Après une semaine solide au Hauts de France – Pas-de-Calais Open à Saint-Omer, Lauren Holmey aborde le Lavaux Ladies Open avec une confiance renforcée. En tête de l’Ordre du mérite du LET Access Series et déjà victorieuse cette saison, la Française d’origine néerlandaise mesure le chemin parcouru et pense déjà un peu à l’année prochaine.
Propos recueillis par Nathan CARDET
Golf Planète : Quel bilan tirez-vous de votre semaine à Saint-Omer terminée à la 10e place ?
Lauren Holmey : J’étais déjà très contente de venir parce que j’aime beaucoup le parcours. Je m’attendais à un temps qui pouvait être beaucoup plus mauvais (rires). Après trois semaines sans tournoi au mois d’août, il y avait forcément un petit air de reprise. Il y avait quelques automatismes à retrouver, quelques bonnes habitudes à ne pas oublier. Mais dans l’ensemble, le jeu était plutôt en place.
J’ai quand même dû batailler sur les trois tours. Il y a eu quelques putts qui ne voulaient pas rentrer, quelques coups de fer qui auraient pu être plus proches des drapeaux. Mais globalement, c’est une semaine assez positive. Bien sûr, je fais une bonne saison et j’ai toujours envie d’aller jouer les places les plus hautes. Mais parfois, il faut aussi savoir prendre ce que le golf nous donne. Et je suis contente de ma semaine.
G.P. : Vous réalisez justement une très belle saison. Vous êtes en tête de l’Ordre du mérite et vous avez déjà gagné. Comment vous sentez-vous cette année ?
L.H. : C’est une très bonne saison. Nous avons mis beaucoup de choses en place avec mon équipe, avec mon coach, mais aussi au niveau médical, de l’entraînement, etc. Je suis vraiment contente des résultats, d’autant qu’ils sont très consistants et réguliers. À peu près toutes les semaines, je peux être dans la bagarre. Mon jeu montre que, sur tous les parcours que nous jouons cette année, je peux être compétitive. Donc oui, je suis très contente de ma saison.
G.P. : Qu’est-ce qui fait la différence par rapport à vos deux saisons précédentes ?
L.H. : Déjà, sur le plan médical, nous avons enfin mis le doigt sur quelque chose qui m’embêtait depuis des années. En fait, depuis près de quinze ans. C’était lié à ma glycémie. J’avais vu beaucoup de médecins, mais personne n’avait pensé à faire un bilan complet. J’ai finalement trouvé un médecin et une endocrinologue qui me suivent depuis l’hiver dernier.
Le fait d’avoir pu régler ce problème a changé beaucoup de choses. Mon entraînement est meilleur, ma lucidité est beaucoup plus présente pendant les tournois et tout au long des semaines. Mon jeu peut vraiment se libérer. J’ai un peu l’impression de ne pas encore être dans une première année à mon plein potentiel, mais je m’en rapproche. Et je suis très contente des avancées de ce côté-là.
J’aimerais être encore compétitive sur les six derniers tournois
Lauren Holmey
G.P. : Vous avez donc un peu enlevé un poids de vos épaules ?
L.H. : Exactement. Et surtout, il y avait une vraie interrogation parce que nous ne savions pas pourquoi, d’un seul coup, j’avais d’énormes coups de mou. J’avais parfois l’impression d’avoir le cerveau dans du coton. J’ouvrais mon carnet de parcours et je voyais deux pages blanches. C’était compliqué parce que je n’arrivais même plus à calculer quoi que ce soit. C’était donc très important de comprendre ce qui se passait. Je suis vraiment très contente d’avoir enfin trouvé quelqu’un qui a pu mettre le doigt dessus.
G.P. : L’objectif de fin de saison est de sécuriser votre carte pour le Ladies European Tour et de garder cette première place ?
L.H. : Absolument. C’est évidemment un objectif important. Mais je veux surtout continuer à jouer comme je le fais actuellement et profiter de cette dynamique. C’est vrai que maintenant que j’y ai pris goût , je n’ai plus très envie de la laisser cette première place! Le but est donc de continuer sur la même lancée et de bien finir la saison. Parce que bien finir la saison, ça permet aussi d’aborder la période hivernale différemment et de préparer l’année prochaine dans de meilleures conditions. J’aimerais être encore compétitive sur les six derniers tournois, ce serait vraiment top.
Le LET Access est vraiment une très bonne préparation au LET
Lauren Holmey
G.P. : Vous avez déjà connu le LET il y a trois ans. Comment imaginez-vous votre potentiel retour sur le circuit l’année prochaine ?
L.H. : Je suis très contente de pouvoir imaginer l’année prochaine avec l’expérience que j’ai aujourd’hui. Il y a trois ans, quand j’ai découvert le LET, c’était une première expérience. L’année avait été assez compliquée. Aujourd’hui, j’aurais forcément beaucoup plus de recul. Tous les voyages, toute la logistique, l’organisation, la préparation que demande le golf professionnel à ce niveau-là… Je sais davantage à quoi m’attendre.
Même sur le LET Access, ils essaient vraiment de préparer les choses au mieux, avec des parcours qui ressemblent à ceux du LET en termes de longueur ou de positions de drapeaux. Mais l’expérience que j’ai eue il y a trois ans, même si elle avait été difficile, sera très précieuse si je retrouve le LET l’année prochaine.
G.P. : Est-ce que vous considérez qu’il y a un gros écart entre le LET Access et le LET ?
L.H. : Je ne parlerais pas vraiment de gap. Au niveau du jeu, je pense qu’il y a beaucoup de joueuses du LET Access qui peuvent être compétitives sur le LET. De la même manière, on voit des filles du LET qui, lorsqu’elles ont un trou dans leur calendrier, viennent jouer sur le LET Access.
Pour moi, le LET Access est vraiment une très bonne préparation au LET. On l’a d’ailleurs vu avec des joueuses comme Sára Kousková, Chiara Tamburlini, Mimi Rhodes ou Nastasia Nadaud, qui ont joué sur le LET Access avant de franchir un cap. Je pense que c’est une très bonne préparation. Et j’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner pour moi l’année prochaine.
©Raffaele Canepa/Alps Tour














