Et si la solution pour limiter les distances au golf n’était pas de modifier les balles ? Patrick Reed estime qu’il y a d’autres pistes à explorer et notamment celle qui consisterait à réduire le volume des têtes de driver.
Pour l’Américain Patrick Reed les drivers actuels pardonnent beaucoup trop les erreurs de frappe.
Alors que le projet de “balles bridées” continue d’alimenter les débats, Reed a une autre idée pour freiner l’augmentation des distances sur les circuits professionnels.
Interrogé sur l’opportunité de réduire les performances des balles ou de revoir les dimensions des têtes de drivers, l’ancien il n’a pas hésité.
Je pense que réduire la taille des têtes de drivers serait une meilleure solution.
Patrick Reed
Plutôt que d’imposer un recul des performances des balles, le vainqueur du Masters 2018 préférerait rendre le centrage de la balle sur la face du club beaucoup plus déterminant.
«Je pense que ce serait une meilleure solution. Évidemment, les joueurs frappent de plus en plus loin, mais les têtes de drivers sont aujourd’hui tellement grandes que les joueurs peuvent simplement swinguer de plus en plus fort. »
Des drivers devenus trop tolérants ?
Pour Reed, le problème ne réside pas uniquement dans la vitesse de swing des joueurs, mais dans la tolérance des clubs modernes.
Les têtes de drivers actuelles, dont le volume maximal autorisé est de 460 cm³, permettent de conserver une trajectoire relativement droite même lorsque la balle n’est pas parfaitement centrée.
« Aujourd’hui, il est presque impossible de vraiment rater une frappe avec un driver de taille normale. Même lorsque le contact n’est pas bon, la balle part encore relativement droit. »
Une évolution technologique qui encourage, selon lui, les joueurs à rechercher toujours davantage de vitesse, sans être suffisamment pénalisés lorsqu’ils manquent le centre de la face.
Redonner de la valeur à la précision
Reed ne souhaite pas empêcher les meilleurs joueurs du monde de swinguer à des vitesses impressionnantes. Il estime simplement que cette puissance devrait s’accompagner d’une exigence technique plus importante.
« Si vous voulez swinguer à 125 ou 130 miles* par heure, ou aussi vite que possible, il faut que la qualité du contact au centre de la face devienne primordiale. »
Sa proposition est donc simple : réduire le volume maximal autorisé des têtes de drivers, et éventuellement celui des bois 3, afin de rendre les frappes décentrées plus difficiles à maîtriser.
« Plutôt que d’essayer de modifier la balle pour qu’elle aille moins loin, réduisons la taille de la tête. Revenons à des drivers et des bois 3 beaucoup plus petits, pour que la qualité du contact et la capacité à frapper la balle au centre de la face redeviennent essentielles. »
Pénalisant pour les amateurs
L‘ancien joueur du LIV conclut son raisonnement par une remarque frappée au coin du bon sens.
« Nous sommes parmi les meilleurs golfeurs du monde. Il n’y a aucune raison pour que nous ne soyons pas capables de frapper la balle au centre de la face. »
La proposition de Patrick Reed aurait toutefois des conséquences différentes de celles du “rollback” envisagé par les instances dirigeantes et qui a récemment été repoussé.
En effet la principale interrogation reste une éventuelle différence de traitement entre pros et amateurs et ses implications pour l’industrie du golf.
*Soit des vitesses de tête de club comprises entre 201 et 209 km/h.












