Encore traumatisés par la défaite à Bethpage en septembre dernier, les Etats-Unis, qui viennent d’acter le retrait de Tiger Woods comme capitaine « potentiel » pour 2027 à Adare Manor, vont devoir trouver la « perle rare » – à l’image, qui sait, d’un Justin Leonard (photo) – pour tenter de défier une équipe européenne imbattable sur son sol depuis… 1993 !
L.V.
Qui sera l’homme du miracle ? Qui pourra relever le défi et ramener la Ryder Cup à la maison, chose que plus personne aux Etats-Unis n’est parvenu à faire depuis le 26 septembre 1993 ? Ce jour-là, Tom Watson avait permis aux siens de l’emporter 15 à 13 au Belfry, dans la banlieue de Birmingham (Angleterre). Et la question devient encore un peu plus opaque depuis que Tiger Woods, candidat naturel, a décliné officiellement le poste pour 2027 à Adare Manor (Irlande) auprès de la PGA of America qui a officialisé la nouvelle ce mercredi 1er avril.
Cinq noms se détachent clairement pour succéder à Keegan Bradley, l’homme qui a conduit l’équipe US dans le mur à Bethpage (New York) avec des choix (surtout en doubles) déroutants pour ne pas dire suicidaires. Et ce malgré un dimanche en simple quelque peu rédempteur (une seule victoire, celle du Suédois Ludvig Åberg, et cinq nuls chez les Européens).
Brandt Snedeker, sur la lancée de la Presidents Cup ?
Capitaine de l’équipe de Presidents Cup cette année (24-27 septembre à Medinah, dans l’Illinois), Brandt Snedeker est certainement l’option n°1. Beaucoup des joueurs qui feront partie de l’équipe seront très vraisemblablement aussi en République d’Irlande un an plus tard. Il est également l’un des rares « anciens joueurs » de Ryder Cup à afficher un bilan positif avec 4 victoires et 2 défaites, dont un trois sur trois à Hazeltine en 2016, certes face à une bien pale équipe européenne alors dirigée par Darren Clarke. Mais peut-on être à la fois un bon capitaine en Presidents Cup, où les USA dominent outrageusement l’équipe Internationale depuis la création de l’épreuve en 1994 (une seule défaite en 1998), et en Ryder Cup ? Jim Furyk, vainqueur à Montréal en 2024, n’avait pas été à la hauteur au Golf National en 2018 face aux Européens !
Webb Simpson, l’homme du consensus ?
Vice-capitaine de Keegan Bradley à Bethpage, Webb Simpson possède l’atout d’entretenir d’excellentes relations avec la quasi-totalité des joueurs américains en exercice. Le courant passe avec tout le monde et c’est ce qui fait d’ailleurs la force de l’équipe européenne emmenée par Luke Donald. Peut-il alors insuffler cette « philosophie » au sein d’un groupe où les égos sont très souvent surdimensionnés ? La question mérite d’être posée !
Steve Stricker osera-t-il revenir ?
Comme en 2008 où la PGA of America avait choisi Paul Azinger pour redonner un certain élan après trois échecs de rangs (dont la raclée à Oakland Hills en 2004), prendra-t-elle le risque de rappeler Steve Stricker aux commandes ? C’est en effet le dernier capitaine à s’être largement imposé dans une Ryder Cup. Mais c’était aux Etats-Unis, à Whistling Straits, en 2021 : victoire sans appel 19 à 9 ! Celui qui aura 60 ans en septembre 2027 pourrait-il le faire de nouveau ? Tous les joueurs présents dans le Wisconsin avaient loué son management d’équipe. Mais ça, c’était avant. Alors…
Stewart Cink, la surprise du chef ?
Evoluant désormais sur le Champions Tour, Stewart Cink conserve-t-il des relations toujours aussi étroites avec ceux évoluant sur le PGA Tour, pourvoyeur exclusif de l’équipe US de Ryder Cup ? Pas sûr ! Mais son expérience en tant que joueur peut plaider en sa faveur : 5 victoires, 7 défaites et 7 nuls en cinq participations. A l’instar d’un Stricker, Cink est « respecté » par ses pairs et pourrait être une option sérieuse pour la PGA of America, quelque peu refroidie après son choix totalement manqué de lancer un « jeune » capitaine à Bethpage. A méditer.
What is Justin Leonard’s pitch to become the next Ryder Cup captain of Team USA? He gives his answer.
— Golf Channel (@GolfChannel) March 31, 2026
Would you like to see Justin on the short list for next captain? pic.twitter.com/UG4gGhQRoR
Justin Leonard, le rassembleur ?
A l’image de Stewart Cink, Justin Leonard, 54 ans le 15 juin prochain, l’homme du putt venu du bout du monde à Brookline en 1999, est un candidat qu’il ne faut surtout pas négliger. Il a d’ailleurs lui-même exprimé son intérêt pour le rôle lors d’une récente interview sur Golf Channel (ci-dessus), évoquant au passage cette conviction qu’une certaine distance par rapport à la génération actuelle de joueurs pourrait être un atout pour un capitaine afin de prendre des décisions plus réfléchies. Et surtout sans états d’âmes. Beaucoup de journalistes américains spécialisés, Brandel Chamblee en tête, plaident en tout cas pour le vainqueur de The Open 1997.
Photo : Mike Ehrmann / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP












