Avec Alexander Levy et Matthieu Pavon, Mike Lorenzo-Vera avait été l’un des trois Français présents en 2017 au Royal Birkdale, lors de la dernière visite de The Open à Southport (Angleterre) avant cette 154e édition (16-19 juillet 2026). Le néo-retraité aujourd’hui âgé de 41 ans se souvient de ce baptême du feu en Grand Chelem.
L.V.
3e ex aequo le 2 juillet 2017 du HNA Open de France remporté par Tommy Fleetwood au Golf National, Mike Lorenzo-Vera avait grâce à ce résultat validé son ticket pour le 146e The Open de l’histoire programmé du 20 au 23 juillet au Royal Birkdale. Une grande première pour le Basque alors âgé de 32 ans, auteur d’un très solide début de saison sur le Tour européen avec une série de sept tournois consécutifs sans manquer le moindre cut et notamment deux top 10 enregistrés au Qatar fin janvier (4e) puis en Malaisie (7e le 12 février).
« J’étais arrivé le dimanche soir et j’avais mis les pieds sur le site le lundi matin, se remémore-t-il. Je me souviens de l’ambiance très particulière entre les joueurs. C’était un peu plus tendu les jours d’avant. Cela venait peut-être aussi de moi (rires). Tout le monde était un peu plus concentré que d’habitude, que ce soit au practice, ou lors des parties de reconnaissances. »
Il y a toujours un coup que l’on redoute à Birkdale, c’est le départ du 1
Mike Lorenzo-Vera
Quand on lui demande ce qui l’avait tout de suite marqué en découvrant ce par 70 long de 6 475 mètres, jouxtant la mer d’Irlande, la réponse fuse quasi immédiatement.
« Il y a toujours un coup que l’on redoute à Birkdale, c’est le départ du 1, un dogleg gauche (par 4 de 411 mètres). C’est un enfer quand le vent souffle de la gauche. Cela faisait des années qu’on voyait le truc, à la TV, sur internet… Donc, on était bien stressé au 1 car, en effet, si on agresse tout de suite ce trou, avec ce vent venant de la gauche, on peut vite finir hors limite à droite. Et si tu vas trop à gauche, tu te retrouves dans les buttes et là, t’es pendu. En fait, il faut taper un trait. Je me souviens avoir pris un fer, quitte à avoir un très long 2e coup à jouer ensuite. C’était pour moi la meilleure solution pour avoir l’espoir de jouer le green. »
C’est ça Birkdale. Tu as à première vue des trous assez faciles, certains en tout cas, comme le 3, le 11, le 12… Et d’un coup, tu t’aperçois qu’ils ont finalement posé des mines un peu partout.
Mike Lorenzo-Vera
Presque dix ans après, Mike Lorenzo-Vera a encore toute la topographie de ce links en tête. Il en garde globalement un bon souvenir. Malgré quelques trous très difficiles à appréhender. Comme par exemple ce par 4 du 6, long de 439 mètres.
« Celui-là, c’est un véritable animal qui se joue en par 4 alors que les membres le joue en par 5, signale-t-il. Le vent venait de la droite. Comme c’est un dogleg droit, le vent t’enlèves de ce dogleg. On ne peut pas trop couper. Et ensuite, on a 230 mètres plein face. Avec le temps qu’il avait fait, c’était loin d’être simple. Je pense que Bryson (DeChambeau) aura certainement un peu moins de distance que moi à parcourir (rires). Le 13 aussi était chaud (par 4 de 456 mètres). C’est là où Jordan Spieth avait fait n’importe quoi le dimanche en dernière partie (Ndlr, il avait joué son 2e coup depuis la zone de practice). Mais de façon générale, c’est ça Birkdale. Tu as à première vue des trous assez faciles, certains en tout cas, comme le 3, le 11, le 12… Et d’un coup, tu t’aperçois qu’ils ont finalement posé des mines un peu partout. Pour résumer, c’est un parcours accessible… avec des mines. Il y a aussi des trous monstrueux. Je pense au 18 (par 4 de 433 mètres). Lui, il est chaud. Le 1, le 6, le 13… C’est compliqué, quoi. »
Auteur d’un 75 (+5) en ouverture, Mike Lorenzo-Vera avait joué 70 (par) le lendemain, passant sur la ligne de cut fixé à +5. Alexander Levy et Matthieu Pavon, qui, lui aussi, jouait son premier Majeur, n’avaient pas eu cette chance finissant respectivement à +6 (71 et 75) et +12 (74 et 78).
