Licenciée après près de vingt ans à la tête de l’équipe féminine de golf de l’université de Tennessee à Chattanooga, Colette Murray attaque son ancien employeur devant la justice fédérale américaine. L’entraîneuse écossaise dénonce des inégalités de traitement persistantes avec l’équipe masculine et estime avoir été évincée en représailles.
Le conflit entre Colette Murray et l’université de Tennessee à Chattanooga (UTC) pourrait marquer un tournant dans l’avenir du golf universitaire américain. Le 7 octobre dernier, l’ancienne entraîneuse de l’équipe féminine de golf a déposé une plainte devant un tribunal fédéral, dans laquelle elle accuse son ancien employeur de discrimination liée au sexe, de représailles, de rupture de contrat et de manquements aux garanties procédurales.
Recrutée en janvier 2006, Murray a dirigé le programme féminin pendant près de vingt ans. Elle affirme que ses demandes répétées pour obtenir des ressources comparables à celles de l’équipe masculine ont contribué à son licenciement, intervenu en octobre 2025.
Au cœur du dossier : les bourses accordées aux joueuses, les budgets, les installations, les rémunérations du personnel et les conditions d’emploi de l’entraîneuse. Une affaire qui soulève une question essentielle dans le sport universitaire américain : les équipes féminines bénéficient-elles réellement des mêmes moyens que leurs homologues masculins ?
Des moyens jugés insuffisants face à l’équipe masculine
Dans sa plainte, Colette Murray explique avoir alerté pendant plusieurs années les responsables sportifs de l’université sur ce qu’elle considérait comme un traitement inéquitable de son programme.
Selon elle, le budget consacré aux bourses des joueuses a été réduit, tandis que la rémunération de son entraîneuse adjointe aurait été abaissée à un niveau inférieur à celui de l’adjoint de l’équipe masculine.
Alors que Blaine Woodruff, entraîneur de l’équipe masculine, disposait d’un contrat de cinq ans, celui de Murray était renouvelé chaque année.
L’Écossaise affirme par ailleurs avoir dû prendre elle-même en charge une part importante du financement de son équipe. Elle indique avoir collecté entre 15 000 et 25 000 dollars par an auprès de soutiens privés, réuni 25 000 dollars pour organiser un tournoi et obtenu des financements pour un véhicule d’une valeur supérieure à 100 000 dollars, sans aide du département des sports.
Des relations dégradées avec l’entraîneur masculin
La plainte de Murray décrit également des relations particulièrement tendues avec Blaine Woodruff. L’ancienne entraîneuse lui reproche des propos publics hostiles à son égard. Selon les éléments rapportés dans la procédure, Woodruff l’aurait notamment qualifiée de « psychotique » et aurait décrit son programme comme un « véritable désastre ».
Murray estime que l’université a toléré ce comportement, alors que Woodruff a conservé ses fonctions au sein de l’établissement.
Le jour du licenciement de l’Ecossaise, l’université a annoncé son remplacement par Katie Woodruff, épouse de l’entraîneur de l’équipe masculine. Cette dernière a occupé le poste d’entraîneure principale par intérim durant la saison 2025-2026, avant de ne pas être reconduite dans cette fonction.
La justice devra déterminer si le licenciement de l’entraîneuse était justifié, si ses droits ont été respectés et si les différences de traitement qu’elle décrit contrevenaient aux obligations légales de l’université.
Photo : @UTC












