Huit ans après la Ryder Cup 2018, Tommy Fleetwood retrouve cette semaine le Golf National à l’occasion de l’Open de France. Un retour forcément particulier pour l’actuel 9e joueur mondial, qui entretient une relation privilégiée avec l’Albatros, théâtre de plusieurs moments forts de sa carrière. Après avoir manqué le cut lors de ses six premières participations à l’Open de France, l’Anglais avait finalement remporté le tournoi en juin 2017. Seize mois plus tard, il y décrochait sa première Ryder Cup, avant de monter sur le podium olympique à l’été 2024.
Propos recueillis par Frédéric PLISSON, au Golf National
Il est l’une des grandes attractions de cet Open de France. Huit ans après son dernier passage, Tommy Fleetwood retrouve donc avec émotion le Golf National, un lieu qui occupe une place particulière dans son histoire. Mais derrière le champion, c’est surtout un homme d’une étonnante simplicité qui nous a donné rendez-vous ce mardi. Disponible, souriant, chaleureux… Le vainqueur de la FedEx Cup 2026 nous a accordé un entretien avec cette décontraction qui semble le caractériser : un champion immense, mais un homme profondément normal, humble et accessible.
GOLF PLANÈTE : Vous entretenez une relation historique et émotionnelle avec le Golf National. Est-ce une émotion forte de revenir ici ?
Tommy FLEETWOOD : Oh oui ! Ce sont des moments importants de ma carrière que j’ai vécus sur ce parcours, notamment ma victoire dans l’Open de France 2017, après avoir manqué le cut lors de mes six premières participations. Et puis ma première victoire en Ryder Cup, ainsi que ma médaille d’argent aux JO de Paris en 2024. L’Albatros m’a souvent porté chance. On peut dire qu’on entretient tous les deux une vraie histoire d’amour…
G.P. : Quelles sont les raisons de votre retour cette année à l’Open de France ?
T.F. : Le calendrier actuel du PGA Tour, qui s’étend de janvier à août, m’offre l’opportunité de revenir en Europe. L’Open de France s’intègre parfaitement dans une série de trois semaines comprenant également Wentworth et le Dunhill Links Championship la semaine prochaine. C’est donc un retour après une longue absence.
G.P. : L’Albatros vient de rouvrir après deux années de travaux. Quelles sont vos impressions sur les changements apportés au parcours ?
T.F. : J’ai joué le nouveau parcours. Les greens ont été refaits, avec des reliefs bien différents. Les nouveaux trous 4, 5 et 6 sont plus challenging. Le départ du 15 a été reculé et ce trou est encore plus difficile. J’apprécie le fait que, malgré certaines modifications, le parcours ait conservé son identité et ses célèbres quatre derniers trous.
Ma saison est bonne, peut-être même plus régulière que la précédente
Tommy Fleetwood
G.P. : Quel bilan faites-vous de votre saison jusque-là ?
T.F. : Je suis déçu de ma semaine dernière à Wentworth, où je n’ai pas passé le cut, mais j’estime que mon jeu dans son ensemble est bon et proche du niveau auquel il doit être. Je suis tout près de parvenir à tout mettre en place et de créer une dynamique positive pour bien terminer la saison. Ma saison est vraiment bonne jusqu’à présent, peut-être même plus régulière que la précédente. Je retiens avant tout mes 4e et 11e places à The Open et à l’US Open, ainsi que ma qualification pour le Tour Championship.
G.P. : Comment comparez-vous le PGA Tour et le DP World Tour ?
T.F. : L’atmosphère est différente. Sur le PGA Tour, les joueurs disposent de leur propre voiture, ce qui rend l’environnement plus individuel et plus dispersé. Sur le circuit européen, les joueurs partagent davantage les hôtels et les transports, ce qui favorise une ambiance plus collective. L’immensité des États-Unis permet d’avoir une routine très similaire d’une semaine à l’autre sur le PGA Tour, avec un mode de vie qui peut être reproduit dans chaque ville. En Europe, la diversité culturelle est beaucoup plus importante d’une semaine à l’autre… Londres, Paris, Madrid, par exemple. C’est vraiment agréable pour moi de retrouver ça.
G.P. : Et concernant le niveau de jeu ?
T.F. : Le niveau de compétition est élevé sur les deux circuits. Ma préparation et mon état d’esprit restent les mêmes, que je joue aux États-Unis ou en Europe.
G.P. : Rory McIlroy a dit qu’il irait à Dubaï. Êtes-vous inquiet par la situation géopolitique ?
T.F. : Je jouerai moi aussi à Dubaï, si, bien sûr, je me qualifie et si les tournois se déroulent comme prévu. J’y réside ! Lors de ma dernière expérience sur place, la situation était normale, sans perturbation liée aux événements mondiaux. J’ai vu que la rumeur évoquait que le sud de l’Espagne pourrait être un lieu de repli. Il faut être souple par rapport à d’éventuelles modifications du calendrier.
J’ai des liens personnels et professionnels très forts avec la France
Tommy Fleetwood
G.P. : Quel est votre avis sur l’évolution du PGA Tour et sur sa future formule à deux divisions ?
T.F. : Tant qu’un joueur participe aux plus grands tournois, les changements structurels des circuits sont moins préoccupants. Je considère que les structures précédentes étaient très bonnes, mais j’accepte que le golf évolue en fonction des retours des joueurs. Tant que je peux continuer à affronter les meilleurs joueurs du monde, je suis satisfait.
G.P. : On vous sent heureux de retrouver ce parcours, bien sûr, mais aussi la France…
T.F. : J’ai un emploi du temps très chargé cette semaine avec les entraînements. Je n’aurai hélas pas le temps de me rendre à Paris. Mais je connais bien Paris et j’ai un profond attachement à la capitale et à la région de Versailles. J’ai de nombreux amis en France et j’apprécie vraiment les moments que je peux y passer. J’ai des liens personnels et professionnels très forts avec la France.
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













