Robert MacIntyre a été interrogé sur son écart de comportement lors du dernier Masters. Le gaucher écossais, en pleine progression, est loin d’avoir fait amende honorable. Ses écarts de comportement s’additionnent. Mais il n’entend pas changer de comportement.
C’est au Renaissance Club, en Écosse, lors de la journée média du Genesis Scottish Open, tournoi dont il est le tenant du titre, que Bob MacIntyre s’est exprimé longuement sur les dernières semaines assez remuantes pour lui. L’Écossais, désormais installé dans le top 15 mondial et devenu père d’un petit garçon plus tôt cette année, a livré un témoignage très direct sur son comportement au Masters, où il s’est fait remarquer (et recadré par les autorités) pour un geste malheureux, un doigt d’honneur adressé au parcours ou au golf, on ne sait trop.
« Tout est réglé de mon côté. Je pense que ce que j’ai fait était plutôt léger. Je n’en suis pas fier, mais est-ce que ça peut se reproduire ? Très probablement. C’est comme ça que je suis. »
Contrairement à Sergio Garcia, qui s’est fait aborder par un membre de l’Augusta National Club sur le parcours pour avoir cassé son driver de rage lors du dernier tour (et détérioré l’air de départ du trou n°2), Bob le bouillant assure qu’il n’a pas parlé à une veste verte après l’incident. « Je n’ai entendu personne en veste verte à propos de ça. J’ai juste eu un retour du comité des règles ou de quelqu’un du scoring qui m’a fait une remarque. »
Parfois ça déborde. Je ne peux pas saluer le public après un double-bogey. Ça ne sera jamais moi.
Pas question de vouloir dramatiser l’incident. Aucune mise en scène disciplinaire particulière n’a été évoquée à son égard. Et Robert MacIntyre n’a pas l’intention de changer malgré des critiques de plus en plus vives sur son comportement. Certains médias écossais ont d’ailleurs estimé récemment que le meilleur joueur du pays ne faisait pas grand-chose pour être aimé.
« J’essaie de contrôler mes émotions autant que possible, mais parfois ça déborde. Le monde du golf essaie presque de rendre tout le monde robotique. Mais si nous étions tous comme ça, le monde serait ennuyeux. Je ne peux pas être un de ces joueurs qui fait un double-bogey puis sourit et salue le public. Ce ne sera jamais moi. »
Le 12e joueur mondial assure même que, comme un certain John McEnroe le prétendait au temps de sa splendeur sur les courts de tennis, ses coups de gueule font du bien… à son jeu. « La plupart du temps, je suis très bon pour exploser, puis passer à autre chose. Si tu arrives à évacuer la colère de la bonne manière, ça t’aide pour le coup suivant. »
Je veux jouer au golf comme Scottie Scheffler
Celui qui a terminé 2e de l’U.S. Open l’an passé, et plus récemment 4e du Players Championship, avoue tout de même qu’il doit canalises ses émotions plus rapidement. La naissance de son premier enfant peut l’aider en ce sens. Il a aussi envie de s’inspirer du n°1 mondial, Scottie Scheffler. « Ma vie a changé, récemment pour le mieux. Oui, j’aimerais être plus calme. J’aimerais être un peu comme Scottie dans sa façon de ne pas réagir trop longtemps quand je suis frustré. Je le regarde et je me dis que je veux jouer au golf comme lui. Tout le monde veut jouer comme lui. »
On est donc loin d’un mea culpa penaud comme celui de Sergio Garcia. Bob MacIntyre n’est pas apaisé, il ne cherche ni à se réinventer totalement, ni à gommer sa personnalité. Mais il envisage une phase d’ajustement personnel, où la paternité, l’expérience du très haut niveau et la comparaison avec les meilleurs du monde l’obligent à réfléchir autrement. Il n’a que 29 ans…
©The Masters













