se joue sur des espaces immenses, aux reliefs changeants. Les parcours ne se ressemblent pas tous, leurs obstacles non plus. Les bunkers, les greens sont différents, les zones d’herbes sont de longueurs variables, certaines zones naturelles sont protégées. Le décor change sans cesse, et les règles doivent s’adapter à cette diversité presque infinie. Pas étonnant que même les golfeurs chevronnés lèvent parfois les yeux au ciel en consultant ce fameux livre. L’une des particularités du golf, aussi, c’est que 99% du temps, vous êtes votre propre arbitre. Vous êtes à la fois le “flic”, le juge et parfois le suspect. L’auto-arbitrage fait partie du charme… et du cauchemar du golf. Une balle près du hors limite (ou dans le hors limite ?), une zone d’eau ambiguë : votre sens de l’équité est mis à l’épreuve à chaque trou. A chaque coup même. Et même votre sens du déchiffrage de texte, qui s’apparente parfois à un casse-tête digne d’un escape game (êtes-vous sûr de savoir ce que sont vraiment une balle enfoncée ou un objet naturel mobile ?).Recherche d’équité
Pourquoi ? Parce que le golf n’est pas seulement une question de puissance ou de précision, c’est un jeu qui cherche l’équité avant tout. Les règles distinguent ce qui relève du hasard, de la nature ou de l’action du joueur. En cela, elles sont rigoureusement justes, même si elles peuvent sembler tortueuses à lire. Cette volonté d’équité absolue explique certaines formulations très techniques et parfois déroutantes pour le joueur occasionnel. Dans tous les sports, la triche est d’ailleurs bien sûr pourchassée, mais en golf, quand les coupables sont pris sur le fait, ils sont sévèrement punis et surtout leur réputation est entachée à jamais. On ne donnera pas de nom ici, pour éviter de fâcher un certain “Patrick R.”. Mais on s’égare. Revenons à la complexité. Le golf est aussi victime (ou bénéficiaire) de son âge. L’ouvrage des règles n’est pas né d’un seul bloc, mais il s’est construit au fil des siècles. Chaque nouvelle situation étrange sur le parcours, chaque innovation de matériel a ajouté un chapitre supplémentaire dans l’ouvrage préféré des joueurs professionnels (car oui, cela fait partie de leur job de bien les connaître). Le règlement n’est pas complexe par un goût du détail trop prononcé : son corpus s’est enrichi expérience après expérience.En perpétuelle évolution
Conscientes du problème de compréhension et de lecture rencontré par beaucoup, les instances internationales du golf ont engagé un travail de simplification ces dernières années. Le nombre de règles principales a été réduit, le langage modernisé et certaines pénalités harmonisées. Le but n’est pas de rendre le golf permissif, mais de le rendre plus lisible, sans trahir son esprit.
Le jeu de golf lui-même est riche, ancien et profondément attaché à la notion de fair-play.
Alors, dites-vous que la complexité des règles fait aussi partie de son charme : elle rappelle que le golf n’est pas seulement une affaire de swing, d’index et de score mais aussi d’honnêteté.
Comprendre les règles, c’est aussi mieux comprendre l’esprit du golf.










