Après avoir ouvert son compteur sur l’HotelPlanner Tour au Vaudreuil début juillet, puis confirmé dans la foulée avec une deuxième place en Allemagne, Julien Sale arrive au Portugal avec une confiance retrouvée. À 28 ans, le Français poursuit son objectif : se rapprocher encore un peu plus du DP World Tour, qu’il devrait découvrir la saison prochaine.
Frédéric PLISSON, à Lisbonne
Il y a des victoires qui comptent davantage que les autres. Celle décrochée début juillet au Vaudreuil en fait partie. En s’imposant dans l’épreuve normande, Julien Sale est devenu le premier Français à inscrire son nom au palmarès du tournoi et a surtout signé son premier succès sur l’HotelPlanner Tour.
Une semaine plus tard, le Réunionnais confirmait que cette victoire n’avait rien d’un feu de paille. Deuxième du German Challenge, il enchaînait avec un nouveau podium et s’installait parmi les hommes forts de la course à la montée. À la mi-juillet, il était ainsi quatrième de la Road to Mallorca et meilleur Français du classement. Une place de choix qu’il n’a pas laissée filer depuis… Son ambition est grande : s’installer durablement au plus haut niveau européen…
GOLF PLANETE : Vous voilà au sud de Lisbonne, sur ce parcours de l’Aroeira PGA 1. Un tracé que vous découvrez…
Julien Sale : Après le Royal Óbidos, au nord de Lisbonne, nous voilà donc un peu plus au sud, sur ce parcours de l’Aroeira. Le site me rappelle le sud-ouest de la France, les Landes, avec un tracé étroit bordé d’arbres, demandant de la précision sur chaque départ. J’ai fait 18 trous en « reco » avec Julien Brun ce mardi matin, puis je ferai 9 trous après le pro-am de mercredi. Je vise à voir chaque parcours une fois, idéalement deux pour certains. Je consulte en amont les applis pour avoir une vue générale, mais j’attends bien sûr d’être sur place avec le carnet de parcours pour ajuster plus finement (relief, dénivelés).
Le tournoi à Abu Dhabi aura bien lieu… il a été confirmé ce week-end
Julien Sale
G.P. : Après Lisbonne, l’HPT a rendez-vous à Abu Dhabi dans deux semaines. Cette étape aura-t-elle bien lieu malgré le contexte géopolitique ?
J.S. : Le tournoi à Abu Dhabi a été confirmé ce week-end. Mais j’ai fait le choix de ne pas y aller. Je fais quelques coupures dans la saison. J’ai reçu une invitation pour le FedEx Open de France la semaine prochaine. J’enchaînerai avec l’Asian Tour puis les deux tournois en Chine sur l’HotelPlanner Tour. Et enfin la grande finale à Majorque.
G.P. : Quel regard portez-vous sur votre saison ?
J.S. : Je suis très satisfait de mon année et surtout de mon été. Après des débuts corrects, j’ai remporté le Vaudreuil. Ajoutez à cela ma 2e place en Allemagne, et je me suis retrouvé en tête du classement. Puis j’ai confirmé avec deux top 10, ce qui a réduit la pression et me permet de viser la meilleure position finale.
G.P. : Ressentez-vous une pression constante concernant les points du ranking ?
J.S. : Les gros points viennent des top 10, des top 5, des podiums et bien sûr des victoires. Je garde toujours l’objectif des points dans un coin de ma tête sans en être obsédé, car cela nuirait à ma performance. Je me concentre sur le présent, mes routines et ce qui fonctionne, en adoptant une approche simple et stable qui a produit de bons résultats.
G.P. : Votre succès au Vaudreuil a-t-il été un déclic ?
J.S. : Je ne parlerais pas de déclic. Ce fut plutôt une continuité dans les processus mis en place depuis des années. Bien sûr que la victoire apporte un boost de confiance. Elle prouve que le travail fonctionne et incite à ne pas changer ce qui marche. Mais les choses évoluent… Si j’arrive à portée des leaders sur les neuf derniers trous, je suis désormais capable de saisir ma chance. Voir mon nom au leaderboard peut exercer une pression sur les autres. Ça peut me donner un léger avantage psychologique.
G.P. : Le niveau de jeu croissant sur l’HotelPlanner Tour augmente-t-il fortement la concurrence ?
J.S. : C’est ma quatrième année sur le circuit, et je constate que le niveau se renforce. Des joueurs du DP World Tour redescendent après des blessures ou de mauvaises saisons, puis remontent, intensifiant la concurrence. Je me suis retrouvé à jouer avec des Matteo Manassero, des Brandon Stone ou des Andrea Pavan…
Tout petit, je rêvais déjà du DP World Tour
Julien Sale
G.P. : Avec cette quatrième place à la Road to Mallorca, votre montée sur le DP World Tour est-elle d’ores et déjà assurée ?
J.S. : Ça sent bon en effet. Depuis tout petit, je rêvais déjà du DP World Tour et du PGA Tour. Jouer sur l’HotelPlanner Tour est un moyen d’y accéder. Je pense concrétiser l’objectif cette année et je me projette sur le DP World Tour l’an prochain. Je suis impatient de jouer ces parcours que l’on voit à la télé et de côtoyer ces joueurs chaque semaine.
G.P. : Dans le clan français, on ressent une vraie vie de groupe, comme ici cette semaine à Lisbonne. Une cohésion…
J.S. : Les déjeuners deviennent souvent des tables françaises, ce qui est plus chaleureux. Je partage l’hébergement avec certains, comme cette semaine avec Julien Brun. Ça m’arrive également avec Benjamin Hébert ou Julien Quesne… Cette vie collective atténue la solitude, et ce malgré la présence du caddie.
G.P. : Êtes-vous un joueur pro épanoui, heureux de jouer au golf ?
J.S. : Jouer « 80 », c’est franchement pas très désagréable, mais assez rare (sourire). J’ai la capacité de relativiser. Comme cette semaine ici à Lisbonne… cette vie en plein air, cette super météo attendue, la possibilité d’explorer la ville ou de faire un tour à la plage. Je pense que le bonheur du golfeur tient à la capacité de faire la part des choses entre résultats et vie quotidienne… d’oublier les mauvaises cartes et de passer à la suite.
Photo : Joosep Martinson / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














