Ostéopathes de profession, Sébastien Vivé et Damien Grison se sont lancés l’idée folle à la fin de l’année 2025 de créer une Ryder Cup à la Française. Sept mois plus tard, l’essai a été transformé du 11 au 13 juin dans les Landes sur trois parcours d’exception : Moliets, Hossegor et Seignosse. Fier de la réussite de cette première édition de la Coupe des Capitaines remportée par l’équipe Est du capitaine Raphaël Jacquelin, ce binôme attachant et compétent méritait bien un sérieux coup de projecteur.
Propos recueillis par Lionel VELLA, à Seignosse (Landes)
C’est à l’ombre des pins, quelques minutes seulement après la cérémonie de clôture de la première Coupe des Capitaines que Sébastien Vivé et Damien Grison ont pris quelques minutes pour répondre aux questions de Golf Planète. Si la victoire sportive revient à l’équipe emmenée par Raphaël Jacquelin, la victoire tout court revient sans le moindre doute à ce duo qui a cru en son étoile. Bravo messieurs !
GOLF PLANETE : Peut-on affirmer que pour un coup d’essai, c’est d’ores et déjà un coup de maître ?
Sébastien VIVE : (Grand sourire aux lèvres) J’avoue qu’on n’est pas si mal !
Damien GRISON : Je pense qu’il va falloir qu’on digère un peu pour, peut-être, en prendre conscience. Si c’est le cas. Et ça a l’air pas trop mal si l’on se réfère aux sourires affichés par tous les joueurs.
S.V. : C’est compliqué de prendre toujours du plaisir et de voir en même temps la dimension de l’événement. Quand on est dans le jus, on n’a pas trop le temps d’apprécier. Là, on va se poser. La semaine prochaine, on verra tout ça au calme.
G.P. : Il y a sept mois, si on vous avait dit que ça se finirait comme ça, dans l’allégresse et la joie communicative, auriez-vous signé tout de suite ?
D.G. : Si on avait dit ça, oui, sans aucun doute. Si on nous avait montré le chemin qu’il y avait à parcourir, je ne sais pas (rires).
G.P. : Ce chemin était-il semé d’embûches ?
S.V. : Non parce qu’on avait les joueurs, on avait les golfs et on avait la date. Mais ça a été du travail. Beaucoup de travail. On a un métier à côté. Organiser un tournoi de la sorte, ce n’est pas notre métier au départ. Mais quand on voit comment tout cela s’est terminé, quand on voit la retransmission des images exceptionnelles sur le groupe Canal+, on est fiers !
Vu l’envergure, vu l’implication de tout le monde, ce serait dommage de ne pas continuer.
Sébastien Vivé
G.P. : C’est un rêve qui est devenu réel et qui est désormais là pour perdurer ?
D.G. : Je pense qu’il est encore un peu tôt pour digérer tout ça. Et savourer aussi. Mais il y a pas mal de joueurs qui nous poussent pour continuer.
S.V. : Il est évident que vu l’envergure, vu l’implication de tout le monde, ce serait dommage de ne pas continuer. On est en tout cas motivés pour le faire !
G.P. : Qu’est-ce qui a été finalement le plus compliqué à réaliser dans cette aventure ?
D.G. : Peut-être toute la partie que nous ne savons pas gérer, c’est-à-dire la partie relation avec les partenaires. Aller les chercher, leur vendre un produit auquel les gens ne pouvaient pas forcément croire au début, puisque le projet semblait vraiment très ambitieux au départ… On a essayé de faire au mieux sur cette partie, mais ça a été compliqué, il faut bien le reconnaître. Et puis essayer de proposer à des partenaires un produit intéressant avec une contrepartie financière qui n’est pas négligeable. Car il ne faut pas se leurrer, un événement comme ça, c’est quand même un budget.
G.P. : A combien s’élève justement ce budget ?
S.V. : Il faut compter 150 000 euros.
