Héros du fameux « miracle » de Medinah en 2012, vice-capitaine de Ryder Cup victorieux à Rome en 2023, Nicolas Colsaerts est avec Victor Dubuisson, vainqueur de l’édition 2014 à Gleneagles (Ecosse), l’atout majeur de l’équipe Est de cette première Coupe des Capitaines disputée du 11 au 13 juin dans les Landes.
Propos recueillis par Lionel VELLA
Il vient tout juste de ranger définitivement les clubs sur le DP World Tour avec à la mi-mai de très beaux « adieux » chez lui, en Belgique, au Soudal Open. Après 505 tournois étalés entre 1998 et 2026. Nicolas Colsaerts, 43 ans, c’est aussi et surtout trois succès au plus haut niveau, dont certainement le plus marquant au Golf National en octobre 2019, à l’Amundi Open de France. Commentateur sur le LIV Golf, le Bruxellois, adopté par le public et les golfeurs français, véhicule une sympathie contagieuse partout où il pose son sac. Ce sera encore le cas cette semaine dans les Landes pour cette première édition de la Coupe des Capitaines.
GOLF PLANETE : Le plus français des golfeurs belges va donc disputer la première édition de la Coupe des Capitaines. Est-ce une fierté pour vous de faire partie de cette équipe Est dirigée par Raphaël Jacquelin, votre capitaine, qui est aussi votre ami ?
Nicolas COLSAERTS : (Grand éclat de rires) C’est normal, non ?!? Je rigole ! Ayant vécu sept ans dans le Sud-Est, plus précisément à Monaco, c’était une évidence quelque part d’intégrer l’équipe Est.
G.P. : On imagine que vous n’avez pas mis longtemps pour valider l’invitation envoyée par les co-organisateurs de ce duel franco-français, Sébastien Vivé et Damien Grison…
N.C. : Oui, ça a été très vite. Quand on voit la liste des participants, et puis ces parcours dans le sud-ouest de la France… C’est pour moi la région emblématique du golf en France. J’ai passé pas mal de temps là-bas, notamment du côté de Biarritz. Ce sont trois tracés fantastiques. Bref, tous les éléments sont là pour un chouette événement. Et puis c’est toujours sympa de participer au début d’un tel tournoi. C’est cool pour nous tous de se revoir dans un cadre un peu plus en dilettante. Même si, quand on sera au tee du 1, on aura envie de se la mettre profond (sic) les uns et les autres (rires). C’est un vrai plaisir pour moi de venir prendre part à cette première édition.
G.P. : D’autant que cette formule en Match Play doit forcément vous rappeler de grands souvenirs de Ryder Cup, que ce soit à Medinah (Illinois) en 2012 en tant que joueur ou à Rome en 2023 en tant que vice-capitaine…
N.C. : C’est clair ! On n’a pas franchement l’habitude de jouer nous tous en équipe. Si vous posez la question aux meilleurs golfeurs français, un de leur plus fort souvenir en amateur sera très certainement la Gounouilhou. Quand on a 14 ou 15 ans, que l’on prend le bus avec tout le monde, ça fait un peu colonie de vacances. Et puis c’est toujours chouette de se retrouver sur le tee de départ du 1 avec quelqu’un dans un but commun. Et cela permet à certaines personnes qui jouent moins maintenant, comme moi par exemple, de pouvoir se dissimuler un petit peu plus facilement (rires)…
On a une belle carte à jouer puisque l’on a beaucoup de talents dans l’équipe, sans évidemment dénigrer l’équipe Ouest.
Nicolas Colsaerts
G.P. : Avez-vous déjà discuté avec Raphaël Jacquelin des stratégies à adopter, avec qui vous souhaiteriez être associé dans les parties de doubles ?
N.C. : Pas du tout ! Je n’en ai aucune idée. Je pense que c’est quelque chose qui se fera la veille autour d’un bon tartare-frites (rires). Plus sérieusement, je pense que les deux côtés vont faire ça convenablement. Certains ont des atomes crochus. De notre côté, dans l’équipe Est, on a quand même deux-trois gars qui jouent super bien. On a du Levy, on a du Langasque, sans oublier Dubuisson qui fait un méchant retour… Je pense qu’on a une belle carte à jouer puisque l’on a beaucoup de talents dans l’équipe, sans évidemment dénigrer l’équipe Ouest.