« On avait eu plutôt de la chance en termes de météo, rappelle MLV. On avait eu beau temps. Mais on s’était fait découper par le vent le vendredi, plus particulièrement. Je crois que ce jour-là, il n’y avait eu que deux ou trois scores à -1 (Ndlr, huit scores sous le par dont la carte du jour, un 66 (-4) signé par Zach Johnson). Le dimanche après-midi, aussi, ça avait soufflé fort. J’avais joué le matin mais je n’avais pas réussi à capitaliser, jouant finalement 71 (+1). Le samedi, il avait fait beau toute la journée. Idem le dimanche matin. »
Le public est un vrai connaisseur. De toute façon, dès qu’on arrive en Grande-Bretagne, on peut taper un coup de fer 6 à 12 mètres du drapeau, un peu partout ce sera le silence mais là ils savent que c’est un p… coup de golf.
Mike Lorenzo-Vera
En prenant la 62e place finale avec un score de +6 après deux cartes de 70 (par) et 71 le week-end, Mike Lorenzo-Vera conserve de cette expérience un souvenir inoubliable. Même si par la suite il a pris part à six autres Majeurs échelonnés jusqu’à The Open 2021 au Royal St George’s. Oui, Birkdale 2017 tient une place à part dans son album à souvenirs.
« Pour moi, l’Open britannique, c’est le must, confirme-t-il, enthousiaste. Je n’ai jamais joué le Masters mais j’y suis allé deux fois en tant que spectateur. C’est impressionnant, c’est vrai, mais il y a quand même un truc qui se passe avec le British. Il y a ces espèces d’énormes structures autour de nous. On les voit à des kilomètres… L’organisation est énorme. Pareil pour le public. En plus, à Birkdale, ils sont tout le temps au-dessus de nous. Les gens sont sur les buttes et nous, on est en dessous. C’est extraordinaire. Les tees de départs nichés dans les buttes… Tout est parfait. On est traités comme des rois. Le public est un vrai connaisseur. De toute façon, dès qu’on arrive en Grande-Bretagne, on peut taper un coup de fer 6 à 12 mètres du drapeau, un peu partout ce sera le silence mais là ils savent que c’est un p… coup de golf. Parce qu’on ne peut pas faire mieux, parfois. Un coup de fer 6 à 170 mètres qui finit à 12 mètres du drapeau, c’est pas mal comme histoire (rires). Rien que le fait de sortir la balle du bunker, c’est excellent. Parce que certains d’entre eux, au British, sont immondes. Les gens savent, ils apprécient quand on fait un bon coup. Et forcément, cela créé une vraie relation entre eux et nous. »
Ses favoris pour 2026 ? McIlroy et Scheffler
« Un premier Majeur, surtout à The Open, c’est quelque chose qui restera toujours dans mon cœur, ajoute-t-il doucement. C’est gravé dans le marbre. Et puis il y a cette partie du vendredi. J’avais vraiment joué fort ce jour-là. Si j’ai le putter un peu chaud dans ce 2e tour, j’envoie le meilleur score avec 5 ou 6 points. J’avais fait une partie de grand jeu complètement folle. A Bethpage aussi, j’avais bien joué (Ndlr, PGA Championship 2019 où il finit 16e). Là-bas, lors du dernier tour, je passe de la 56e à la 16e place. J’avais fait -1 et j’avais tapé extraordinaire. Mais là, à Birkdale, avec les éléments en plus, avec cette tempête, j’avais réussi à sortir une partie de grand jeu totalement absurde. C’était génial. »
Quand on lui demande en guise de conclusion un petit pronostic pour ce 154e The Open, de retour neuf ans plus tard ici à Southport, il lâche instantanément deux noms : Rory McIlroy et Scottie Scheffler. « S’il fait beau, je pense que Rory peut faire très mal. Cela fait 3 semaines qu’il y ait. Et ça avait marché la dernière fois cette histoire (notamment au Masters en avril dernier). Comme d’habitude pour presque tous les Majeurs, je regarderai le dernier tour, le dimanche après-midi, à la télévision ! »
Photo : Gregory Shamus / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP












