Pauline Roussin-Bouchard, qui a fêté ce dimanche ses 26 ans, est une athlète de haut niveau qui aborde sa carrière de golfeuse professionnelle avec une grande maturité. L’actuel 108e joueuse mondiale met en avant l’importance cruciale de l’équilibre mental et personnel, en cherchant à jouer « selon ses propres termes » et à ne pas se laisser définir uniquement par ses résultats. Jouer à Évian est une expérience riche et intense pour la Drômoise, mêlant le plaisir du soutien du public français, le poids des souvenirs et un défi de taille.
Frédéric PLISSON, à Evian
Passer un moment avec Pauline Roussin-Bouchard est l’assurance certes de passer un bon moment, mais aussi d’aborder le jeu de golf de manière différente. Sans être détachée du résultat, celle qui a rejoint le LPGA Tour en 2022, poursuit cette semaine ici à Evian une saison de qualité. « Si ça ne vous dérange pas, ne me questionnez pas sur ce qu’a été mon début de saison. On est en plein dedans. On verra à l’automne… » Ok Pauline, on fait comme ça. On rappellera simplement cette superbe troisième place le 1er mars dernier au HSBC Women’s World Championship.
« Parce qu’il n’y a pas que le golf dans la vie. Bien que j’ai une forte envie de bien faire, je travaille constamment à ne pas laisser mes résultats définir ma valeur personnelle. Bien sûr que les contre-performances peuvent être moralement difficiles, mais l’essentiel pour moi c’est toujours la quête de l’amélioration et de la curiosité, plutôt que du résultat brut. »
L’épanouissement personnel, clé de la performance
La Drômoise affirme depuis quelques temps déjà qu’il est nécessaire d’être heureuse pour bien jouer au golf. « Je veux jouer selon mes propres termes et tracer mon propre chemin, sans tenter de correspondre aux attentes des autres. Cet équilibre est fondamental pour mon bien-être et, par conséquent, pour mon jeu. »
Comme les 131 autres joueuses du champ, Pauline Roussin-Bouchard se sent en famille à Evian, grâce à une organisation parfaite et au public français. Jouer devant les supporters tricolores qui lui transmettent une énergie incroyable est un plaisir à chaque fois renouvelé. Plutôt qu’une pression négative, cet atmosphère lui donne surtout envie de bien faire.
« Comme on passe la plupart de notre temps à l’étranger, Evian est une occasion spéciale de se rapprocher de notre public. Cette proximité m’aide à me nourrir de l’énergie positive des fans. »
Je passe mes nuits à jouer au golf
Pauline Roussin-Bouchard
Très à l’écoute de sa gestion mentale, la Drômoise met de plus en plus en avant l’ importance de son entourage. Le golf, qui est une quête de « perfection inatteignable », peut devenir mentalement envahissant, au point de l’empêcher de dormir. « Si je rêve du golf ? Mais je passe mes nuits à jouer ! »
Pour contrer sa tendance à sur-analyser, la joueuse de 26 ans s’efforce de simplifier son approche. Elle s’entoure de personnes, comme son caddie et ses coachs, au discours simple et clair, ce qui l’aide à mieux jouer.
«Mon caddie, Paul Kayser, c’est mon premier équipier, essentiel non seulement pour les aspects techniques du jeu mais aussi pour sa capacité à lire mon état psychologique et émotionnel. Ma famille joue également un rôle fondamental. J’ai appris à organiser mon temps pour que la présence de mes proches lors des tournois ne devienne pas une source de tiraillement entre mon travail et mon désir de passer du temps avec eux. Alors je les vois surtout lors des mes semaines off. Même s’ils seront bien sûr présents ce week-end.»
Evian est pour Pauline un lieu chargé de souvenirs personnels forts qui remontent à son enfance, lors des Haribo Kids Cup, où son père était sur son sac. Le tournoi a toujours été un événement marquant pour sa famille, même avant qu’elle n’y participe.
Un bon résultat à Evian demande un double effort
Pauline Roussin-Bouchard
Bien qu’elle ait envie de gagner ce tournoi, parce qu’il a lieu en France, « PRB » reconnaît que la richesse des souvenirs et des émotions associés à Evian en fait un challenge encore plus grand. « Un bon résultat à Evian demande un double effort par rapport à n’importe quel autre tournoi, en raison de tout ce qui se passe émotionnellement et mentalement pour mois ici. »
Et quand on lui parle de l’amour de ce jeu, Pauline Roussin-Bouchard a les yeux qui brillent. On l’a croisé ce mardi à l’Academy à l’issue d’une longue scéance d’entraînement. « Il est 15h, j’y suis depuis 07h30. Chacune de mes session d’entraînement a un but précis et n’est pas faite pour faire. L’objectif est d’accomplir des tâches spécifiques pour être satisfaite à la fin de la journée. Comme dans n’importe quel travail finalement. »
Le golf est son métier. Et elle le remet sur l’ouvrage dès ce jeudi pour le quatrième Majeur de la saison. Elle sera au départ du 10 pour son entrée en lice aux côtés de la Singapourienne Shannon Tan et de l’amateure américaine Kiara Romero.
Photo : Alex Slitz / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