D.G. : On a fait vraiment avec les moyens du bord pour restreindre au maximum le budget et, en tout cas, être à zéro. C’était l’objectif !
S.V. : L’objectif est atteint effectivement. C’est vrai que la partie logistique, c’est celle qui est la plus compliquée. Rester en contact, les nombres incalculables de mails aux organisations de soirée, aux organisations de logements… On a fait ça à deux. Tant mieux, on a réussi. On en est fiers. Mais c’est évident que c’est cette partie logistique qui est la plus complexe. Les joueurs sur les terrains, on n’avait aucun stress.
C’était vraiment un atout que Sébastien soit dans la région
Damien Grison
G.P. : Les joueurs ont rapidement adhéré à votre idée, c’est ce qui a aussi permis à votre projet de se concrétiser…
S.V. : Bien entendu. On ne peut pas rêver mieux sur ce point. Et en plus la météo s’est mise de la partie. C’était super !
G.P. : Le fait d’organiser cette Coupe des Capitaines dans votre région, la Nouvelle-Aquitaine, a-t-il facilité les choses ? Auriez-vous été aussi à l’aise si cela s’était joué sur la Côte d’Azur par exemple ?
D.G. : Pour une première fois, c’est sûr que c’était plus facile ici dans les Landes. Sébastien est de la région. Il a tous les contacts pour le logement par exemple. Il connait tous les hôtels par rapport à la situation géographique des golfs. Organiser ça sur un site, c’est déjà compliqué. Alors sur trois… C’était vraiment un atout que Sébastien soit dans la région (Ndlr, Damien Grison est de Pessac, en Gironde).
S.V. : Je ne sais pas si ça aurait été plus dur si on avait fait ça dans l’Est. J’ai l’avantage d’être de la région. Je connais la qualité des parcours, l’implication de tout le staff aussi du golf que du côté technique. J’étais sûr de moi sur ce point. Je savais qu’on allait avoir des parcours de qualité. Avec une grosse implication. Mais on a déjà des joueurs (de l’Est) qui nous ont donnés des idées et qui connaissent très bien les parcours de l’Est. Donc, on leur fera confiance.
Peut-être tous les deux ans plutôt. Comme une Ryder Cup. Je trouve ça sympa.
Sébastien Vivé, sur la périodicité de l’événement
G.P. : Peut-on alors imaginer une 2e édition sur la Côte d’Azur cette fois ?
S.V. : Il n’y a pas que la Côte d’Azur à l’Est… Mais partir à l’Est, c’était un peu l’idée de départ. Je pense que Raphaël (Jacquelin) serait heureux de remettre le titre en jeu à l’Est. Je le vois là avec le trophée en mains. Il m’a dit à l’année prochaine. Cela me fait un peu peur. Peut-être tous les deux ans plutôt. Comme une Ryder Cup. Je trouve ça sympa. On va voir. On va prendre le temps de la réflexion.
G.P. : Si vous deviez ne retenir qu’une seule chose, un moment clé de cette première édition, ce serait quoi selon vous ?
D.G. : Ah, c’est difficile. Mais j’ai envie de retenir une phrase que m’a soufflé un joueur dont je tairai le nom. Je ne m’y attendais pas. Il est venu me voir et m’a dit : « Damien, ne croyez pas que c’est nous qui vous faisons plaisir en venant jouer cette semaine. C’est vous qui nous avez fait plaisir ! »
S.V. : Ce départ du 1 à 12h45 aujourd’hui, ce parcours habillé, avec ces caméras partout, moi qui suis depuis 20 ans sur le DP World Tour, qui a fait des tournois sur le PGA Tour, franchement, on était pas mal (les yeux un peu rougis par l’émotion). Et puis c’est vrai que l’implication des joueurs a été totale. Comme pour Damien, un joueur m’a dit que cela faisait très longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi impliqué dans sa partie de golf et se mettre une telle pression. Donc, j’ai trouvé ça génial.
Photo : Bernard Dugros














