Nous poursuivons notre série des conseils sur le comportement approprié à avoir sur le parcours en se penchant sur un phénomène bien connu par les golfeurs du monde entier : le mauvais jour. Les bogeys ou double bogeys s’enchaînent, votre score enfle et vous avez envie de partager à vos partenaires de jeu votre frustration et votre incompréhension. Scoop : il s’en fichent complètement.
« Je ne comprends pas ce qui m’arrive, au practice je tapais parfaitement. » Qui n’a pas entendu un jour cette phrase prononcée par son partenaire de jeu en galère sur le parcours ? C’est un classique.
Se plaindre de son jeu est humain, tout comme exprimer son incrédulité face au résultat peu probant après un swing que vous avez estimé parfait. Au-delà du plaisir, il y a une part d’égo dans le jeu de golf, y compris pour l’amateur à l’index autour de 36. Quand tout va bien, il est plutôt satisfaisant, quand on réussi un joli coup, de constater que son partenaire du jour apprécie la performance. Les félicitations font du bien. Mais elles sont, pour la plupart du temps, une pure formalité.
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Quand tout va bien, on apprécie naturellement le regard admiratif de ses partenaires après un drive plein fairway ou un putt rentré de six mètres. Les compliments font toujours plaisir. Mais, à vrai dire, ils relèvent souvent davantage de la politesse que d’une véritable fascination pour le coup en question.
Le golf n’est pas une science exacte
Car il existe une vérité que les psychologues du sport rappellent régulièrement : le golf n’est pas une science exacte. C’est probablement l’un des rares sports où un joueur peut produire une excellente carte un jour, puis perdre dix ou quinze coups dès le lendemain, sans avoir changé de swing, dans les mêmes conditions de jeu, avec les mêmes positions de drapeau. Les professionnels eux-mêmes en font l’expérience chaque semaine. Sur le PGA Tour ou le DP World Tour, il n’est pas rare de voir un joueur signer une carte de 64 avant de rendre un 76 le lendemain sur le même tracé, avec la même météo. Les champions ne sont pas immunisés contre les journées sans inspiration, les sensations perdues ou les putts qui refusent obstinément de tomber.
Les spécialistes de la préparation mentale, comme Bob Rotella, insistent d’ailleurs sur ce point : accepter cette part d’imprévisibilité fait partie intégrante du jeu. Chercher une explication à chaque mauvais coup ou à chaque mauvaise partie est souvent une perte d’énergie. Le golf récompense davantage la capacité à accepter qu’à comprendre.
C’est pourquoi il est inutile de ponctuer chaque trou d’excuses, de justifications ou de vaines interrogations techniques. Vos partenaires n’ont pas besoin d’entendre que votre grip s’est légèrement ouvert au départ du 7 ou que votre backswing semblait parfaitement en place la veille au practice (ou même une heure plus tôt).
En partie amicale, ce qui compte avant tout, c’est d’être un partenaire agréable. Gardez le sourire, intéressez-vous aussi au jeu des autres, évitez les jurons, les soupirs théâtraux ou les monologues sur votre swing. Une mauvaise journée de golf est beaucoup plus supportable lorsqu’elle est vécue avec légèreté.
Gardez le rythme, et… souriez
En compétition, où l’on joue souvent avec des inconnus, la priorité est encore plus simple : ne pas perturber leur partie. Votre score leur importe peu. Votre humeur encore moins. En revanche, ils apprécieront que vous respectiez le rythme de jeu, que vous restiez courtois et que vous ne transformiez pas chaque coup raté en séance de thérapie collective.
Au fond, personne n’observe vraiment votre putting, votre swing ou votre carte de score avec autant d’attention que vous-même. Chacun est bien trop occupé à gérer son propre jeu, ses propres erreurs et ses propres émotions.
Accepter cette réalité est finalement très libérateur. Vous n’avez pas à vous excuser d’être en difficulté. Vous n’avez pas davantage besoin de convaincre vos partenaires que vous valez mieux que ce que montre votre carte du jour. Jouez, avancez, gardez le rythme… et souvenez-vous que, demain, le golf pourra très bien vous rendre tout ce qu’il vous a pris aujourd’hui.
Photo Ken Ishii / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP











