À l’heure où la quête de vitesse est devenue presque obsessionnelle sur le PGA Tour, Viktor Hovland suit une trajectoire étonnamment opposée. Depuis son triomphe dans la FedExCup en 2023, la vitesse de tête de club du Norvégien diminue saison après saison. Une évolution d’autant plus surprenante que, dans le même temps, la moyenne du circuit ne cesse d’augmenter.
Les statistiques sont particulièrement révélatrices. En 2023, année de sa victoire dans la FedExCup, Viktor Hovland produisait une vitesse moyenne de tête de club de 118,21 mph.
Depuis il n’a cessé de “régresser” dans ce domaine :
116,07 mph en 2024
115,64 mph en 2025
115,18 mph en 2026.
Soit plus de 3 mph (miles par heure) perdu en trois ans.
Hovland pointe au 110e rang dans cette statistique sur le PGA Tour, à 12 mph du leader Gary Woodland âgé de 42 ans !
Hovland ralentit, le PGA Tour accélère
Ce qui rend cette évolution particulièrement intéressante, c’est qu’elle va exactement à l’encontre de la tendance générale.
Car le golf professionnel est engagé depuis plusieurs années dans une véritable course à la puissance. Préparation physique, biomécanique, « speed training », optimisation du matériel : gagner quelques miles par heure avec le driver est devenu un axe de travail majeur.
En 2023, la vitesse moyenne de tête de club sur le PGA Tour était de 115,08 mph. Elle est passée à 115,92 mph en 2024, 116,46 mph en 2025 et tourne autour de 117 mph en 2026. Autrement dit, pendant que le Tour gagnait près de 2 mph, Hovland en perdait environ 3.
L’écart est encore plus spectaculaire lorsqu’on compare le Norvégien aux meilleurs joueurs mondiaux. Les cinq premiers mondiaux sont presque tous nettement plus rapides : Scottie Scheffler 121,19 mph, Rory McIlroy 123,88 mph, Cameron Young 123,46 mph, Matt Fitzpatrick 118,86 mph et Wyndham Clark 121,36 mph.
En 2023, la vitesse était une arme
Le paradoxe est d’autant plus frappant que la puissance avait participé à la transformation de Hovland en l’un des meilleurs joueurs du monde.
Il expliquait lui-même avoir gagné environ 8 mph avec son driver ajoutant que cela lui avait permis non seulement d’aller plus loin, mais aussi de développer davantage de trajectoires et de faire du driving une véritable arme.
Mais une question taraude les obsevateurs : cette perte de vitesse est-elle volontaire ou constitue-t-elle l’une des conséquences de ses recherches techniques incessantes ?
Le Norvégien reconnaît lui-même traverser une période compliquée avec son swing ces derniers mois. Il a changé plusieurs fois d’entraineurs et a aussi beaucoup travaillé le petit jeu qui a longtemps été l’un de ses points faibles.
Vendredi, après son deuxième tour du Tour Championship, il reconnaissait d’ailleurs avoir simplement « trouvé quelque chose», sans savoir encore si la solution serait durable.
©Kevin C. Cox / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP













