Victor Perez achève son 5e The Open sur une bonne note après avoir connu un Moving Day très difficile bouclé en 73 (+3). 28e avec un score total de -2, le Tarbais demeure toutefois lucide sur son classement et son jeu cette semaine à Southport. Il sera sur l’étape anglaise du LIV Golf dans quelques jours en compagnie de Bryson DeChambeau qu’il connait depuis la fac aux Etats-Unis. Le Français a également annoncé une bonne partie de son calendrier de rentrée avec plusieurs passages sur le DP World Tour, dont le FedEx Open de France à la fin du mois de septembre. En attendant, qui sait, de nouveaux éclairages sur la pérennité (ou non) du LIV Golf en 2027…
Propos recueillis par Lionel VELLA, au Royal Birkdale
GOLF PLANETE : Vous signez une dernière carte de 68 (-2) et vous jouez trois fois sous le par dans cet Open britannique. Le bilan de cette semaine est-il positif pour vous ?
Victor PEREZ : Avant toute chose, je tenais à m’excuser pour hier. Désolé ! (Ndlr, il ne s’est pas présenté en zone mixte) J’avais les boules. Après la partie, ce n’est jamais évident, surtout quand tu te bats toute la journée et que tu finis sur un double. Ce qui avait déjà été le cas sur le 8. Je l’avais comme ça (il met la main sous sa gorge). Je préfère le dire, ce n’est pas contre vous. C’était surtout contre moi… Pour répondre à la question, dans l’ensemble c’est une bonne semaine. Mais je ne pense pas que j’aurais pu faire beaucoup mieux, étant donné le jeu… J’ai quand même un peu galéré dans le long jeu. Même si c’était pas mal. Après, c’est un peu la loterie dans les roughs. Peut-être le jeu de fer aussi… Il y a eu du bon, du moins bon. Le chipping était plutôt bien, j’ai rentré quand même quelques putts aussi. Bref, il y a eu beaucoup de bons scores. -2 pour finir, je ne sais pas où ça va m’amener mais c’était peut-être un peu limite pour faire mieux aujourd’hui.
G.P. : Pourtant, les conditions étaient plutôt bonnes pour jouer bas ce dimanche, non ?
V.P. : Oui, elles étaient un peu meilleures, même si les drapeaux étaient chauds. Sur la fin du parcours, ils ont quand même reculé le départ au 15. D’ailleurs, je pense qu’il n’y aura pas un birdie au 15 aujourd’hui, ou très peu. Le drapeau au 14, il est dur. Au 16, il est au bord. Là, j’avais un putt pour birdie pas loin, je me retrouve avec 1,50 mètre pour par. Au 17, il est juste au-dessus. Et le 18, bon, il reste ce qu’il est, très difficile. Donc, la fin de partie est assez tendue avec du vent… Voilà. Je suis content, j’ai plutôt bien performé dans l’ensemble.
Dans tous les sports, il y a des gens qui sont un peu comme ça, différents, ils sont souvent mal compris du public…
Victor Perez au sujet de Bryson DeChambeau
G.P. : Quand on joue un tournoi comme ça, un Majeur, est-ce qu’on est concentré uniquement sur soi, sa partie, etc., ou est-ce qu’on regarde un peu tout ce qui se passe tout autour, notamment ce qui s’est passé avec Bryson DeChambeau ?
V.P. : The Open, c’est peut-être le seul tournoi de l’année où je regarde quand même beaucoup la télévision, parce qu’il y a toujours beaucoup de choses à apprendre quand on joue des links. On voit ce que les joueurs jouent, comment la balle rebondit, quelques putts, vu que la retransmission télé démarre hyper tôt. C’est facile de suivre. J’ai suivi l’incident de Bryson hier (vendredi soir). Je pense que tout le monde a suivi. Il m’est arrivé un petit peu la même chose au 18 avec un cas de ruling. On est obligé d’être un petit peu spectateur aussi du tournoi, ce n’est quand même pas l’usine, donc il faut quand même regarder un peu autour, se rendre compte où on est et apprécier un peu le tournoi aussi.
