Nanti d’une avance record de six coups, Rory McIlroy n’entend pas se relâcher. Il veut aller chercher une deuxième veste verte et profiter de son bel élan. Le leader est apparu satisfait de son superbe 65 mais encore très concentré sur son sujet vendredi soir.
De notre envoyé spécial à Augusta
GOLF PLANETE : Votre score de -12 dépasse-t-il vos attentes ce soir ?
RORY McILROY : Oui. Je visais -10, finir à -12 est excellent. Les greens étaient fermes mais jouables, donc on pouvait rester agressif. Je me suis appuyé sur mon petit jeu et mes wedges. J’ai été très efficace dans la manière de scorer. On n’a pas besoin d’être parfait ici pour y parvenir.
G.P. : Racontez-nous ce chip du 17, ce birdie…
R. M. : C’était délicat. Il fallait la faire passer au-dessus d’une bosse sur le green. Je devais faire atterrir la balle sur une petite pente. J’avais un bon point de chute. Elle est sortie avec la bonne trajectoire et le bon spin que j’attendais. Je ne voyais pas le bas du drapeau, donc tout ce que j’ai vu, c’est le public se lever dans les tribunes comme si elle avait une chance… et elle est rentrée.
C’est ça, l’avantage de l’expérience des lieux : savoir, même autour du green, selon ta position, quels coups vont fonctionner. Je l’ai mise au bon endroit et j’ai fait un bon chip. Le fait qu’elle rentre, c’est un bonus.
G.P. : L’expérience a beaucoup joué dans votre performance du jour, n’est-ce pas ?
R. M. : Je suis devenu un vieux briscard, oui. Aujourd’hui, quand je manque un fairway sur un par 5 par exemple, je me dis simplement : je vais me placer à une bonne distance et me donner une chance de birdie. Il y a mille façons de jouer un trou à Augusta. Il a fallu que j’accepte de jouer le parcours comme il faut le jouer. Il fallait dépasser mes propres blocages. Mon mantra aujourd’hui était : continue de swinguer, continue de t’engager dans les coups, même si je ne touche pas les fairways.
La façon dont je peux le décrire, c’est que dans chaque situation, tu vois une solution positive. Même si tu es mal placé, tu arrives à imaginer un birdie. Et ça a marché aujourd’hui.
G.P. : Que pensez-vous de cette avance record après 36 trous, ces six coups ?
R. M. : J’ai une belle avance, oui. Mon objectif est simplement de continuer à bien jouer et de garder la pression. De continuer à appuyer sur l’accélérateur…
G.P. : Fred Couples a dû que vous pourriez ne plus jamais être battu ici…
R. M. : Les compliments comme ça, c’est gentil… mais ce n’est pas utile. En revanche, un conseil comme celui de Jack (Nicklaus), ne pas faire de double-bogey, ça, c’est utile. Dans tous les cas, c’est agréable à entendre, et ça montre leur affection et leur respect. Mais au final, tout ça reste du bruit. De belles paroles, mais ça ne veut rien dire quand tu arrives sur le tee du 1.
Photo Hector Vivas / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP













