Auteur d’un dernier tour en 67 (-5) et d’un score final de -17 (271), J.J. Spaun, qui découvrait cette semaine le West Course du Wentworth Club, a profité du « naufrage » de Manuel Elvira sur le par 5 du 18, alors que l’Espagnol se présentait sur cet ultime trou à égalité avec l’Américain. Mais, un double bogey plus tard, le petit frère de Nacho Elvira devait s’avouer vaincu. À l’arrivée, il termine à -15 (273), en compagnie d’Aaron Rai, Adam Scott et Rory McIlroy, qui s’est contenté d’un 68 (-4) malgré un putter plutôt froid ce dimanche dans le Surrey. Grâce à un trou en un sur le par 3 du 14, avec à la clé une très belle voiture, Frédéric Lacroix (67 aujourd’hui) est le meilleur Français au classement : 44e à -7 (281).
L.V.
« Gagner hors des États-Unis serait un atout incroyable pour mon palmarès, d’autant plus que ma famille passe beaucoup de vacances ici et que nous adorons venir sur le parcours. Remporter un trophée dans l’un de nos endroits préférés au monde serait un vrai bonheur. »
J.J. Spaun est passé des paroles aux actes ce dimanche à Wentworth, sur le 3e Rolex Series de la saison du DP World Tour.
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A un coup des deux leaders samedi soir, Manuel Elvira et Filippo Celli, l’Américain âgé de 36 ans a tenu promesse. Une dernière carte de 67 (-5) malgré un bogey concédé dès le par 4 du 1 du West Course ici à Virginia Water (Surrey) lui permet en effet de décrocher une seconde victoire cette année (après le Valero Texas Open sur le PGA Tour). Pour une première participation à ce tournoi doté de 9 millions de dollars, c’est véritablement un coup de maître.
Les astres se sont alignés cette semaine pour que je remporte la victoire, et je suis simplement reconnaissant d’avoir eu cette opportunité, de bien jouer, de me donner une chance et d’avoir fini par gagner.
J.J. Spaun
Ce succès lui permet au passage de rejoindre au palmarès de ce prestigieux tournoi ses compatriotes Billy Horschel, deux fois lauréat en 2021 et 2024, et la légende Arnold Palmer (vainqueur en 1975).
« Cela représente énormément pour moi, souffle le vainqueur de l’U.S. Open 2025. Vous savez, je suis devenu un joueur que je n’aurais jamais cru pouvoir être, et faire rayonner mon jeu à travers le monde, et plus particulièrement ici en Angleterre, un endroit cher à ma famille, où nous passons souvent nos vacances, c’est formidable. Les astres se sont alignés cette semaine pour que je remporte la victoire, et je suis simplement reconnaissant d’avoir eu cette opportunité, de bien jouer, de me donner une chance et d’avoir fini par gagner. »
J.J. Spaun makes THREE birdies in a row to take the solo lead at Wentworth 🇺🇸#BMWPGA | #RolexSeries pic.twitter.com/XXLS7DhXTM
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« Je savais que je devais rester patient toute la journée à cause de la dernière ligne droite à Wentworth, car on pouvait faire eagle, eagle ou bogey, bogey, ajoute celui qui a été « oublié » par le capitaine Brandt Snedeker pour représenter les Etats-Unis dans quelques jours en Presidents Cup. Je me répétais sans cesse de rester patient, de rester au plus près du but sans commettre trop d’erreurs en début de parcours. Après un bogey au premier trou, je me suis repris avec deux beaux birdies. Le retour m’a été favorable. J’ai mieux joué sur le retour. Je savais qu’une fois l’aller passé, je pourrais rattraper mon retard. »
Manuel Elvira, parfait pendant… 17 trous
Mais dieu que ce finish fut éprouvant pour ses nerfs, et encore plus pour son principal adversaire, Manuel Elvira. En tête après 54 trous, le petit frère de Nacho a fait preuve d’un sacré panache tout au long de ce dernier tour. Malgré, lui aussi, un bogey concédé dès le par 4 du 1, il a su très rapidement redresser la barre avec quatre birdies distillés entre les trous 4 et 12, restant, avec une bonne quinzaine d’autres prétendants, dans le coup pour la victoire.
Repassé à -15 après une seconde erreur sur le par 3 du 14, où il a manqué un putt d’à peine 1,50 mètre qui semblait pourtant anodin, il est parvenu à claquer un fabuleux eagle sur le par 5 du 17 (voir ci-dessous), revenant à égalité à -15 alors que J.J. Spaun avait déjà signé sa carte. Un birdie au 18 et l’affaire était pliée. Mais au golf, on le sait, tant que la balle n’a pas fini au fond du trou de dernier obstacle, tout peut se passer. Et c’est hélas ce qui est arrivé à l’infortuné Manuel Elvira, à la recherche d’une première victoire sur le Tour européen.
VAMOS!!! 💪
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Manuel Elvira eagles the 17th to tie the lead with the par 5 18th hole to play.#BMWPGA | #RolexSeries pic.twitter.com/9CRzSB2MEK
Après une mise en jeu plein fairway de 248 mètres, le golfeur ibérique a commis un horrible deuxième coup finissant… à 232 mètres du green. Chercher l’eagle était alors devenu impossible. Très certainement rattrapé par cette fameuse « peur de gagner », Elvira a alors multiplié les boulettes. Un troisième coup expédié au pied de la tribune l’a contraint à se dropper devant le bunker de green. Puis une gratte a envoyé sa balle quelques mètres plus loin, dans ce même bunker. Et deux putts pour finir avec à la sortie un terrible double bogey. Tout cela sous les yeux de son grand frère, aussi anéanti que lui.
C’est dévastateur d’avoir raté mon coup au bon moment sur le coup d’approche et de m’être retrouvé avec le coup le plus difficile dans le bunker du fairway, et de ne pas avoir pu le réussir.
Manuel Elvira
« C’est dévastateur d’avoir raté mon coup au bon moment sur le coup d’approche et de m’être retrouvé avec le coup le plus difficile dans le bunker du fairway, et de ne pas avoir pu le réussir, explique Manuel Elvira à la sortie du recording. J’ai probablement produit l’un des meilleurs golfs de ma vie. J’étais en lice pour la victoire et je n’étais pas vraiment nerveux. Peut-être après le 72e trou, mais j’ai réussi un bon coup de départ et malheureusement un mauvais deuxième coup. Ça a été une super semaine et j’en suis vraiment ravi. »
La victoire attendra, donc. Il peut néanmoins se rassurer en grimpant à la 33e place de la Race to Dubaï, soit 50 rangs de mieux que jeudi matin, grâce à cette 2e place ex aequo à -15 avec trois très grands joueurs : Aaron Rai (66 aujourd’hui), Adam Scott (68) et Rory McIlroy, 68 également.
Brotherly love 💙
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Nacho consoles his younger brother Manuel after he finished with a double-bogey to miss out on a first professional win. #BMWPGA | #RolexSeries pic.twitter.com/Q66qvaWhxR
Le Nord-Irlandais n’est jamais vraiment parvenu à emballer sa partie (associé à Adam Scott), ne trouvant que très rarement la bonne carburation au putting. Mais cette deuxième place lui permet de revenir à 307 points de Patrick Reed, toujours leader de la Race (il en comptait plus de 830 avant ce BMW PGA Championship).
En ce qui concerne la Race, il me reste trois tournois avant la fin de ma saison sur le DP World Tour. Je ne sais pas encore quel sera le programme de Patrick pour les prochains mois, mais je pense avoir suffisamment d’occasions de jouer.
Rory McIlroy sur sa lutte à la Race avec Patrick Reed
« Mon putting a été correct dans l’ensemble cette semaine, mais j’ai raté beaucoup de putts, résume le n°2 mondial. J’aurais aimé refaire certains de ces putts, mais globalement je suis content de mes progrès. J’ai vraiment bien frappé la balle aujourd’hui. Mon jeu s’améliore et je dois juste continuer à travailler. Bon, ça ne s’est pas tout à fait passé comme prévu. Mon dernier putt n’était pas très bon. Mais dans l’ensemble, c’est un résultat positif. »
« En ce qui concerne la Race, il me reste trois tournois avant la fin de ma saison sur le DP World Tour, enchaîne-t-il. Je ne sais pas encore quel sera le programme de Patrick (Reed) pour les prochains mois, mais je pense avoir suffisamment d’occasions de jouer. Je retourne sur un parcours de golf en Inde où j’ai joué pour la première fois l’an dernier, donc je le connaîtrai un peu mieux ; puis je me rendrai à Abu Dhabi et à Dubaï, où j’ai connu de nombreux succès dans ma carrière. Je suis impatient de saisir cette opportunité, et ce serait évidemment incroyable d’égaler le record de Monty (Colin Montgomerie). »
Le trou en un de Fred Lacroix… Et puis c’est tout
Côté tricolore, on regrettera que les douze joueurs en lice cette semaine ne se soient jamais vraiment immiscés dans le premier quart du leaderboard, à l’exception d’Antoine Rozner, dans le top 10 après dix-huit trous. On retiendra toutefois le coup magique de Frédéric Lacroix dans ce dernier tour. Un trou en un sur le par 3 du 14 lui offrant au passage l’acquisition d’une splendide voiture du sponsor titre du tournoi. Le Racingman prend la 44e place finale à -7 (281) devant Romain Langasque, 51e à -6 (282).
Le leaderboard
Le leaderboard des Français

Photo : Warren Little / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

