G.P. : Inévitablement, vous allez repenser à Medinah, à ce fameux fourballs avec Lee Westwood où vous aviez tout déchiré, non ?
N.C. : Oui, un petit peu… D’autant que nous sommes l’équipe qui comprend deux vainqueurs de Ryder Cup (avec Victor Dubuisson à Gleneagles en 2014). Ce n’est pas pour dire que l’Est possède un léger avantage mais on a quand même le pedigree Ryder Cup de notre côté. Dès que tu mets le même équipement que les autres, que tu arrives le matin où tout le monde est habillé pareil, tu joues en équipe avec quelqu’un, cela rappelle automatiquement des bons souvenirs, c’est certain.
J’ai grandi avec la télévision française. J’ai grandi avec le Club Dorothée, avec Nelson Montfort, avec Nulle part ailleurs…
Nicolas Colsaerts
G.P. : Avez-vous hâte de passer aux choses sérieuses, de retrouver aussi vos amis Grégory Havret et Raphaël Jacquelin ?
N.C. : Oui, bien sûr. Mais je pense aussi à Mike Lorenzo-Vera, qui est du coin et qui sera ravi de revoir tout le monde. Pareil pour Victor (Dubuisson)… Il a toujours un peu fait son truc de son côté mais, au fond de lui, je suis certain que ça va lui faire plaisir d’être assis à table avec la bande de rigolos, de parler d’anciens trucs ou de juste de passer du temps ensemble. Je pense que tout le monde sera content d’être là. Cela va se sentir, notamment auprès du public. On va avoir du beau jeu, l’ambiance sera, je pense, vraiment comme il faut. Qui n’a pas envie de suivre une partie avec Alex Levy qui glousse toutes les cinq minutes (rires) ? Je pense que ce sera trois jours remplis de sourires et ça peut être le début de quelque chose de très sympa !
G.P. : Comment expliquez-vous que ça a tout de suite « matché » entre la France, le public français, les golfeurs français et vous, au-delà de parler la même langue ?
N.C. : J’ai grandi avec la télévision française. J’ai grandi avec le Club Dorothée, avec Nelson Montfort, avec Nulle part ailleurs… J’ai toujours été au courant de ce qui se passait chez vous. Quand on vient d’un pays comme la Belgique où il y a trois cultures différentes (les Flamands, les Wallons et les Germanophones), on est un peu coincé entre tout. On est entre la France, les Pays-Bas, l’Allemagne… On représente un peu un melting pot de cultures et c’est ce qui fait aussi un peu notre force. C’est aussi pour cela que la majorité des artistes francophones font une très belle carrière en France. Parce que l’on voit peut-être les choses différemment. Voilà, tout ça a fait qu’il y a eu ce capital sympathique envers moi. Et puis il ne faut pas oublier que j’ai tout de suite été pris sous l’aile des Thomas Levet, Marc-Antoine Farry, Raph (Jacquelin), Greg (Havret)… C’était vraiment le noyau dur. J’ai donc été à bonne école au point de vue du golf tricolore.
G.P. : Et puis vous avez remporté en 2019 l’Open de France au Golf National, ce n’est pas rien. Cela a aussi marqué le public français…
N.C. : Gagner cet Open de France pour moi, c’est un truc qui est tombé du ciel. Je traversais une période très compliquée. J’ai fait pratiquement toute ma carrière sans Open de Belgique au calendrier, à part les six dernières années… J’avais deux Open nationaux qui étaient l’Open de France et l’Open des Pays-Bas. Mais c’est vrai que cette proximité avec le public français, le fait d’avoir un peu explosé au-devant de la scène au Trophée Lancôme en 2003, d’avoir eu des amitiés très fortes avec beaucoup de gens de chez vous, qu’ils soient de Paris, du Sud-Ouest ou dans le Sud-Est où j’ai habité pendant six-sept ans, je me considère vraiment comme un des vôtres. Et même si je ne vois pas tout le monde depuis un bon bout de temps, la mayonnaise prend assez vite comme l’on dit.
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














