Le couperet est tombé. Trois jours après la fin prématurée de sa saison à Indianapolis, le LIV Golf a annoncé la suppression de la majorité de ses effectifs, soit plusieurs centaines de postes aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les salariés concernés quitteront l’organisation au début du mois de septembre. Une décision spectaculaire qui illustre surtout les souffrances d’un circuit qui, depuis quatre ans, vivait à crédit.
Lancé en 2022 avec l’ambition de révolutionner le golf professionnel, le LIV Golf a bénéficié d’un soutien financier hors normes du Public Investment Fund (PIF) saoudien. Plus de 5 milliards de dollars auraient été injectés dans le projet, permettant de recruter les plus grandes stars à coups de contrats et de primes spectaculaires.
Mais le modèle, on le sait, n’a jamais réellement trouvé son équilibre économique. Et au printemps, le PIF a décidé de mettre fin à son financement à l’issue de la saison 2026, estimant que cette importante dépense à long terme ne correspondait plus à ses priorités stratégiques.
Un signal d’alarme
Depuis, LIV cherche désespérément un nouveau modèle. Son patron Scott O’Neil assure travailler sur un « LIV 2.0 », plus compact et financièrement viable. L’idée serait notamment de réduire le calendrier à une dizaine d’épreuves et de faire davantage participer les joueurs et les équipes au capital. Un investisseur principal aurait déjà signé un accord, probablement le fonds BC Partners, mais rien n’est encore conclu. le LIV aurait besoin d’environ 300 millions de dollars pour assurer son avenir à court terme.
Le problème est que le temps presse. Le retrait du PIF a déjà provoqué une réduction drastique des dépenses : la dotation d’Indianapolis a été quasiment divisée par deux et la finale par équipes prévue dans le Michigan a été annulée. Plusieurs fournisseurs attendraient encore des paiements, tandis que l’hypothèse d’une faillite n’est plus totalement écartée.
La suppression massive de postes est donc moins une simple restructuration qu’un signal d’alarme. Le LIV 2.0 est peut-être encore possible, mais on peut en douter.














