À l’aube de l’Omega European Masters, Romain Langasque arrive à Crans-Montana avec de solides raisons d’être optimiste. Malgré un cut manqué d’un coup la semaine passée, le Français estime avoir franchi un cap dans la qualité et la régularité de son jeu. Et sur un parcours qu’il affectionne particulièrement, il entend bien profiter d’un tournoi qu’il apprécie.
Propos recueillis par Nathan CARDET, à Crans-Montana
Golf Planète : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette semaine à l’Omega European Masters ?
Romain Langasque : Je me sens bien. Les dernières semaines et les derniers mois ont été plutôt bons sur le parcours. La qualité de mon jeu a vraiment évolué, la régularité et le fond de jeu sont devenus meilleurs. La semaine dernière, je rate le cut d’un point, mais c’est un peu anecdotique. Il y a quand même eu beaucoup de bonnes choses. Crans-Montana, c’est un endroit que j’apprécie énormément, qui me tient particulièrement à cœur, et où j’ai vraiment envie de performer. Donc je suis content d’être là.
G.P. : Le parcours vous semble-t-il différent cette année ?
R.L. : Franchement, je n’ai jamais vu le parcours aussi bien préparé dans sa globalité. Les greens sont vraiment très bons, les fairways sont très réguliers et les roughs sont très épais. Le bon jeu va être récompensé et l’aléatoire va vous mettre en difficulté. C’est finalement ce qu’on demande chaque semaine. Donc c’est plutôt une bonne chose.
Ici, il faut notamment accepter les éléments extérieurs : l’altitude, les greens qui peuvent devenir un peu plus rapides et rebondissants l’après-midi… Ce sont des choses qu’il faut avoir en tête et dont on sait qu’elles vont arriver. Il faut simplement essayer de composer avec.
Ces deux semaines de pause m’ont permis de faire un peu un reset
G.P. : Vous aviez pris un petit temps d’arrêt après votre abandon au KLM Open. Il semble que cette pause vous ait fait beaucoup de bien dans les résultats ?
R.L. : Oui, ces deux semaines de pause m’ont permis de faire un peu un reset, de prendre un nouveau départ. Il y a eu une réorganisation globale à la maison, un nouveau caddie avec Andrea Ginola. Il y a eu plein de choses qui ont été hyper importantes à ce moment-là.
Le KLM Open, à la base, je ne devais pas le jouer. J’ai finalement voulu pousser parce que je sentais que je ne jouais pas si mal. Je voulais aussi changer de caddie, puis finalement je ne l’ai pas fait. En fait, ça a été tout un ensemble de choses qui ont fait que c’était trop. Avec le recul, j’aurais simplement dû ne pas jouer ce tournoi-là.
Derrière, il y a eu deux tops 15 consécutifs, et une septième place mi-août. Il y a donc eu de bons résultats, mais surtout vraiment du bon fond de jeu. Et c’est encore une fois ce qu’il y a de plus important.
G.P. : La fin de saison approche et les tournois vont désormais peser encore davantage dans la course aux points. Vous sentez que tout peut aller très vite ?
R.L. : Le back nine est une période de l’année qui est très importante sur le DP World Tour. Il y a beaucoup plus de points à prendre sur chaque tournoi, et les champs de joueurs sont plus relevés. C’est un peu notre amen corner du tour européen. Avec l’Irish Open la semaine prochaine, puis BMW PGA Championship et l’Open de France, qui est potentiellement un peu comme un majeur pour nous, cela laisse de belles opportunités.
G.P. : On voit depuis quelques semaines de plus en plus de joueurs du LIV Golf participer aux tournois du DP World Tour. Comment voyez-vous cette situation et l’éventualité d’un retour plus large de ces joueurs sur le circuit européen ?
R.L. : Je pense très sincèrement que, si des joueurs du LIV veulent revenir, le Tour va se servir des joueurs qui peuvent être utile à notre circuit. C’est-à-dire ceux qui ont une énorme carrière, qui vont nous apporter de la visibilité et qui peuvent renforcer le Tour d’un point de vue du sponsoring. Pour les autres, il faudra malheureusement qu’ils repartent probablement d’un peu plus bas et qu’ils regagnent leur droit de jeu ici. Et puis ils reviendront s’ils sont assez bons.
Je pense donc qu’il y aura des passe-droits pour certains. Et je pense qu’aucun joueur ne dira vraiment quoi que ce soit parce qu’à un moment donné, nous avons aussi besoin de ces joueurs-là. Ils peuvent nous aider à faire en sorte que le DP World Tour puisse rester là où il est et ne pas potentiellement redescendre dans deux ans. Je le vois comme ça. Je n’ai aucun scrupule à ce que les joueurs reviennent. Encore une fois, plus les joueurs sont forts et plus les champs de joueurs sont relevés, plus je suis content.
©Nathan Cardet/Golf Planète












