63 ans après un autre Néo-Zélandais, Bob Charles, au Royal Lytham & St Annes en 1963, Ryan Fox, 39 ans, remporte le 154e The Open de l’histoire grâce à un finish de très grand champion et une carte ultime de 68 (-2). A -10, le Kiwi, fils de la légende All Blacks, Grant Fox, devance d’un coup Cameron Young (-9) et de deux un autre Américain, Sam Burns, seul leader la veille. Tenant du titre, Scottie Scheffler se contente de la 4e place à -7 avec le natif de Southport, Tommy Fleetwood. Seul Français ayant franchi le cut vendredi soir, Victor Perez prend la 28e place finale à -2.
L.V., au Royal Birkdale
Jean-Claude Forestier, le promoteur du Vaudreuil Golf Challenge sur l’HotelPlanner Tour, est un homme particulièrement heureux ! Après Aaron Rai au mois de mai au PGA Championship, il voit de nouveau un de ses anciens vainqueurs (en 2015) remporter le 154e The Open de l’histoire. A 39 ans, Ryan Fox soulève en effet le plus prestigieux des trophées de golf, la Claret Jug, à l’issue d’une journée complètement folle bouclée par un ultime birdie sur le pourtant redoutable par 4 du 18 du Royal Birkdale.
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Cette carte de 68 (-2) pour un -10 total, il ne l’a pas volée ! Le golfeur néo-zélandais succède ici à son compatriote Bob Charles, victorieux en 1963 au Royal Lytham & St Annes, situé un peu plus au nord de Southport, à Blackpool sur la côte ouest bordant la mer d’Irlande, qui sacre donc un joueur dont personne n’imaginait voir décrocher ce titre jeudi matin, à l’orée du premier tour.
Ryan Fox. Nerves of steel.
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That is how you win The 154th Open. pic.twitter.com/M6YxCYEuXA
Mais tellement méritée cette victoire quand on consulte les endroits où l’actuel pensionnaire du PGA Tour a construit son triomphe dans ce dimanche certes ensoleillé mais balayé par les vents, souvent contraires, sur des trous et des positions de drapeaux aussi compliquées les unes que les autres. Birdie au 13, au 14, au 16 et donc sur ce terrible 18 où seuls quatre joueurs avant lui avaient dans ce 4e tour trouvé la faille : Casey Jarvis, Robert MacIntyre, Alex Smalley et Tommy Fleetwood.
So close to a par from the bunker on 18 for Cameron Young.
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A 64 in the final round for the American sees him post the clubhouse lead at -9. pic.twitter.com/Ch99UdqRBF
Accusant deux coups de retard à l’entame de cette dernière journée sur l’Américain Sam Burns, en tête à -10, Fox est tout de suite passé à l’offensive en plantant une première banderille sur le 2, histoire d’installer le doute dans l’esprit du golfeur venu de Louisiane, présenté comme le grand favori après avoir aligné un 62 (-8) vendredi puis un 65 (-5) samedi.
On a pourtant bien cru que ces deux bogeys concédés au 9 puis au 11 allaient sceller le destin du fils de la légende des All Blacks, Grant Fox. Mais c’est mal connaître sa pugnacité et surtout sa résilience. Revenu d’abord au 13 à un coup de Cameron Young, en tête depuis longtemps au club-house avec son 64 (-6) d’anthologie (tout près de réussir un par de compétition au 18), Fox l’a rejoint au 14 avant de reculer d’une unité au 15 après avoir retrouvé sa balle collée à la paroi du bunker de green, l’un des lieux les plus inhospitaliers de ce par 70 si bien défendu. Qu’à cela ne tienne, le 16 est le trou tout trouvé pour reprendre confiance sur un putt de 3,15 mètres.
3,50 mètres qui changent une vie
Passée l’occasion au 17 de prendre seul la tête à -10 sur un putt de 2,80 mètres, il ne manque cette fois pas l’occasion de toute une vie sur le 18, sous les vivas d’une foule conquise, à 3,50 mètres de la cible. A 18h35 locale (19h35 en France), il devenait le « Champion Golfer of the Year ». 56e au classement mondial, il est le vainqueur de The Open le moins bien classé depuis Darren Clarke en 2011 (111e). Il est aussi le sixième golfeur – seulement – à remporter le British après avoir compté sept coups ou plus de retard à l’issue du premier tour. Jeudi soir, il pointait ainsi à la 85e place, à l’image de l’Américain Mark O’Meara, 62e ex aequo après 18 trous ici même à Birkdale en 1998. Magique !
