Après le deuxième tour, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer fortement la préparation du PGA Championship 2026. Et non des moindres. Les n°1 et n°2 mondiaux, Scottie Scheffler et Rory McIlroy, n’apprécient guère le test de golf proposé par la PGA of America sur le parcours de Aronimink Golf Club jusqu’ici. Et cette préparation si rude a aussi un impact sur la vitesse de jeu.
« Les spectateurs n’imaginent pas à quel point c’est difficile ici », a soufflé Shane Lowry après un 76 (+6) frustrant. De l’avis de tous, c’est une surprise : le parcours proposé aux champions à Aronimink, dans ce PGA Championship 2026, ne ressemble à aucun autre Majeur récent.
Les deux leaders sont à -4. Le leaderboard est extrêmement resserré. Cette semaine, les joueurs parlent davantage de patience que d’attaque. Les approches terminées à dix mètres du trou sont souvent considérées comme excellentes.
C’est un combat, mais ça ne plait pas à tout le monde. A commencer par Rory McIlroy, qui a regretté la préparation. « Le leaderboard, avec tous ces joueurs qui se tiennent de si près, dit tout de la situation. On enchaîne tous les pars… Faire un birdie est très difficile, mais il est peu probable de faire davantage qu’un bogey. Il n’y a pas d’énormes dangers, c’est juste qu’il n’y a pratiquement pas d’opportunités d’attaquer. »
La plupart des positions de drapeaux étaient absurdes aujourd’hui.
Scottie Scheffler
Scottie Scheffler, lui, a carrément utilisé le mot « absurde ». « Aujourd’hui, la plupart des positions de drapeaux étaient, franchement, presque absurdes. Elles étaient placées tellement loin dans des zones où l’on ne s’attendait pas à les voir. Celle du 14, par exemple, est probablement l’une des plus difficiles que j’ai vues depuis très longtemps. Il y a aussi certaines choses qui échappent tout simplement à votre contrôle ici, avec ces roughs, ces bosses. C’est simplement… très compliqué. »
D’une certaine manière, ce deuxième Majeur de la saison est effectivement frustrant sur le plan du spectacle. D’abord parce qu’il n’y a que deux par 5, ensuite parce qu’aucun par 4 n’est ‘drivable’, que les roughs autour des fairways bosselés sont denses, et enfin et surtout parce que les greens présentent des pentes délirantes, entourés d’un gros rough affreusement pénalisant. Résultat, les joueurs sont très prudents sur les attaques de drapeaux, même avec un wedge. Et la PGA of America a effectivement choisi de placer les drapeaux dans des emplacements coquins lors de ce deuxième tour.
Mais si les meilleurs joueurs du monde sont frustrés, il y a d’autres qui trouvent intéressants de voir ces fines lames se battre pour ramener un par sur un tracé aux distances standards. Les avis sont relativement partagés. Mais la voix de McIlroy mérite d’être entendue.
C’est quoi, le temps estimé pour faire le par sur un trou sur ce parcours ?Justin Thomas
« J’ai toujours pensé que les très bons setups (préparation) permettent d’étirer le champ des joueurs, tandis que les setups moyens ont tendance à le resserrer. Et j’ai l’impression que c’est ce qui s’est passé ces deux derniers jours. »
Autre souci, le test demandé aux joueurs est si exigeant que la vitesse de jeu s’en est fortement ressentie. La journée a été très longue pour tout le monde et bon nombre de partie ont été averties par les arbitres. Dont celle de Justin Thomas qui n’a pas apprécié. « C’est compliqué parce que les arbitres se basent sur le temps que réclame de faire un par lorsqu’ils nous chronomètrent. Mais qu’est-ce qu’un “temps de par” ici ? Comment peut-il être le même sur ce parcours quand le vent souffle à 40 km/h et que les drapeaux sont extrêmement difficiles ? Est-ce que le “temps de par” change chaque jour ? Il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu. »
A plus d’un titre, ces deux premiers jours en Pennsylvanie ont donc été assez vexants pour les ténors. Mais sans doute qu’au cœur de la bataille ce week-end, ils oublieront toute leur frustration pour aller chercher un titre majeur. A coups de pars et de rares birdies.
Photo : JAMIE SQUIRE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














