Il y a des premières que l’on n’oublie pas. Celle de Nastasia Nadaud à la Solheim Cup 2026 restera longtemps gravée dans les mémoires du golf français et européen. À seulement 21 ans, la Française a découvert l’une des compétitions les plus prestigieuses du golf féminin avec une assurance bluffante. Pas impressionnée par l’enjeu, pas intimidée par l’atmosphère, la Savoyarde a immédiatement répondu présente.
Propos recueillis par F.P.
Sélectionnée par la capitaine européenne Anna Nordqvist parmi ses quatre choix, la Française arrivait aux Pays-Bas avec le statut de rookie. Un statut qui pouvait laisser imaginer quelques hésitations. Il n’en fut rien. « C’est incroyable », avait-elle confié quelques jours avant le début de la compétition, elle qui reconnaissait n’aurait jamais imaginé, six mois plus tôt, faire partie de l’équipe européenne.
Résultat, une solidité à toute épreuve, et deux points glanés en foursome et une solide victoire 3&2 en simple ce dimanche face à la Californienne Andrea Lee.
Son coach, Renaud Gris, flanqué de son préparateur mental Cédric Coquet, a bien sûr suivi son « élève » tout au long de ses trois jours et la fierté est immense pour celui qui est aux côtés de Nastasia depuis huit ans déjà…
GOLF PLANETE : Comment avez-vous vécu cette semaine ?
Renaud Gris : Il n’y a pas eu de changement de rôle spécifique durant cette semaine. L’objectif était de maintenir une présence normale, comme pour d’autres grandes épreuves. Avec Cédric Coquet, nous avons été super bien accueillis par le staff européen, ce qui nous a permis d’intégrer le cercle rapproché de Nastasia. Nous étions présents pour les séances d’échauffement et la préparation sur le parcours (stratégie, technique, mental). Pendant les deux premiers jours, on était dans les cordes pour observer et s’assurer que Nastasia restait concentrée sur ses objectifs, sans intervenir directement.
G.P. : Quels ont été les premiers mots de Nastasia à votre encontre ?
R.G. : Les premiers instants après l’officialisation de la victoire ont été agités, avec une forte sollicitation médiatique autour de Nastasia. Malgré cela, on a quand même eu le temps de lui dire que nous étions fiers d’elle. Un débriefing plus détaillé est prévu pour plus tard. Pour l’instant, on la laisse savourer cette victoire.
Elle a semblé parfaitement à sa place dès son arrivée aux pays-Bas
Renaud Gris, coach de Nastasia Nadaud
G.P. : Vous a-t-elle épaté ?
R.G. : Elle a été très impressionnante tout au long de la semaine. Malgré ses 21 ans et son statut de rookie, elle a semblé parfaitement à sa place dès son arrivée aux Pays-Bas… elle a su gérer l’événement avec brio. Elle a démontré une grande force mentale en alternant parfaitement entre être « solaire » et en communion avec le public pour puiser de l’énergie (une consigne de Cédric), et rester très concentrée sur ses objectifs et les clés techniques de son jeu. Cette capacité à basculer entre profiter de l’instant et se recentrer sur sa performance a été un de ses points forts.
G.P. : Quelle maturité à 21 ans seulement…
R.G. : Nastasia ressort grandie de cette semaine. Elle a énormément appris sur les plans technique, golfique et mental… Son statut évolue également… Elle devient désormais une joueuse ayant participé et gagné la Solheim Cup et qui a été capable de rapporter trois points sur quatre en tant que rookie.
G.P. : Anna Nordqvist a vite montré qu’elle avait confiance en Nastasia…
R.G. : Anna a montré une réelle confiance envers Nastasia en la faisant jouer le samedi matin en foursome, alors qu’elle devait initialement disputer seulement les quatre balles du vendredi et du samedi après-midi. Cette décision a été prise après la qualité de jeu produite le vendredi après-midi. La capitaine a été solide, notamment après l’égalisation des Américaines samedi en fin de journée. Les longs putts de 30 mètres et 12 mètres de Jennifer Kupcho ont été vécus comme des coups de poing. Et Anna a rassemblé les joueuses en cercle et les a remobilisées avec une image forte.
Elle a su rester elle-même malgré l’enjeu
Renaud Gris, coach de Nastasia Nadaud
G.P. : Avec Nastasia et Cédric Coquet, on vous sent très proches… Comment définiriez-vous votre relation ?
R.G. : La relation entre Nastasia, Cédric et moi-même repose sur la continuité, la confiance… une forme de garde rapprochée. On travaille ensemble depuis huit ans, chacun connaît son rôle, ce qu’on peut lui apporter… et Nastasia sait également comment s’appuyer sur chacun de nous. Dans les grands événements, cette relation de longue durée aide Nastasia à rester connectée à ce qu’elle fait habituellement. Le choix des mots, des consignes et des clés devient alors essentiel. Le fait de très bien se connaître nous permet de trouver les bons leviers au bon moment.
G.P. : Quelques mots pour définir Nastasia ?
R.G. : Elle est solide, solaire et naturelle. Je n’irais pas jusqu’à la qualifier d’insouciante, car elle savait parfaitement à quoi s’attendre dans cette Solheim Cup. Elle a néanmoins réussi à rester elle-même malgré l’enjeu.
Photo : Naomi Baker / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














