Alors que plusieurs joueurs du LIV Golf négocieraient des invitations garanties et des exemptions avec le DP World Tour, plusieurs membres du circuit s’élèvent contre ce traitement jugé trop favorable. Eddie Pepperell (photo) parle même d’une véritable « trahison ». Golf Planète en a profité pour interroger certains golfeurs français sur la question. Ils sont favorables au retour des Livers, mais sous conditions.
L.V.
Le DP World Tour rouvre-t-il la porte à ceux qui l’ont claquée, et même des joueurs qui n’en étaient pas membres comme Charles Howell III ?
Today’s Golfer a révélé que plusieurs membres du LIV Golf seraient en train de négocier avec le circuit européen un accord garantissant un nombre précis d’invitations, à condition de ne pas signer pour le LIV 2.0. Selon Golf Digest, des joueurs et des agents évoquent même plus de dix exemptions potentiellement accordées à des Livers.
Luiten et Ferguson sortent les griffes
Joost Luiten avait ouvert le feu sur les joueurs du LIV qui « n’en avaient rien à faire du DP World Tour » et « veulent revenir et faire comme si rien ne s’était passé » après avoir « pris la décision de courir après l’argent ».
Ewen Ferguson a préféré l’ironie sur X : « C’est hilarant de voir que certains d’entre eux ont critiqué le circuit pendant si longtemps, sans jamais en dire du bien, et que maintenant, c’est la meilleure chose qui soit arrivée depuis l’invention du pain tranché et qu’ils ont l’impression de rentrer chez eux. »
Trahison me semble être le mot juste.
Eddie Pepperell
Ces propos ont été approuvés par d’autres vainqueurs de tournois du DP World Tour comme Richard Mansell, Jorge Campillo et Marco Penge.
Eddie Pepperell, qui vient de perdre sa carte pour une place seulement, n’y est pas non plus allé par quatre chemins dans sa chronique pour The Chipping Forecast : « Trahison me semble être le mot juste, a-t-il commenté. Je ne veux pas éprouver de ressentiment ni de mépris envers le DP World Tour, mais je crains que ce soit inévitable et que je ne sois très probablement pas le seul dans ce cas. »
Adrien Saddier a retweeté sa réaction avec ce commentaire : « Personne ne parle mieux qu’Eddie. »
Lee Westwood retourne sa veste, toujours de son côté
Lee Westwood, qui peut retourner jouer sur le DP World Tour après avoir réglé au début du mois de juin ses amendes, évoque la « situation délicate » dans laquelle celui-ci se trouve, et le risque de « donner des invitations à des joueurs qui n’ont manifesté aucun intérêt pour le circuit jusqu’à présent, sauf maintenant qu’ils n’ont nulle part ailleurs où jouer. »
Comme dans la chanson L’Opportuniste de Jacques Dutronc, il affirme que tout joueur bénéficiant d’une exemption devrait être libre de revenir car « le DP World Tour autorise ses membres à rejoindre un circuit concurrent et dispose déjà de 10 cartes à cet effet ; en revanche, ceux qui ne bénéficient pas d’une exemption devraient passer par les PQ comme tout le monde… »
Il est hors de question que certains bénéficient d’une année gratuite ou d’une invitation toute l’année. Ils n’ont, à mon sens, aucune légitimité.
Tom Vaillant
C’est justement l’avis de Tom Vaillant, 65e de la Race, et présent la semaine prochaine au premier rendez-vous des play-offs, à Abu Dhabi.
« Si les joueurs du LIV arrivent sur le Tour sans aucune catégorie de jeu, ils n’ont rien à faire sur le DP World Tour, prévient l’Azuréen. S’ils rentrent via une catégorie 10 en ayant accumulé les points suffisants pour figurer dans le top 100 de la Race, une catégorie 3 (ancien vainqueur de tournoi), la Career Money List comme Sergio Garcia ou Graeme McDowell voire le critère Ryder Cup, pour moi il n’y a aucun problème. Au contraire. Ce serait une excellente chose pour le DP World Tour de retrouver ces stars qui ont fait notre circuit. Pour les autres, ceux qui n’ont pas ou plus de catégorie sur le Tour européen, c’est non. Ils devront, s’ils le souhaitent, passer par les Cartes et redémarrer de tout en bas en essayant d’accrocher une catégorie. Pour moi, il est hors de question que certains bénéficient d’une année gratuite ou d’une invitation toute l’année. Ils n’ont, à mon sens, aucune légitimité. »
Un aspect économique crucial pour le Tour européen ?
Ce n’est un secret pour personne, le DP World Tour traverse une période difficile en termes économiques. Seule son alliance stratégique avec le PGA Tour lui permet de tenir. Mais l’arrivée de nombreuses « stars » du LIV Golf pour la saison 2026-27 qui débute le 26 novembre en Australie peut booster de nouveau le circuit né en 1972. Romain Langasque ne dira pas le contraire.
« Faisant partie du Comité (des joueurs du DP World Tour), il faut savoir que le Tour européen n’est pas en position de force sur l’aspect sponsoring notamment, souffle le Français. Le fait d’ajouter des noms comme Bubba Watson, Cameron Smith, Dustin Johnson, ça peut vraiment faire du bien au DP World Tour et ça peut le rendre plus indépendant économiquement parlant. Plus le champ de joueurs sera fort, au mieux ce sera pour le DP World Tour. »
Un avis que partage Ugo Coussaud, qui sera à Abu Dhabi la semaine prochaine, grâce à plusieurs défections de joueurs classés dans le top 50 de la Race.
« C’est bien qu’ils reviennent, juge le joueur de la Team St Laurent Golf. Surtout pour le Tour. Après, je trouve cette attitude un peu hypocrite de s’en aller il y a deux ou trois ans en déclarant que le LIV, c’est le paradis, et les voir revenir maintenant que leur Tour n’est plus aussi intéressant financièrement parlant. Mais bon, j’espère que le Tour européen va bien les utiliser. Ce sera aussi pour nous intéressant car ce sont des supers joueurs. Donc, je trouve ça plutôt positif. »
Photo : Luke Walker / Getty Images via AFP












