Pour sa seconde tentative au British Open féminin, Shiho Kuwaki remporte le gros lot. Sa joie était clairement communicative lors de sa conférence de presse d’après victoire, où les questions de tous genres ont fusé. En toute simplicité mais avec une réelle sincérité, bien aidée aussi par un traducteur, la Japonaise ne maitrisant pas la langue de Shakespeare. Du moins, pas encore…
Qu’est-ce que cela fait d’être la championne ?
SHIHO KUWAKI : Je n’arrive tout simplement pas à croire que j’ai gagné et je suis remplie de bonheur et de gratitude pour tout ce qui m’arrive.
Vous avez rendu une carte de 69 pour vous retrouver à la 4e place ex æquo après 18 trous lors de l’édition de l’année dernière, mais vous avez ensuite raté le cut. Ce premier tour vous a-t-il donné de l’espoir et de l’encouragement sur votre capacité à jouer sur un parcours de type links cette semaine ?
S.K. : Oui, la dernière fois, le deuxième tour était extrêmement venteux. Le simple fait d’avoir dû gérer mon jeu sur le parcours dans des conditions aussi difficiles m’a vraiment aidée aujourd’hui et pendant tout le tournoi.
La ville de Yokohama vous a offert 125 kilos de riz en 2024. Je me demande combien il en reste.
S.K. : (Rires) Oui, j’étais très heureuse de recevoir cela et il n’en reste plus du tout.
Vous venez de la même région que Hinako Shibuno (vainqueur du British en 2019). A quel point sa victoire vous a-t-elle inspirée ?
S.K. : Même à l’époque où je jouais au lycée, elle m’a énormément soutenue et l’a toujours été. Elle me parle toujours chaque fois que nous sommes à l’étranger et sur des événements ensemble. Même avant aujourd’hui, elle m’a envoyé un message disant « joue bien aujourd’hui ». Le simple fait de l’avoir à mes côtés, presque comme une sœur, c’est tout simplement formidable et je lui en suis tellement reconnaissante.
Je sais qu’en termes d’apparence au Japon, et probablement ici aussi, je suis sans doute l’une des joueuses les plus extravagantes.
Shiho Kuwaki
Comment décririez-vous votre style de jeu ?
S.K. : Je ne fais pas partie des joueuses qui frappent le plus loin, mais j’ai l’impression que ma précision me permet de rivaliser, et c’est quelque chose dont je suis très fière.
Et en termes de mode vestimentaire…
S.K. : Je sais qu’en termes d’apparence au Japon, et probablement ici aussi, je suis sans doute l’une des joueuses les plus extravagantes (Ndlr, elle portait un sémillant polo de couleur verte très flashy), mais cela fait partie de ce qui me donne confiance et me rend heureuse. Et j’espère que cela a contribué à mon bon jeu.
Avez-vous eu vos parents et vos proches au téléphone depuis le dénouement de ce play-off ?
S.K. : Non, pas du tout. Je n’ai pas touché à mon smartphone depuis que j’ai terminé, en fait.
Pensez-vous qu’ils vous regardaient malgré le grand décalage horaire avec le Japon ?
S.K. : Je pense qu’ils me regardaient, et même mes amis me regardaient aussi.
Vous êtes l’une des seules joueuses de golf à utiliser une balle jaune sur le Tour. Est-ce quelque chose que vous avez toujours fait, et quelle en est la raison ?
S.K. : J’utilise une balle jaune depuis pratiquement mes débuts, et c’est parce qu’elle est facile à suivre du regard sur le parcours, facile à garder à l’œil.
Le simple fait de voir toutes ces opportunités arriver est vraiment très spécial, et je ne réalise pas encore tout à fait.
Shiho Kuwaki sur son avenir sur le LPGA Tour
Avez-vous eu déjà l’occasion de réfléchir à ce que cette victoire signifie en termes de participation aux tournois Majeurs pour les cinq prochaines années, quant à la possibilité de rejoindre le LPGA Tour, et à quel point cela va changer votre vie ?
S.K. : Oui, je prévoyais d’aller aux qualifications (Q-School) plus tard cette année, donc je n’ai plus à m’en soucier désormais. Le simple fait de voir toutes ces opportunités arriver est vraiment très spécial, et je ne réalise pas encore tout à fait.
Il y avait beaucoup de joueuses japonaises du LPGA Tour qui vous attendaient et vous regardaient au bord du green du 18. Qu’est-ce que cela a représenté pour vous de les avoir ici sur place pour célébrer avec vous ?
S.K. : J’ai l’habitude de les regarder à la télévision quand elles jouent ici. Les avoir là pour fêter ça avec moi, c’était un sentiment incroyable.
Qu’avez-vous pensé en voyant le putt d’Esther Henseleit rentrer et comment cela a-t-il changé votre façon de concevoir le play-off ?
S.K. : Mes mains tremblaient en la regardant s’avancer pour ce putt, mais je me suis dit dès la sortie du trou n°18 qu’il y aurait probablement un play-off, donc j’y étais préparée.
Comment allez-vous célébrer cette victoire ce soir, et au cours des prochaines semaines ?
S.K. : J’aime bien boire un coup et m’amuser. Donc, j’ai l’intention de bien boire ce soir. Je pense que ce sera un whisky soda.
Peut-on vous poser une dernière question sur vos ongles ? Une main a une couleur différente de l’autre. Y a-t-il une raison à cela ?
S.K. : C’est juste selon mon humeur. J’aime varier.
Photo : Charlie Crowhurst / R&A / R&A via Getty Images