Champion Golfer Scottie Scheffler off to the perfect start with a birdie on 1 following this approach. pic.twitter.com/q8BS5lcJKT
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Forcément, la déception est grande dans le clan US. Chez Cameron Young d’abord, qui a longtemps cru que son rush venu de l’arrière (il était 20e à sept coups samedi soir) serait suffisant, ou chez Sam Burns, si solide en apparence avant de passer complètement à travers en ne faisant pas mieux qu’un 72 (+2) lesté par trois bogeys consécutifs du 4 au 6. Ce dernier, finalement seul 3e à -8 ne sera donc pas le premier vainqueur à avoir réalisé un tour en 62 (-8), contrairement à Ryan Fox justement, propriétaire de cet exploit lors du Moving Day.
Pas de nouvelle victoire non plus en Majeur pour Scottie Scheffler, qui se contente d’une 4e place à -7 après avoir joué 67 (-3). Sa saison 2026 demeure toutefois exceptionnelle : 1 victoire et 6 tops 3 en 16 tournois pour 15 cuts franchis.
J’imagine que ce n’était pas ma semaine.
Scottie Scheffler
« Je me suis encore donné beaucoup d’opportunités aujourd’hui, résume le Texan n°1 mondial. J’imagine que ce n’était pas ma semaine. Non, j’ai vraiment bien rivalisé cette semaine. J’ai réussi à rester patient et j’ai très bien tapé la balle tout au long des quatre jours. Hier (en jouant 70) était peut-être le seul jour où je ne l’ai pas frappée aussi bien que je l’aurais souhaité. »
Lui aussi 4e, Tommy Fleetwood regrettera longtemps ce mauvais enchaînement 9, 10 et 11 avec autant de bogeys. Sans ces trois accrocs, le « local hero », auteur d’un 68 avec deux derniers birdies au 17 et au 18, se serait certainement immiscé dans ce duel pour la gagne.
A special moment walking up the 18th at Royal Birkdale in The 154th Open for Southport’s own @TommyFleetwood1. pic.twitter.com/O4Usmpol2v
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« Je ne suis pas quelqu’un de très émotif d’habitude, mais là, c’était fort. Ils ont été incroyables, souffle l’Anglais en évoquant l’accueil du public (ci-dessus) tout acquis à sa cause au 18. Quand on est enfant et qu’on rêve d’avoir un putt pour gagner l’Open, d’y participer ou de le remporter, c’est une chose… mais je n’aurais jamais pu imaginer une telle scène au 18, recevoir cette ovation et tout ce soutien cette semaine. C’est incroyablement précieux. Je sais à quel point j’ai une chance immense d’avoir pu vivre ça. »
BDC, fâché avec les journalistes
De ce dernier tour épique, on retiendra aussi la journée sans de Bryson DeChambeau, plombé par un triple bogey au 11 – on a cru sa balle perdue avant de finalement la retrouver – et un 72 rédhibitoire, suffisant pour refuser d’en parler une fois encore avec les journalistes en zone mixte. Ou la terrible fin de partie du Sud-Coréen Si Woo Kim, pourtant seul leader à -10 après deux birdies au 5 puis au 6 avant de s’écrouler sur le retour avec quatre bogeys sur les huit derniers trous.
Quant à Victor Perez, le seul Français à avoir franchi le cut vendredi soir, dans le très dur samedi avec son 73 (+3) et ses deux doubles notamment concédés, il a montré un tout autre visage dans ce dernier tour avec un solide 68 qui lui ouvre les portes du top 30 (28e à -2). On retrouvera le Tarbais du LIV Golf fin septembre au Golf National pour le FedEx Open de France !
Le leaderboard
Le leaderboard des Français
Photo : Oisin Keniry / R&A / R&A via Getty Images












