Mark Broadie, professeur à l’université Columbia et inventeur de la statistique Strokes Gained utilisée sur le PGA Tour, estime que les golfeurs amateurs font souvent fausse route dans leurs priorités d’entraînement. Pour progresser et faire baisser leur index, ils devraient avant tout améliorer leurs coups d’approche, leur wedging, sans pour autant négliger les petits putts.
Et si les amateurs ne travaillaient pas les bons compartiments de jeu ? C’est en substance le message délivré par Mark Broadie dans une émission de Golf Digest, intitulée « Ask The Expert ». Le professeur de l’université Columbia, connu pour avoir créé le Strokes Gained, cette statistique qui mesure la performance d’un joueur par rapport à une référence, a répondu à plusieurs questions sur les moyens de faire baisser les scores.
Sa première conviction est sans ambiguïté : les coups d’approche constituent le secteur dans lequel les golfeurs peuvent gagner le plus de coups. Et cela vaut aussi bien pour les professionnels que pour les amateurs.
Les coups d’approche, première priorité
Pourquoi les approches sont-elles si importantes ? Mark Broadie avance deux explications : les différences de niveau entre les joueurs sont importantes dans ce secteur et le nombre de coups concernés au cours d’une partie est élevé.
Il prend notamment l’exemple des coups joués à 150 yards (environ 137 mètres). C’est, selon lui, l’un des secteurs qui distingue le plus nettement un joueur scratch d’un professionnel du PGA Tour. À cette distance, les pros sont capables de placer leur balle beaucoup plus près du drapeau.
Pour un joueur à index intermédiaire, Broadie recommande donc de suivre précisément ses performances sur les coups joués entre 125 et 175 yards (environ 114 à 160 mètres). Son indicateur privilégié : la distance médiane qui sépare la balle du trou après ces approches. Une donnée simple à relever, qui permet de mesurer ses progrès et de se situer par rapport à d’autres catégories de joueurs.
Il rappelle également une idée reçue tenace : « Drive for show, putt for dough » (drive pour le show, putt pour l’argent). Selon lui, améliorer son putting ne permettra pas de passer son score moyen de 90 à 80. Environ deux tiers des dix coups gagnés proviendraient de l’amélioration des coups joués au-delà de 100 yards, contre un tiers pour ceux joués à moins de 100 yards.
Ne pas abandonner le putting, mais travailler les bons putts
Cela ne signifie pas que le petit jeu est secondaire. Mark Broadie identifie même un exercice trop souvent oublié par les amateurs : les putts entre trois et six pieds (environ 90 centimètres à 1,80 mètre).
Ces putts sont nombreux au cours d’une partie et leur réussite peut avoir un effet direct sur la carte de score. En les travaillant davantage, les amateurs peuvent réduire leur nombre de trois-putts et augmenter leurs chances de conclure un trou en un seul putt.
Le conseil est donc précis : plutôt que de multiplier les exercices de putting à longue distance, mieux vaut consacrer du temps à ces putts courts, dans toutes les directions autour du trou.
Le driver reste une arme à ne pas négliger
Autre enseignement de Broadie : frapper loin reste toujours un avantage. Il estime même que cet avantage ne disparaît jamais, y compris lorsqu’un joueur gagne encore 20 yards de distance par rapport à ses concurrents.
Mais il pose une condition essentielle : respecter les obstacles. Le choix du club au départ ne doit pas être dicté par une opposition systématique entre driver, bois 3 et hybride. Il faut avant tout éviter les balles hors limites, dans les bois ou dans des situations de récupération compliquées.
En revanche, lorsque le danger est maîtrisé et que le joueur est capable de conserver sa balle en jeu, Broadie recommande d’utiliser le driver dans presque toutes les situations.
Prendre des cours et mesurer ses progrès
Enfin, le professeur américain pointe une autre faiblesse fréquente chez les amateurs : le manque de travail structuré. Il estime qu’ils devraient prendre davantage de cours, mais pas uniquement sur le swing ou les fers. Les leçons consacrées au putting et au petit jeu sont également essentielles.
Sa recommandation est de s’appuyer sur des données concrètes pour identifier ses points faibles, puis de travailler avec un enseignant sur les secteurs les moins performants. En enregistrant ses coups avant et après les séances, le joueur peut ensuite vérifier si ses efforts produisent des progrès mesurables.
Le message de Mark Broadie est finalement assez simple : pour faire baisser son score, mieux vaut travailler ce qui fait réellement perdre des coups plutôt que ce que l’on aime le plus pratiquer. Et dans la plupart des cas, cela commence par les coups d’approche. Autour de 90-100 mètres de distance donc.












