Alors que LIV Golf traverse une période de fortes incertitudes, son CEO, Scott O’Neil, assure vouloir tourner la page et dessine les contours d’une nouvelle version du circuit, davantage tournée vers ses joueurs.
LIV Golf aborde sa dernière étape de la saison dans un contexte pour le moins mouvementé. L’annulation du championnat par équipes prévu dans le Michigan a transformé de facto le tournoi organisé cette semaine près d’Indianapolis en finale du calendrier. Dans le même temps, des interrogations persistent sur la situation financière du circuit, plusieurs prestataires faisant état d’impayés, tandis que l’avenir de certains joueurs majeurs, à commencer par Jon Rahm et Bryson DeChambeau, reste incertain.
C’est dans ce contexte que Scott O’Neil, le CEO du LIV Golf, a voulu afficher un visage résolument optimiste. Face aux journalistes mercredi, il a surtout insisté, notamment dans un long monologue de plus d’un quart d’heure, sur la nécessité de dépasser les tensions qui ont marqué les dernières années du golf professionnel.
Today at LIV Golf Indianapolis, our 2026 season finale, CEO Scott O’Neil addressed the media and reflected on the League’s evolution, the vision for the next chapter of the League, and the opportunity ahead for the game of golf as a whole. pic.twitter.com/jATLjH5uiT
— LIV Golf Communications (@LIVGolfComms) August 19, 2026
« C’est le moment d’aller de l’avant, a rapidement déclaré le quinquagénaire. Remettons une fois de plus le jeu au premier plan. J’ai passé du temps ces dernières semaines à parler avec beaucoup de gardiens et de représentants du golf, et j’ai entendu une véritable envie de laisser derrière nous les frictions du passé. Je veux être très clair : c’est ce que veut le LIV Golf. »
Le golf n’a pas besoin qu’un seul Tour gagne et que tous les autres perdent
O’Neil a montré qu’il voulait mettre un terme à la guerre des circuits. « Le principe est simple : c’est “complete, not compete”. Le golf n’a pas besoin qu’un seul Tour gagne et que tous les autres perdent. Il existe de très bons circuits à travers le monde. Ils s’adressent à différents marchés, différents fans et ont des objectifs différents. »
Le dirigeant veut notamment voir les joueurs du LIV pouvoir évoluer davantage sur les autres circuits. « Nous pensons que les joueurs devraient avoir la possibilité de participer à ces différentes plateformes lorsqu’ils sont suffisamment bons et qu’ils renforcent les champs. Nous ne devrions pas vivre dans un monde où un groupe de golfeurs est particulièrement empêché de jouer ailleurs. »
Et de préciser : « Notre objectif n’est pas de remplacer ou de restreindre un circuit. Notre mission est d’apporter quelque chose de différent à l’écosystème, qui l’élève et rende l’ensemble du golf meilleur. Plus de marchés, de jeunes fans, une nouvelle génération de fans à travers le monde, plus de sponsors, plus d’opportunités pour les joueurs, plus de grand golf et, bien sûr, beaucoup plus de plaisir. »
Les joueurs bientôt propriétaires
Cette volonté de tourner la page doit se traduire par une transformation profonde du LIV Golf. Scott O’Neil travaille sur ce qu’il présente comme le « LIV 2.0 », avec un calendrier plus court, des dotations revues à la baisse et surtout une place beaucoup plus importante accordée aux joueurs.
« Ce prochain chapitre est fondamentalement différent. Nous construisons une ligue détenue majoritairement par ses joueurs, affirme-t-il. Pensez simplement à ce que cela signifie. Les joueurs ne jouent pas simplement pour le LIV Golf. Ils ont la possibilité d’en être propriétaires. Ils obtiennent des parts dans ce qu’ils construisent. Ils récupèrent la majorité de leurs droits commerciaux, et les équipes deviennent de véritables entreprises avec de véritables actifs. »
Pour O’Neil, cette évolution doit permettre de rapprocher les intérêts des différents acteurs : « Pour la première fois, les intérêts de la ligue et ceux des joueurs sont véritablement alignés autour de la création de valeur à long terme. »
Sur les modalités concrètes de cette nouvelle organisation, en revanche, le CEO est resté discret. Il n’a pas précisé la date limite pour finaliser l’arrivée du nouvel investisseur annoncé par le LIV et n’a pas confirmé le nom de BC Partners, un Fonds d’investissement anglais, régulièrement cité. Interrogé sur la possibilité d’une faillite, il a simplement indiqué qu’il n’écartait aucune option.
O’Neil veut garder DeChambeau
L’autre grande inconnue concerne les joueurs qui accompagneront cette nouvelle version du LIV. Bryson DeChambeau arrive notamment au terme de son engagement après le tournoi d’Indianapolis. O’Neil espère clairement conserver le champion américain.
« J’ai beaucoup d’affection pour Bryson. Je lui parle assez souvent. Il se soucie du golf mondial. Il se soucie de construire cette nouvelle génération de fans. Je ne pense pas que quelqu’un travaille plus dur que lui, sur ou en dehors du parcours. Bryson est devenu un bon ami, un bon ambassadeur de la ligue. J’espère vraiment qu’il sera avec nous pour la suite. »
Concernant les prestataires qui réclament encore des paiements, le dirigeant assure également vouloir régler la situation : « Je viens d’une famille d’entrepreneurs, d’entrepreneurs de petites entreprises, et je connais les difficultés que cela représente. Ce que je peux leur dire, c’est que nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire ce qui est juste pour eux et pour le travail qu’ils ont réalisé. »
Sur Jon Rahm, dont un départ est régulièrement évoqué, O’Neil n’a pas apporté davantage de précisions. Et lorsqu’on lui demande pourquoi croire encore à l’existence du LIV Golf en 2027, il répond par une formule qui résume peut-être mieux que toute autre son état d’esprit actuel : « Je suis béni par l’espoir et l’optimisme. »
À l’issue de cette conférence de presse, c’est peut-être ce qui ressort le plus clairement. L’optimisme du patron du LIV est intact, mais les garanties concrètes sur l’avenir de la ligue restent, elles, largement à construire, voire plus que jamais incertain…
©Montana Pritchard / LIV Golf











