Deux ans après avoir quitté le Golf National sur une carte de 81 et un abandon aux Jeux de Paris 2024, Matt Fitzpatrick a retrouvé l’Albatros avec une toute autre dynamique. Pour son premier tour de l’Open de France, l’Anglais a signé un solide 65 (-6), avant de livrer un regard sans concession mais mesuré sur un parcours qu’il apprécie depuis toujours.
F.P., au Golf National
Il y a des lieux qui gardent la mémoire des mauvais jours. Pour Matt Fitzpatrick, le Golf National en fait forcément partie. En août 2024, l’Anglais a vécu sur l’Albatros l’une des journées les plus difficiles de sa carrière récente. Après un 64 sans bogey la veille, il avait sombré lors du troisième tour des Jeux olympiques de Paris avec un douloureux 81 (+10). Une journée marquée notamment par un double bogey au 13 et un quadruple au 15. Déjà gêné par une douleur au pouce droit, il avait finalement déclaré forfait avant le dernier tour.
Deux ans plus tard, le décor est pourtant différent. L’Albatros a changé de visage. Et l’aîné des Fitzpatrick, lui, a changé de statut… actuel quatrième joueur mondial, il revient à Guyancourt avec l’ambition de profiter pleinement de cette 108e édition de l’Open de France.
Viktor Hovland, Ludvig Åberg and Matt Fitzpatrick are under way 🤩#FedExOpenDeFrance pic.twitter.com/9yAsbahkyf
— DP World Tour (@DPWorldTour) September 24, 2026
Sur le terrain, surtout, le contraste avec 2024 est spectaculaire. Associé à ses coéquipiers en Ryder Cup, Viktor Hovland et Ludvig Åberg, l’actuel numéro 4 mondial donne le ton et le ryhme. Il boucle son premier tour en 65 (-6) sans le moindre bogey, ce qui lui permet d’entrer parfaitement dans ce 108e Open de France. Et au sortir du recording, le ton est léger.« C’était une bonne journée. J’ai vraiment bien joué », résume-t-il.
Une phrase simple, mais qui en dit long lorsqu’on se souvient de sa dernière apparition sur ces fairways. Cette fois, pas de spirale négative, pas de journée à lutter contre le parcours. « Je n’ai pas vraiment fait grand-chose de mal, ce qui est très agréable, et je n’ai pas ressenti trop de stress sur le parcours, ce qui est évidemment un bonus. »
Le mot important est peut-être celui-là : stress. Car l’Albatros reste un parcours qui peut rapidement faire basculer une partie, même s’il a eu bien du mal à se défendre ce jeudi, en raison notamment de conditions idéales.
Cette fois, Matt a parfaitement maîtrisé son sujet. Son avis sur le parcours était forcément attendu. En toute franchise… « Je ne pense pas les trous repensés soient aussi bons que les précédents. Ils ne s’intègrent pas aussi bien aux autres que nous jouons. Ils donnent presque l’impression d’être un peu à part, un peu déconnectés. »
L’Albatros, c’est un formidable défi.
Matt Fitzpatrick
Pas question pour autant de condamner le nouveau dessin. L’Anglais prend immédiatement soin de replacer son jugement dans le temps. « Évidemment, il est encore très tôt pour se faire une idée définitive. J’ai toujours dit que c’était un très bon parcours de golf. C’est un formidable défi et le dessin est toujours de qualité. »
Et quand on lui demande quelle est la raison première de sa présence cette semaine au départ de cet Open de France, il parle avant tout d’un choix pragmatique. « C’était simplement plus facile pour mon calendrier. »
L’Anglais avait envisagé plusieurs options, notamment Madrid et l’Open d’Espagne dans deux semaines. Mais rentrer aux États-Unis avant de revenir en Europe aurait compliqué son programme. L’Open de France représentait donc une meilleure continuité dans son calendrier. Et puis il y a le plaisir de retrouver l’Europe…
Ne jamais oublier d’où on vient
Après huit mois passés sur le PGA Tour, il apprécie franchement ce retour aux sources : « C’est agréable d’être en Europe. Évidemment, il y a la culture, la nourriture. Pour moi, c’est toujours précieux de retrouver tout cela et de me rappeler d’où je viens. »
Avant d’ajouter… « C’était sympa d’être à Wentworth la semaine dernière, avec les fans. Et puis cette semaine, je suis sur un parcours où j’ai déjà joué plusieurs fois au début de ma carrière sur le circuit européen. C’est toujours agréable d’y revenir ! »
Huit ans après sa dernière participation à l’Open de France, Matt Fitzpatrick, en postant donc une première carte de 65 (-6), est plus que jamais un très sérieux prétendant à la victoire finale.
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














