Il y a ceux qui ont sauvé leur carte au bout du suspense et ceux qui ont vu leur saison basculer dans le mauvais sens. Le Genesis Championship, ultime rendez-vous de la saison régulière du DP World Tour, a été marqué par son lot de drames et de miracles. L’Américain Sean Crocker fait partie des hommes heureux. L’Anglais Eddie Pepperell (photo) est dans l’autre camp. Et il n’est pas le seul.
Avec une nouvelle règle cette année, puisque seuls les 100 premiers de la Race to Dubaï conservent leur pleine catégorie pour 2027, chaque coup a compté en Corée. Sean Crocker peut en témoigner. Il fallait avoir le cœur bien accroché pour suivre la dernière journée de l’Américain de 30 ans. Le natif du Zimbabwe, qui abordait le tournoi coréen en 103e position du classement européen, jouait sa saison sur quelques trous.
Il avait déjà passé le cut d’un souffle. Mais ce dernier tour lui laissait encore de l’espoir.
En difficulté (+3 à l’aller), il a signé une fin de parcours exceptionnelle : -6 sur le retour, avec quatre birdies consécutifs pour conclure, un score de 68 et une 34e place qui changent tout. Il a sauvé sa carte pour 2027 in extremis !
Crocker renverse la table
Crocker s’est hissé au 100e rang de la Race to Dubaï. Tout rond. Tout bon. Cette remontée spectaculaire lui permet de conserver sa pleine catégorie pour 2027. En larmes, le héros discret du jour a confié son immense soulagement à l’idée d’échapper à la Q-School et de pouvoir retrouver sa famille.
« Je voulais simplement me donner toutes les chances de pouvoir rentrer chez moi sereinement, de retrouver ma famille et profiter de mon rôle de père et de mari. Cela fait longtemps qu’ils me manquent terriblement. Je suis content de pouvoir continuer à faire rentrer de l’argent l’an prochain. Ma femme, j’espère, n’aura pas besoin de prendre un job. »
Front Nine: Projected 101st Back Nine: Projected 100th Sean Crocker has done all he can to keep his DP World Tour playing rights for next season but now has the anxious wait for confirmation. #GenesisChampionship https://t.co/I1z9TLryxK
— DP World Tour (@DPWorldTour) October 25, 2026
Eddie Pepperell, la désillusion
Le bonheur des uns fait parfois le malheur des autres. La remontée de Crocker a fait une victime : Eddie Pepperell. L’Anglais, qui occupait la 100e place avant le Genesis Championship, avait choisi de ne pas disputer le tournoi en raison d’une blessure. Il devait donc attendre, impuissant, que ses concurrents tentent de le dépasser.
Le scénario le plus cruel s’est produit. En remontant à la 100e place, Crocker a repoussé Pepperell au 101e rang. Pour un seul échelon, le double vainqueur sur le DP World Tour perd ainsi sa pleine catégorie pour la saison prochaine et devra passer par la Q-School pour retrouver un statut plus favorable.
Ironie de l’histoire, Pepperell avait justement pris la parole ces derniers jours pour dénoncer le possible retour de joueurs du LIV Golf sur le circuit européen, estimant injuste que certains puissent retrouver des places sans repasser par les qualifications. Il évoquait justement le risque pour des joueurs fidèles au circuit européen de perdre leur place. Le sort vient de lui rappeler à quel point les règles du jeu peuvent être impitoyables.
Sur les réseaux sociaux, l’Anglais, toujours très actif, a félicité avec beaucoup de fair-play Sean Crocker, malgré sa déception.
« Bravo, bien joué. Tu pourras m’offrir un bourbon la prochaine fois qu’on se verra. »
Now, @seancrocker11, that is how you do it. Big balls, minerals you could say. Very well done. You can buy me a bourbon when I next see you. 🥃
— Eddie Pepperell (@PepperellEddie) October 25, 2026
Larrazábal, Siem, Aphibarnrat, fin de série pour des anciens vainqueurs
Autre nom marquant parmi les recalés 2026 : Pablo Larrazábal. L’Espagnol, vainqueur à neuf reprises sur le DP World Tour (dont l’Open de France en 2008), a vu s’achever une série de près de 19 ans parmi les membres à part entière du circuit. Arrivé en Corée avec l’obligation de réaliser une performance majeure, il n’a pas réussi à inverser la tendance.
Deux cartes de 73 et un cut manqué ont scellé son sort. À 43 ans, Larrazábal devra retourner à la Q-School, qu’il n’avait plus disputée depuis 2007. L’Espagnol n’a pas caché sa déception.
Kiradech Aphibarnrat, quadruple vainqueur sur le circuit, était également très ému après avoir échoué dans sa quête du top 100. Blessé, il n’a pas pu aller au bout du tournoi coréen. Il termine 110e de la Race. Marcel Siem, six fois vainqueur sur le DP World Tour, a lui aussi vu ses espoirs s’envoler après un premier tour catastrophique (82). L’Allemand échoue au 137e rang.
Manassero sauvé des eaux
Ces sentences illustrent la dureté du golf professionnel. Pour Crocker, quelques birdies lui offrent une année supplémentaire au plus haut niveau. Pour Pepperell, l’exploit d’un concurrent a suffi à faire basculer sa saison du mauvais côté. Pour Larrazábal, près de deux décennies de présence sur le circuit et neuf victoires ne lui ont accordé aucun privilège.
Matteo Manassero a, lui, terminé au 98e rang.
L’Italien, ex-prodige vainqueur notamment du BMW PGA Championship en 2013, avait connu une spectaculaire renaissance en remportant le Jonsson Workwear Open en 2024, après plus de dix ans sans victoire sur le circuit. Cette année, il a, lui aussi, dû batailler pour préserver sa place parmi l’élite européenne. Son parcours illustre la difficulté de s’installer durablement au plus haut niveau, même après un retour au premier plan.
Photo STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














