Nanti de six coups d’avance avant le dernier tour, Jacob Bridgeman n’a pas craqué face à Rory McIlroy, en panne de putting. L’Américain de 26 ans s’offre son premier succès sur le PGA Tour et pas n’importe lequel, le Genesis Invitational, au nez et à la barbe du n°2 mondial. Le n°1 mondial Scottie Scheffler, lui, encore réussi un ‘come back’ épatant mais il termine hors du top 10.
A-t-il eu peur ? Peut-être un peu. Sûrement. A un trou de la fin, peut-être, quand son avance a été réduite à coup. Mais il na rien montré. Jusqu’au bout, Jacob Bridgeman est resté stoïque, imperturbable.
Pourtant, il jouait en dernière partie avec Rory McIlroy, désireux d’aller chercher l’un des rares titres prestigieux du PGA Tour qui lui échappe encore. Lui qui n’avait encore jamais gagné dans la cour des grands, lui qui savait que Tiger Woods, hôte du tournoi, avait les yeux braqués sur lui, a eu les nerfs solides. Pour sa toute première victoire, il a choisi un théâtre de prestige. Et il a tenu le choc.
Avec six coups d’avance au moment de lancer ce dernier tour, cela semblait plutôt confortable. Mais il lui a fallu oublier sa partie de rêve de la veille. A dire vrai, il n’y a pas eu un grand suspense (sauf sur le dernier petit putt) même si l’Américain de 26 ans avait perdu sa magie des premiers jours. Après avoir signé un birdie facile sur le par du 1, comme la majorité des joueurs, il a encore creusé l’écart avec McIlroy et ses poursuivants en s’offrant un birdie impeccable sur le trou n°3. Un départ de rêve pour se détendre. Un peu.
McIlroy en galère sur les greens
Les bogeys du trou n°4 et du n°7 auraient pu être source de stress. Même pas peur. Jusqu’au bogey du 16, plus fâcheux, mais pas catastrophique. Il faut dire que dès les premiers trous, son rival dans la dernière partie, McIlroy, a galéré à trouver les bonnes lignes au putting malgré de nombreuses très belles occasions. Sur les greens, la prestation du vainqueur du dernier Masters fut même désastreuse, il faut bien le dire.
Rien que sur l’aller, le Nord-Irlandais a manqué successivement :
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1,40 mètre
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1,85 mètre
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2,40 mètre
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3,20 mètre
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3,50 mètre
Il a réussi à conjurer le sort en rentrant un putt longue distance sur le… 18, pour finalement terminer deuxième.
Une petite frayeur dans le final pour Bridgeman
Dans le final, tandis que tous les autres plafonnaient, McIlroy en tête, seul Kurt Kitayama a opéré un vrai rapproché sur Bridgeman. Mais il partait sans doute de trop loin (9 coups de retard après trois tours) pour espérer une ‘remontada’ gagnante. Le vainqueur de l’Arnold Palmer Invitational 2023 est revenu tout près et a fait le spectacle. Tout comme Adam Scott qui a signé la carte du jour (63) pour aller conquérir une 4e place.
Le leaderboard complet
Devant une foule immense, Jacob Bridgeman n’avait donc plus qu’à faire le par au 18 pour gagner. Facile à dire. En trouvant le centre du green en régulation, le plus dur semblait fait. Mais le premier putt est resté bien court. Un mètre pour la victoire. Plein milieu du trou. Ouf ! Le baiser à sa femme et plus tard, la poignée de main de Tiger Woods, étaient bien mérités.
Avec son visage fermé, ses oreilles un peu décollées et un swing qui peut sembler un soupçon brutal aux puristes, Jacob Bridgeman ne correspond peut-être pas tout à fait aux canons du PGA Tour. Mais le natif d’Inman en Caroline du Sud est un sacré joueur qui a réussi une performance XXL à Riviera, un parcours historiquement dur à manœuvrer.
« J’aurais préféré avoir quatre coups d’avance avant le dernier trou, souriait le vainqueur, presque sonné par la portée de sa première victoire. Gagner le trophée devant Tiger, c’est l’une des choses les plus cools de ma vie. C’est encore meilleur que ce que j’avais rêvé. »
Un quart d’heure de folie
L’histoire de ce dernier tour, au-delà de l’avènement de Jacob Bridgeman et des errements sur les greens de Rory McIlroy, fut aussi celle d’un trou quart de folie sur le parcours.
Tout a commencé par un eagle de Tommy Fleetwood, auteur d’un coup de fer ‘slam dunk’ sur le 15.
SLAM DUNK!!@TommyFleetwood1 holes it from the fairway @TheGenesisInv!
— PGA TOUR (@PGATOUR) February 22, 2026
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Puis ce fut au tour de Max Greyserman de vivre un joli moment de bonheur, dans une journée très compliquée pour l’Américain. Trou en un avec un petit rebond final savoureux ! Avec à la clé, une jolie voiture, modèle Genesis SUV.
An ace in the city of angels!
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Max Greyserman cards a 1⃣ at the 14th @TheGenesisInv.
Presented by @TruGreen. pic.twitter.com/cZh6F1odju
Et presque dans la foulée, Rory McIlroy a décidé d’oublier sa frustration putter en main pour réussir une improbable sortie de bunker longue distance synonyme de son troisième birdie du jour (après deux birdies faciles sur des par 5);
Not going down without a fight!@McIlroyRory birdies from the bunker to get within 4 of solo leader Jacob Bridgeman.
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Scheffler, fin de série
Le dernier événement de cette journée fut aussi la 11e place finale de Scottie Scheffler. Après son incroyable podium au Phoenix Open et sa 4e place assez dingue à Pebble Beach, le n°1 mondial a réussi un nouveau tour de force après un début de tournoi calamiteux pour lui. Son 65, propre, avec notamment un retour en -5, a failli lui offrir un top 10. Qui aurait été son 19e d’affilée sur le PGA Tour ! La série s’arrête donc, mais ses résultats sont tellement impressionnants…
Sa dernière vraie contreperformance, si l’on ose dire, est une lamentable (on plaisante) 20e place au Players Championship l’an passé. Scottie Scheffler a pourtant failli manquer le cut à Riviera. Ses week-ends XXL ne cessent d’impressionner. S’il corrige dans les semaines à venir ces premiers tours loin de ses standards, il va très vite retrouver le chemin de la victoire…
Le leaderboard
Photo by Mike Mulholland / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP











