Quelques jours à peine après que Bryson DeChambeau a publiquement évoqué sa chaîne YouTube comme obstacle potentiel à un retour sur le PGA Tour, le circuit américain s’apprête à assouplir ses règles en matière de réseaux sociaux. Une coïncidence ? Peut-être pas.
Le PGA Tour a passé la dernière année à mettre à jour ses règles sur les réseaux sociaux afin d’étendre les droits de contenu des joueurs, aussi bien les jours de compétition qu’en dehors des tournois. Les nouvelles règles ont été présentées mardi lors d’une réunion du sous-comité “fans” du conseil des joueurs (Player Advisory Council – PAC) au Truist Championship.
Une réunion qui s’est tenue en présence notamment de Rickie Fowler, Justin Thomas, Max Homa et Harris English. Le déploiement officiel des nouvelles règles auprès de tous les membres du Tour est attendu d’ici la fin du mois.
Ce qui change concrètement
- Les joueurs pourront désormais diffuser trois minutes de contenu créé sur site lors des jours de compétition, contre deux minutes auparavant.
- Après la fenêtre de diffusion TV d’un tour, ils pourront publier jusqu’à six coups par tour en images de diffusion, soit une minute de highlights au total, contre un seul coup précédemment.
- Les highlights pourront être publiés 72 heures après la fin d’un événement, avec un quota porté à huit minutes par vidéo (contre cinq) et 120 minutes au total sur une chaîne YouTube (contre 60).
- Il n’y a toujours aucune limite sur le contenu créé sur site lors des jours d’entraînement ou de pro-am.
Autre avancée significative : les joueurs ne sont plus obligés de transférer la propriété de leur chaîne YouTube au PGA Tour pour utiliser des images d’archives — une règle qui avait été décrite en interne comme une procédure administrative particulièrement contraignante.
DeChambeau, toujours un cas à part
Malgré ces avancées, un obstacle de taille subsiste pour un éventuel retour de Bryson DeChambeau. Les joueurs ne sont toujours pas autorisés à monétiser le contenu créé sur site lors des événements du PGA Tour.
Autrement dit, même si DeChambeau filmait une vidéo comme celle de sa série « Break 50 » lors d’un tour d’entraînement, il ne pourrait pas vendre d’espaces publicitaires. Or le double vainqueur en Majeur, fort de 2,7 millions d’abonnés YouTube, a bâti tout un écosystème de sponsors qui apparaissent régulièrement dans ses contenus.
Un modèle économique difficile à concilier avec les règles du Tour.
Le YouTube, nouvelle bataille du golf mondial
La révolution YouTube dans le golf professionnel est déjà bien amorcée sur le PGA Tour. Jason Day dépasse les 207 000 abonnés, Tommy Fleetwood les 134 000. Des chiffres encore loin des 2,7 millions de DeChambeau, mais qui témoignent d’un appétit grandissant des joueurs pour la création de contenu.
La politique de réseaux sociaux du PGA Tour existe depuis 2017 et a été révisée plusieurs fois. La dernière mise à jour majeure remontait à 2021. Ce nouvel assouplissement marque une prise de conscience du circuit américain : dans la bataille pour attirer les talents et les audiences, le contenu digital est devenu un argument de poids.
Le PGA Tour fait un pas vers ses joueurs-créateurs. Suffisant pour convaincre DeChambeau de revenir ? La réponse dans les prochains mois.













