Après l’inoubliable final de l’an passé, le 90e Masters est parti très fort avec aux avant-postes, celui qui, il y a un an, est entré dans le panthéon du golf, Rory McIlroy. Le tenant du titre mène le bal aux côtés de Sam Burns. Dans des conditions bien plus difficiles l’après-midi, Justin Rose, le rival du Nord-Irlandais l’an passé, et le n°1 mondial Scottie Scheffler, se sont accrochés aux branches. La journée a été en revanche désastreuse pour les deux stars du LIV, Bryson DeChambeau et Jon Rahm.
De notre envoyé spécial à Augusta
« Ma main a un peu tremblé quand j’ai planté le tee du trou n°1. Mais c’est bon signe. Ça voulait dire que j’étais vraiment dedans. »
Rory McIlroy a retrouvé les bonnes vibrations d’Augusta ce jeudi matin et le tenant du titre a été à la hauteur du défi, alors que tous les regards étaient braqués sur lui. Le vainqueur 2025 a lancé d’une superbe manière sa quête d’une deuxième veste verte avec un 67 épatant, qui le place en tête du tournoi aux côtés de Sam Burns, un autre joueur qui a su profiter des conditions plus clémentes de la matinée.
Le Nord-Irlandais l’a reconnu lui-même, son début a été un peu poussif. « J’ai eu du mal à trouver les fairways jusqu’au 7. Et puis ça s’est enclenché », a résumé le n°2 mondial, précis wedge et putter en main pour aller notamment s’offrir une belle série de trois birdies du 13 au 15.
Le leaderboard complet
McIlroy est le premier tenant du titre à être en tête du Masters après le premier tour de l’édition qui suit depuis Jordan Spieth en 2016.
Son 67 est une vraie et belle performance, tout comme celui de Sam Burns. Car Augusta National, ferme à souhait, avec des greens ultra rapides, a d’entrée sorti les crocs.
Dans l’après-midi, alors que le parcours devenait encore plus ardu, on a bien cru que Justin Rose, son rival d’il y a un an, allait le rejoindre en haut du leaderboard. Comme un clin d’œil savoureux de l’histoire. Le vent s’est levé dans la journée. La chaleur a aussi compliqué la tâche des champions. Mais l’Anglais est décidément un amoureux des premiers tours du Masters. Il a longtemps figuré seul sur le podium provisoire à -4.
England’s Rose birdies No. 13 to reach four under par. #themasters pic.twitter.com/jhSOi3Y7DF
— The Masters (@TheMasters) April 9, 2026
Rose et Scheffler, les résistants
Par le passé, à cinq reprises dans ce tournoi, le vainqueur de l’U.S. Open 2013 a mené après le premier tour. Malgré deux bogeys sur ses deux derniers trous, c’est lui qui a rendu la meilleure carte de l’après-midi. Son 70 reste épatant. A 45 ans, Justin Rose chasse toujours avec un gros cœur une veste verte qui lui a échappé d’un souffle l’an passé mais aussi en 2017 quand Sergio Garcia l’a battu en play-off également.
« C’est un bon début, malgré ces deux bogeys à la fin, jugeait l’Anglais. Avec ces conditions, les trous du retour sont plus difficiles que ceux de l’aller, alors que d’habitude ici c’est le contraire. Si ça continue à sécher, la couleur des greens va changer… Ce n’est plus une veste verte qu’il faudra donner au vainqueur mais une veste jaune… »
Le casting de tête est aussi agrémenté par la présence dans le top 10 de l’ancien vainqueur Patrick Reed, de l’ex-n°1 mondial Jason Day et de l’actuel meilleur joueur du monde, Scottie Scheffler. Le boss du classement mondial était parti comme une bombe en début d’après-midi : -3 après 3 trous. Il n’avait jamais fait aussi bien à Augusta. A l’image de Rose dans le final, les choses se sont ensuite un peu corsées avec un putting en berne et Scheffler a dû se contenter lui aussi d’un solide 70 (-2).
On aurait aimé le voir peut-être plus près encore de McIlroy. Deux coups de moins et cette statistique devenait obsolète : jamais les deux grands rivaux n’ont figuré ensemble dans le top 3 d’un Majeur après le 1er, 2e et 3e tour. Ce sera peut-être pour ce 90e Masters. Peut-être dès vendredi soir si Scheffler profite d’un matin calme demain.
Les stars du LIV craquent d’entrée
Mais Scheffler est là et bien là, ce qui n’est pas le cas de quelques ténors qui ont perdu gros dès cette journée d’ouverture.
Les deux figures de proue du LIV, Bryson DeChambeau et Jon Rahm n’ont pas perdu toute chance de victoire, mais… pas loin. En dernière partie l’an passé avec McIlroy, BDC a perdu pied dans le bunker du 11. Triple bogey et à l’arrivée un lourd 76 (+4) qui l’a laissé livide et très tendu face à la presse. Quant à « Rahmbo », c’est son putting qui l’a complètement lâché. Ce fut un festival de putts courts ratés pour le Basque qui n’a pas signé le moindre birdie du jour. 78 (+6).
Ce score assez dingue pour l’un des favoris du tournoi… C’est quatre coups de plus que son compatriote de 60 ans, Jose Maria Olazabal. Augusta National est décidément un parcours à nulle autre pareil.
Ce parcours chef-d’œuvre ne pardonne décidément rien. Après seulement 18 trous, tous les joueurs du champ ont au moins commis un bogey. Un autre exemple de la difficulté du challenge ? Bob MacIntyre, l’un des outsiders du tournoi qui jouait en compagnie de Scottie Scheffler, a commis un horrible 80 (+8). Sans pitié on vous dit…
Le leaderboard
Photo Hector Vivas / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP















