En tête provisoirement du Memorial Tournament, Ryan Gerard assume un swing qu’il qualifie lui-même de « moche » mais qui est remarquablement efficace car plus simple et naturel. Carrément à la Ben Hogan, d’après son coach de longue date.
« Adam Scott tapait des balles à côté de moi tout à l’heure et c’est comme si nos swings n’appartenaient même pas à la même catégorie, explique Ryan Gerard dans la vidéo ci-dessous. Son swing, c’est comme la Joconde. Le mien, c’est plutôt un graffiti sur le flanc d’une rame de métro. »
L’Américain ne cherche pas à faire de son swing un tableau de musée. Avant même de le comparer à celui d’Adam Scott, il avait lâché cette phrase devenue culte : « On m’a dit que mon swing ressemblait à celui de Daniel Berger et Jon Rahm s’ils avaient eu une rupture d’anévrisme. »
“[Adam Scott’s] swing is like Mona Lisa. Mine’s like graffiti on the side of a rail car.”
— PGA TOUR (@PGATOUR) June 4, 2026
A deep dive from Ryan Gerard on why his “ugly” swing works … and works well. pic.twitter.com/XZy15i9f3m
Il n’est peut-être pas très attrayant pour la plupart des gens, moi y compris parfois, mais vous savez, on finit par s’attacher à son propre swing.
Ryan Gerard
« Pour moi, mon swing est très simple. Il est vraiment unique, ajoute-t-il dans la vidéo publiée par le PGA Tour. Il a plein de particularités un peu bizarres, mais pour moi, il est très régulier. Visuellement, il n’est peut-être pas très attrayant pour la plupart des gens, moi y compris parfois, mais vous savez, on finit par s’attacher à son propre swing. »
Son ancien entraîneur de longue date, Carl Lohren, s’offusque lorsqu’il entend qualifier son swing de peu orthodoxe : « Depuis trente ans, tous les joueurs ont été façonnés par un ordinateur, a-t-il déclaré à Golf Channel. Le swing de Ryan n’est différent que parce que je n’ai jamais modifié son swing naturel ; je me suis contenté de le rendre solide sur le plan technique. Si vous repensez à Sam Snead, Ben Hogan, Jack Nicklaus ou Arnold Palmer, vous pourriez dire la même chose d’eux. Ils avaient tous un swing unique… des swings naturels qui sont devenus techniquement solides parce qu’ils ont tapé beaucoup de balles et qu’ils avaient du talent. Donc, quand vous dites que le swing de Ryan est peu orthodoxe, c’est seulement peu orthodoxe parce qu’il est orthodoxe. C’est son swing. »
Plus une arme qu’un défaut
Quoi qu’il en soit, ce swing peu académique reste redoutable : Ryan Gerard est 10e dans la catégorie statistique Strokes Gained: Approach the Green cette année, preuve qu’en golf, la beauté n’est pas toujours synonyme d’efficacité.
Son coach insiste sur le fait que son swing dont la simplicité le rend facile à répéter et nourrit sa confiance. Le plus intéressant, c’est que le tableau que Ryan Gerard dépeint est une œuvre inachevée. « J’ai raté un nombre incroyable de fairways, et c’est tout simplement impossible de s’en tirer comme ça sur ce parcours pendant les 36 trous suivants. Je vais donc m’atteler à corriger ça », avait-il expliqué à l’issue du deuxième tour du Memorial Tournament.
Ryan Gerard n’essaie pas de faire du beau. Il essaie d’être bon. Et pour l’instant, cela fonctionne plutôt bien.
Photo : Jared C. Tilton / Getty Images via AFP














