Au Golf National, Michael Kim rêve de marcher dans les pas de Graeme McDowell. Douze ans après le dernier doublé réalisé à l’Open de France, l’Américain a l’occasion d’inscrire à nouveau son nom dans l’histoire du tournoi. Vainqueur l’an passé sur le parcours de Saint-Nom-la-Bretèche, l’actuel 64e joueur mondial arrive en France avec une ambition claire : conserver son titre et réussir ce fameux « back-to-back » que personne n’a réalisé depuis le Nord-Irlandais en 2014. Un défi et une occasion qu’il entend bien saisir.
Frédéric PLISSON, au Golf National
Juste avant de quitter la salle de presse du Golf National, une dernière question lui est posée… « Savez-vous qui est le dernier joueur à avoir conservé son titre ici à l’Open de France ? » Graeme McDowell ! « Vous me l’apprenez », lance Michael Kim…
Un an après son succès à Saint-Nom-la-Bretèche, l’Américain de 33 ans est donc de retour au FedEx Open de France. Un retour forcément particulier pour lui, devenu en 2025, le premier joueur de son pays à inscrire son nom au palmarès depuis plus d’un demi-siècle. Mais cette fois, le tenant du titre change complètement de décor. Exit Saint-Nom-la-Bretèche, place à l’Albatros du Golf National, un parcours qu’il découvre cette semaine en compétition.
« Je n’ai pas encore eu l’occasion de défendre beaucoup de titres au cours de ma carrière, lance-t-il. C’est très particulier de revenir ici. Même si nous sommes sur un parcours différent, c’est très spécial d’être de retour. »
Impossible, forcément, de revenir en France sans replonger dans les images de l’édition précédente. Et notamment cette sortie de bunker-putt sur le par 3 du 18 qui lui avait permis de s’emparer du titre. Le 17 reste lui aussi particulièrement présent dans sa mémoire. Alors qu’il savait parfaitement où il en était au classement, l’Américain avait choisi d’attaquer.
Des coups décisifs… pour l’éternité
« J’avais le leaderboard sous les yeux. Je savais que c’était le moment d’en profiter, d’essayer de faire birdie et de vraiment me rapprocher de la victoire. »
Résultat : une excellente approche, suivie d’un putt d’un peu plus de deux mètres tout en maîtrise… « Ces coups-là restent dans ma mémoire, à jamais. »
Puis était donc arrivé l’ultime trou… « Évidemment, le putt au 18 était vraiment un moment génial et très spécial. » Un souvenir qui reste intact, même si l’actuel 64e joueur mondial doit désormais repartir d’une feuille blanche sur un parcours qu’il découvre.
Après deux « recos », j’avoue bien aimer ce parcours.
Michael Kim
L’Albatros constitue donc une première. Le souvenir qu’il en a ? C’était devant son petit écran, à l’occasion de la Ryder Cup 2018, remportée par Team Europe.
« Évidemment, j’ai regardé la Ryder Cup de 2018 et je me souviens de certains des coups que j’ai vus à la télé. Après deux « recos », j’avoue bien aimer ce parcours. »
Ses premières impressions sont déjà très claires : l’Albatros lui paraît plus exigeant que le parcours de Saint-Nom-la-Bretèche qu’il avait dompté l’an dernier. Mais l’Américain trouve également des similitudes avec un parcours qu’il connaît bien : le Stadium Course, théâtre de l’American Express, sur le PGA Tour.
« Il m’a rappelé ce parcours sur lequel j’ai beaucoup joué lorsque j’étais plus jeune, avec la façon dont les obstacles sont délimités par les berlinoises, avec de l’eau à droite ou de l’eau à gauche. Il y a des mises en jeu assez intimidantes. Mais si vous parvenez à les réussir, je pense que vous pouvez claquer quelques birdies. »
L’Europe, une parenthèse appréciée
Alors qu’il pourrait naturellement privilégier le PGA Tour, Michael Kim ne cache pas son plaisir à retrouver le DP World Tour.
« J’aime vraiment venir en Europe. Je pense que je vais probablement davantage me concentrer sur le PGA Tour, au moins cette année. Mais j’aime toujours revenir jouer sur le DP World Tour. »
Il aurait d’ailleurs aimé être à Wentworth la semaine dernière, mais ses obligations sur le PGA Tour (il a pris la 24e place du Biltmore Championship Asheville) et son classement à la FedEx Cup (61e) ont pesé dans son choix.
J’ai toujours voulu être un joueur qui voyage à travers le monde.
Michael Kim
Pour autant, son envie de voyager et de découvrir de nouveaux horizons demeure intacte.
« J’ai toujours voulu être un joueur qui voyage à travers le monde, confesse-t-il. »
La Corée du Sud figure parmi les rendez-vous qu’il aimerait découvrir. L’Inde lui a également laissé un excellent souvenir en 2025. Et surtout, il apprécie la diversité proposée par le DP World Tour.
« Il y a beaucoup de parcours intéressants et uniques sur le DP World Tour que j’aimerais découvrir. J’aime aller dans de nouveaux endroits et découvrir différents pays. Je reviendrai donc certainement ici à l’avenir. »
C’est justement cette diversité qui constitue, à ses yeux, l’une des grandes différences entre les deux circuits.
Pour l’Américain, les grands rendez-vous du DP World Tour et du PGA Tour peuvent se ressembler en termes d’organisation et d’atmosphère. Mais dès que l’on parle des parcours et des styles de jeu, les différences apparaissent davantage. « Je dirais que sur le DP World Tour, les parcours sont beaucoup plus uniques.
Autre différence, selon lui : la variété des profils de joueurs. Sur le PGA Tour, l’Américain estime que beaucoup de joueurs développent un style assez similaire : des trajectoires hautes et beaucoup de puissance. Sur le DP World Tour, il retrouve davantage de créativité.
J’espère être de retour ici devant vous dimanche…
Michael Kim
Deux circuits différents, mais un adversaire commun : les fuseaux horaires. « Ce matin, je me suis réveillé à une heure du matin et je n’ai pas vraiment réussi à me rendormir, glisse-t-il. C’est un peu compliqué. » Mais cela ne semble pas suffire à altérer son plaisir d’être en France. Michael retrouve d’ailleurs certains repères de l’année dernière…
« Nous séjournons dans le même hôtel. Nous sommes même retournés dans le même restaurant. »
Il aborde donc cette nouvelle édition avec un statut particulier : celui de tenant du titre. Mais son défi est radicalement différent de celui de l’année dernière.
À Saint-Nom-la-Bretèche, il connaissait le parcours et avait fini par s’imposer au terme d’un dimanche spectaculaire. Au Golf National, il doit d’abord apprivoiser l’Albatros, ses mises en jeu intimidantes, ses obstacles d’eau et ses greens qui exigent précision et engagement. Mais le souvenir de 2025 lui donne forcément une raison supplémentaire de croire en ses chances.
Et surtout, l’Américain n’a pas envie de considérer son retour comme une simple parenthèse. Il a déjà une idée très précise de la manière dont il aimerait terminer sa semaine. Avant de quitter la salle de presse, il lance avec un large sourire : « J’espère être de retour ici devant vous dimanche… »
Le rendez-vous est pris…
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