G. P. : Que pouvez-vous nous dire justement sur Bryson DeChambeau que vous côtoyez sur le LIV Golf ? Avez-vous des contacts avec lui ? Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?
V.P. : Je le connaissais avant qu’il soit celui que tout le monde connait aujourd’hui parce qu’on avait pas mal joué en amateur. On a joué à l’U.S. amateur l’un contre l’autre quand on était à la fac. C’est sûr que c’est un caractère mais il reste abordable. Je pense qu’il est peut-être un peu mal compris par beaucoup de gens, ce qui est souvent le cas avec les… Voilà, dans tous les sports, il y a des gens qui sont un peu comme ça, différents, ils sont souvent mal compris du public… Mais non, il est hyper approchable avec moi parce que je le connaissais aussi d’avant, peut-être que ça y joue un petit peu. Et puis surtout, c’est un super joueur. Il ne faut jamais oublier qu’il est golfeur avant tout
G.P. : Est-ce un personnage à part dans le monde du golf ?
V.P. : Je pense qu’il change, il est différent. Après c’est mon avis. Je pense qu’il y a beaucoup d’athlètes qui deviennent un peu stéréotypés et qui disent toujours les mêmes choses, et j’en fais un petit peu partie, même si de temps en temps j’essaie de me démarquer un peu, de dire un peu ce qu’on est censé dire pour ne pas que ça nous retombe sur le coin de la casquette. Lui, il est à l’opposé de ça. Il dit toujours ce qu’il pense, et je pense que pour le monde du golf et le monde médiatique, c’est top d’écouter ça.
On espère être mis à jour un petit peu de ce qui se passe dans les prochaines semaines pour 2027. Mais pour l’instant, on est en attente.
Victor Perez au sujet de l’avenir du LIV Golf
G.P. : La semaine prochaine, vous êtes sur l’étape anglaise du LIV Golf. Comment voyez-vous cette fin de saison sur ce circuit ? Que pouvez-vous nous dire sur toutes ces rumeurs qui circulent autour d’une éventuelle fin à l’issue de la saison 2026 ?
V.P. : Je vais prendre déjà deux jours de repos, essayer de calmer un peu tout ça… Cela fait trois semaines d’affilée que je joue… Je vais essayer de me reposer un peu et repartir jeudi. Après, on espère être mis à jour un petit peu de ce qui se passe dans les prochaines semaines pour 2027. Mais pour l’instant, on est en attente.
G.P. : Vous, quoi qu’il arrive, en ayant repris votre membership, vous serez sur le DP World Tour la saison prochaine…
V.P. : Oui, pour moi, c’est une situation un peu différente, vu que j’ai déjà cette carte assurée en Europe. J’ai fait quelques bonnes performances, je peux reprendre quelques points aussi ici à The Open. Il y a des tournois importants en fin d’année, donc je ne me fais pas trop de soucis sur l’Europe. C’est un bel endroit aussi à jouer si tout se passe mal, mais je ne peux pas en dire plus, il y a tellement de scénarios qui peuvent se passer.
G.P. : Serez-vous à l’Open de France au mois de septembre au Golf National ?
V.P. : Oui, j’ai prévu de faire la fin de l’année… Wentworth, l’Open de France, le Dunhill Links, l’Espagne… C’est l’objectif. Après, il y a la finale à Dubaï, en se qualifiant.
G.P. : Un mot sur Sam Burns, qui a connu ce que vous avez connu il n’y a pas si longtemps que ça, avec une paternité qui chamboule un petit peu tout. Il se retrouve en tête après trois tours…
V.P. : C’est presque un clin d’œil du destin. Il ne devait pas être là. Après, il ne faut pas oublier qu’il a fini deuxième à l’U.S. Open. Il a failli partir en play-off, donc il est quand même sur une phase où il joue très bien. Le fait qu’il est un peu plus relâché, un peu distrait aussi de la situation, ça peut aider. Mais ça serait forcément un beau vainqueur (Ndlr, itw réalisée avant la fin de ce 4e tour et la victoire de… Ryan Fox).
Photo : Adrian Dennis / AFP












