Le Players Championship 2026 va-t-il enfin être le théâtre d’une bataille des chefs entre Scottie Scheffler et Rory McIlroy, les deux meilleurs joueurs du monde ? Si la forme de l’un et de l’autre laisse planer quelques doutes avant le premier très grand rendez-vous de l’année, une chose est sûre : ils poursuivent tous les deux la même quête, à savoir égaler le record de victoires détenu par Jack Nicklaus dans le tournoi talisman du PGA Tour.
Gagner le Players Championship ? Certains diront que c’est plus dur que de triompher au Masters ou à l’Open britannique. La faute à plein de facteurs : le champ de joueurs est très relevé, sans doute plus encore que dans des Majeurs, et un parcours dessiné par Pete Dye aussi célèbre qu’exigeant, à plus d’un titre. Longtemps, Tiger Woods s’y est cassé les dents. Mais il s’y est imposé à deux reprises (2001 et 2013). Tout comme Scottie Scheffler et Rory McIlroy, les deux grands favoris cette année.
Scheffler a déjà réussi un exploit à Ponte Vedra Beach. Il est le seul joueur à avoir réussi le doublé, en 2023 et 2024. C’est dire combien dompter le TPC Sawgrass n’est pas chose aisée. Rory McIlroy compte, lui aussi, deux victoires. A six ans d’intervalle (2019 et 2025). Le tenant du titre est souffrant et incertain pour cette édition 2026. Son rival, lui, semble avoir perdu un peu de sa superbe depuis quelques semaines. Mais ils ont tout à fait les moyens d’aller chercher un troisième succès au ‘Players’. Malgré les réserves évoquées, ils restent les deux grands favoris.
Rory et Scottie, des doutes mais les atouts qu’il faut
Une troisième victoire leur permettrait d’égaler la Légende Jack Nicklaus, le seul homme à avoir gagné à trois reprises le Players Championship. A l’époque des succès du ‘Golden Bear’, le tournoi en était à ses balbutiements. La première édition en 1974 a été gagnée par Nicklaus à Atlanta. Celle de 1976 a vu son triomphe à Fort Lauderdale. Puis il a gagné à Sawgrass en 1978, mais ce n’était pas sur le Stadium Course, le parcours devenu iconique n’ayant vu le jour qu’en 1982.
Il n’empêche, le fait que Jack Nicklaus, le recordman des victoires en Grand Chelem, soit le seul à compter trois succès dans le ‘Players’ montre à quel point ce tournoi est exigeant. L’égaler dans les tablettes renforcerait encore l’aura de Scheffler ou de McIlroy. L’un et l’autre ont tout pour y réussir. Ces clés pour gagner sur le TPC Sawgrass sont assez faciles à identifier : il faut de l’expérience, de la stratégie et de la patience, de la précision, du talent aussi.
De l’expérience ? Il en faut à revendre. La preuve par les chiffres. La moyenne d’âge du vainqueur de ce tournoi est de plus de 32 ans. Aucun ‘rookie’ (débutant) du PGA Tour ne s’y est imposé. Seulement deux lauréats ont gagné là-bas leur premier trophée sur le PGA Tour (Craig Perks en 2002, Tim Clark en 2010). Le joueur qui s’y est imposé avec le moins de départs précédents sur le PGA Tour est Adam Scott en 2004 et c’était son 42e tournoi…
Scheffler roi du grand jeu, la clé sur le Stadium Course
De la patience ? Là encore, étudions les chiffres. Aucun vainqueur n’a réussi à boucler le tournoi sans commettre de bogey. Greg Norman est parti seulement une fois à la faute dans toute la semaine en 1994.
De la précision ? Depuis que le tournoi se joue au TPC Sawgrass, les vainqueurs comptent un total de 62,4 % de strokes gained sur le grand jeu. Alors que sur les autres tournois du PGA Tour, le chiffre s’élève à 53,4 %. Statistiquement, le putting est la clé pour gagner sur la majorité des tournois. Pas au Players Championship où ce sont souvent les leaders des greens en régulation qui s’imposent. Une bonne nouvelle pour Scottie Scheffler qui écrase la concurrence dans le grand jeu sur les trois dernières éditions.
Scottie Scheffler ranks at TPC Sawgrass the last 3 years:
— Justin Ray (@JustinRayGolf) March 9, 2026
Score to par – 1st
Greens in regulation – 1st
Bogey avoidance – 1st
Par 3 scoring – 1st
Strokes gained ball striking – 1st
D’autres anciens vainqueurs outsiders
Derrière lui, le meilleur est Rory McIlroy, suivi par Xander Schauffele. Tous les voyants sont au vert pour voir briller Scheffler et peut-être McIlroy dans cette édition 2026. Le site Data golf, spécialisé dans l’analyse en tout genre des chiffres qui paient selon les profils des parcours, permet de lister les cinq meilleurs joueurs du monde en termes de performances sur des tournois aux champs de joueurs relevés et au ‘scoring’ difficile. Le même trio de tête (Scheffler, McIlroy, Schauffele) se dégage…
In tournaments with strong fields that have difficult scoring, similar to this week’s Players Championship, here are the best performers over the last three years, along with some interesting notables who play well below their baseline in these conditions.
— Ron Klos (@PGASplits101) March 10, 2026
S. Scheffler 3.13/rd… pic.twitter.com/Py6eO7U1mg
Mais puisque Scheffler reste sur deux tournois sans top 10 (un événement !), puisque McIlroy soigne son dos, il y a de la place pour les outsiders. On pense à des hommes en forme (Russell Henley, Collin Morikawa, Ludvig Åberg, Min Woo Lee), mais aussi, et surtout, à des noms moins ronflants mais qui ont déjà fait leur preuve sur le Stadium Course.
On pense à Si Woo Kim, vainqueur en 2017 et qui caracole en tête du classement des meilleurs ‘ball striking’ (le grand jeu) en 2026 sur le PGA Tour. Ou Rickie Fowler, vainqueur en 2015 et qui se rapproche de plus en plus d’une qualification pour le Masters. Ou Adam Scott, sacré en 2004 et récent 4e au Genesis Invitational et 11e à l’Arnold Palmer Invitational. Et qui maîtrise le trou n°17 mieux que personne.
Nobody in this field has been better at no. 17 than Adam Scott — who has gained over 16 strokes on that hole alone. pic.twitter.com/kNlS42E8lB
— Rick Gehman (@RickRunGood) March 9, 2026
La chasse à l’ours blond est lancée. Mais si Scottie et Rory ne pouvaient pas nous offrir cette semaine le duel dont on rêve tant, il reste encore mille et une raison de suivre le Players Championship, avec son célèbre par 3 en île, son trou n°18 diabolique, et tous les rebondissements qu’offrent chaque année ce parcours à nul autre pareil…
©AFP / Getty images














