Père de famille dévoué, Scottie Scheffler a joué le BMW Championship diminué par un virus probablement transmis par ses enfants. Il a terminé 12e malgré la douleur causée par des cloques.
Scottie Scheffler est arrivé au Bellerive Country Club après une victoire éclatante au FedEx St. Jude Championship. Invité mercredi dans une émission de télévision, le numéro 1 mondial a laissé entendre que la présence de sa famille à ses côtés contribuait à son succès.
Pourtant, il était déjà malade. « Je me suis senti mieux au fil de la semaine. J’étais plutôt… j’ai attrapé quelque chose lundi soir », a-t-il raconté à l’issue du BMW Championship.
Un virus problématique pour les golfeurs
Ses fils, probablement vecteurs involontaires d’un virus qui circule dans les foyers avec les jeunes enfants, lui ont transmis quelque chose de bien plus douloureux que n’importe quel coup manqué : le syndrome ou maladie pieds-mains-bouche, pieds-mains-bouche de son petit nom.
Bénigne pour les tout-petits, cette infection devient un cauchemar pour le golfeur professionnel. Des cloques sur les mains, sur la gorge, aux pieds. Un supplice quand il s’agit de manier un club de golf avec force et précision pendant 72 trous.
L’obstination contre la raison
Jeudi, il joue 72, soit deux coups au-dessus du par. Ses mains le trahissent déjà. Il ne laisse pratiquement rien transparaître. Pourtant, Scheffler aurait pu se retirer. Il était déjà premier de la FedEx Cup. La place était assurée. Les médecins ont même suggéré qu’il abandonne.
Mais voilà : ce golfeur-là ne jette pas l’éponge en pleine compétition. C’est dans son ADN. « Si j’avais été plus malin, j’aurais peut-être abandonné, mais je jouais tellement bien que je me suis dit que si j’arrivais à en finir rapidement et à passer les deux premiers tours, j’aurais encore une chance », explique-t-il a posteriori.
Douzième malgré tout
Il reconnaît le caractère douteux de cette décision. Comme il l’admettrait plus tard, il aurait peut-être dû se préserver pour le Tour Championship. Mais le Texan n’a jamais été un adepte du repli stratégique. C’est à la fois une force et une faiblesse, confie-t-il.
Alors il s’accroche. Les mains brûlent. La gorge le brûle. Il abandonne ses séances d’entraînement habituelles, limite son échauffement d’avant-tour, priorise le repos. Les trois derniers tours lui ressemblent plus : 65, 68, 68. Il termine douzième, loin de ses standards.
C’était peut-être une mauvaise décision de jouer, mais je n’ai jamais été du genre à baisser les bras.
Scottie Scheffler
L’obstination. Toujours cette foutue obstination. Elle l’a propulsé au sommet du classement mondial. Elle l’a tenu debout sur les fairways de Bellerive malgré les cloques. Mais dimanche, assis face aux micros, Scottie Scheffler lâche prise. Il révèle tout : « J’ai vraiment fait de mon mieux pour me battre, et c’était peut-être une mauvaise décision de jouer, mais je n’ai jamais été du genre à baisser les bras. »
Ses mains commençaient à peine à retrouver un état normal dimanche. Sa gorge le tourmente encore, mais il respire mieux. Une semaine cauchemardesque a pris fin. Un bon père de famille tendra bientôt ses mains saines à ses fils. Et peut-être, pour une fois, leur demandera-t-il de se tenir à distance pendant quelques jours…
Photo : Alex Slitz / Getty Images via AFP













