Vaincre ce parcours de Shinnecock Hills était déjà un défi de taille (trois joueurs seulement ont achevé la semaine sous le par). Mais lutter également contre l’hostilité d’un public new-yorkais qui rêvait de voir Scottie Scheffler revenir dans le match, Wyndham Clark ne s’y attendait certainement pas. Pas avec cette force en tout cas. Mais le joueur de Denver est allé chercher au bout de lui même son deuxième titre à l’US Open. De quoi offrir un merveilleux cadeau de fête des pères à Randall, son papa, qui lui a fait la surprise d’être là sur le green du 18. Une nouvelle belle histoire comme le golf sait nous en offrir…
F.P.
Les nerfs solides, une gestion des émotions déroutante, une solidité à toute épreuve, la frustration de l’aller mise de côté… C’est homme est un roc ! Beaucoup auraient sombré, tant ce dernier tour fut un chemin de croix pour Wyndham Clark. Avec à l’esprit à coup sûr les larges succès de Tiger Woods en 2000 ou de Rory McIlroy en 2011 avec respectivement 10 et 8 coups d’avance au matin du dernier tour. Avec et peut être surtout à ses côtés la présence d’un Scottie Scheffler en quête d’un Grand Chelem le jour de ses 30 ans. Le numéro 1 mondial, véritable héros national. Et lui le joueur de Denver ? Quasiment considéré comme un joueur de Team Europe version Bethpage ? Et oui ! Quand l’ennemi vient de l’intérieur on ne le voit jamais arriver. C’est finalement une leçon que nous a donné le désormais double vainqueur de l’US Open…
« Retourne dans le bunker ! » C’est bien l’un des leurs que le public new-yorkais a harcelé et conspué ce dimanche le long des fairways et autour des greens de Shinnecock Hills. Certains d’entre eux ont d’ailleurs même été expulsés pour «comportement inapproprié ».
Transformer l’adversité en motivation
« J’ai l’impression que le foule ne m’aimais pas vraiment », lance Wyndham Clark avec douceur quelques instants après son sacre. « Mais peu importe, je comprends. J’ai fait des choses que j’ai regretté l’année dernière à Oakmont et que je n’aurais pas dû faire. Je me suis excusé. J’espère que c’est du passé. Je comprends aussi car Scottie pouvait boucler son Grand Chelem… mais il aura d’autres occasions. »
Le joueur du Colorado espère, qu’après avoir saccagé un casier après avoir manqué le cut à l’issue du dernier US Open à Oakmont, que le monde du golf lui a pardonné. « Je suis son entraîneur de swing, mais nous sommes tous humains, avoue son coach Pat Coyner. Il nous arrive d’être de mauvaise humeur, agités ou anxieux, et je le ressens. Mais je l’ai vu beaucoup mûrir ces derniers temps. »
Wyndham Clark a donc choisi la repentance. Lui qui se veut être désormais un homme différent. Une des clés de son succès ce week-end à Shinnecock Hills, mais pas que…
Bonne fête des pères papa. Je t’aime tant !
Wyndham Clark
Lui, l’amoureux de ce jeu. In love aussi de son nouveau putter, exceptionnel, qu’il a d’ailleurs gardé à la main jusqu’au recording. Cet outil magique synonyme d’une statistique folle d’un putt sur deux réussi à plus de 7 mètres. La moyenne sur le PGA Tour étant de seulement 12%.
« C’est génial ! Je n’ai pas joué mon meilleur golf, mais grâce à mon putter que j’aime tant, j’ai rentré des putts incroyables. Je me suis vraiment accroché tout au long du week-end. J’ai tellement souffert que la victoire est encore plus belle et intense. »
Et ce par 5 du 16, le trou de ses exploits. Deux deuxièmes coups très solides ce week-end et un putt fantastique lors de ce dernier tour qui lui donne deux coups d’avance. Mais c’est bien sur le green du 18 que Wyndham Clark va vivre « l’émotion de sa vie ». Emily, sa compagne, David Pelekoudas (son caddie depuis le mois de mars dernier), ses proches, son staff… et puis Randall, son père, l’invité surprise. « Il n’assiste pas à beaucoup de tournois. Il n’était pas là en 2023. C’est incroyable qu’il soit ici. Bonne fête des pères papa. Je t’aime tant. »
What a moment 🥹
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Father’s Day just got a little bit sweeter for Wyndham Clark. pic.twitter.com/tIbfPNUuan
Le premier vainqueur de l’US Open de bout en bout depuis Martin Kaymer il y à 12 ans (2014), a renversé la table après une saison 2025 totalement manquée. Le déclic ? En septembre dernier, Wyndham Clark a consulté Pat Coyner, directeur de l’enseignement du golf au Cherry Hills Country Club de Denver, dont il est est membre.
« Il essayait de se débrouiller seul », se souvient Coyner. « J’ai gagné sa confiance en lui disant que j’avais visionné des vidéos de ses meilleures performances, en 2023 et au début de 2024. Beaucoup de ces joueurs sont exceptionnels, mais ils rencontrent des difficultés lorsqu’ils s’éloignent trop de ce qui a fait leur succès initial. C’était donc ma stratégie avec Wyndham. »
Au fil de la saison, le joueur de Denver a progressivement gagné en autonomie. Coyner assiste généralement à un tournoi par mois et passe beaucoup de temps avec son joueur du lundi au jeudi. La progression s’est intensifiée ces dernières semaines.
WIRE-TO-WIRE FOR WYNDHAM! 🏆 🏆 pic.twitter.com/k7kvzfXzTS
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« Quand il maîtrise parfaitement son swing, il est redoutable. Et si on ajoute à cela son petit jeu et son putting, il peut redevenir un joueur du top 5 mondial. Au-delà, qui sait ? Mais je le vois comme un prétendant régulier aux plus grands tournois. Son potentiel est illimité, et il est aussi plus heureux en dehors des greens. »
Il est impossible de minimiser ce dernier point. Wyndham Clark reconnait d’ailleurs sans hésiter l’importance de son propre bien-être émotionnel.
Il a mûri et est devenu une meilleure personne
Pat Coyner, coach de Wyndham Clark
« Je l’ai vu assumer la responsabilité de certaines de ses erreurs passées et, au lieu de s’y complaire et de chercher des excuses, il a mûri et est devenu une meilleure personne. Il est très respectueux envers tous ceux qui l’entourent. Aujourd’hui, à 32 ans, il a les idées claires et il sait quel type de joueur il veut être, mais aussi quel type de personne il veut être. Je pense qu’il réussi désormais parfaitement dans les deux domaines. »
Le quadruple vainqueur sur le PGA Tour, qui a débuté chez les pros en 2017 après ses années à l’Université de l’Oregon, entre donc dans le cercle fermé des doubles vainqueur de l’US Open (25 joueurs).
Il a dû également surmonter des défis personnels, en premier lieu la perte de sa maman pendant ses années universitaires. Un drame dont il avoue s’être servi pour mettre en place sa détermination et sa résilience sur le parcours. Cette capacité à transformer l’adversité en motivation. Une des clés de son sacre ce dimanche à Shinnecock Hills…
Photo : Kate McShane / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














