Même si certains chiffres ne sont pas officiels, le Masters est un événement sportif qui génère un business assez unique que l’on a tenté de résumer en cinq points. Parfois surprenants. Où l’on vous parle de gnomes, de gratuité et d’un club unique au monde.
0
Cela peut paraître impensable, mais les chaînes américaines qui diffusent le Masters, à savoir ESPN pour les deux premiers tours et CBS pour les deux derniers tours, ne paient absolument rien au tournoi pour avoir ces droits de diffusion. Zéro. C’est un cas totalement atypique dans le sport professionnel. En échange de cette gratuité, l’Augusta National garde un contrôle éditorial total (sur les images, les commentaires, les plages de publicité).
Les chaînes produisent donc le signal mais les coûts sont couverts via des sponsors sélectionnés par Augusta. Cet accord est atypique à tous égards : Augusta contrôle la production, limite le temps publicitaire à environ quatre minutes par heure (pour préserver « l’image » du tournoi), et sélectionne soigneusement une poignée de sponsors (parmi eux, AT&T, IBM, Mercedes-Benz, Rolex…) Chacun des sponsors officiels paie entre 15 et 30 millions de dollars par an.
Selon Forbes, le Masters pourrait valoir autour de 100 millions de dollars par an en droits TV aux Etats-Unis s’il les vendait sur le marché. Mais le club s’offre ainsi le maintien du prestige et de la rareté. Ainsi, les commentateurs américains se doivent de respecter les fameuses traditions du Masters, comme par exemple appeler les spectateurs des « patrons » au micro.
Les droits TV à l’ étranger sont estimés à environ 25 millions de dollars par an, ce qui reste une somme modeste. Ainsi, le contrat avec NBC / Golf Channel de l’Open britannique est estimé à environ 50 millions de dollars par an. La sélection des diffuseurs du Masters est stricte (Sky au Royaume-Uni, Canal+ en France).
Les produits dérivés ajoutent encore 50 à 70 millions de dollars, générés sur environ sept jours de vente. Les billets pour les spectateurs, la restauration et les licences internationales complètent le tableau.
Sur le chapitre de la gratuité des droits TV aux USA, il faut retenir ceci : Augusta National est une société privée à but lucratif. Ceci explique aussi cela…
497
En millions de dollars (soit 429 millions d’Euros), c’est le montant des ventes estimé par différentes publications business des… gnomes, le produit phare de la boutique officiel du Masters. Lorsque ces gnomes sont arrivés en 2016, ce fut un véritable raz de marée, un succès complètement inattendu même pour les organisateurs du tournoi. Qui ont stoppé les ventes en 2017 avant de les remettre au goût du jour en 2018.
Ces gnomes vendus à 29,90 dollars pièce (pour les plus petits) se sont vendus comme des petits pains, par des collectionneurs, par des fans. Car il change de design chaque année, ce qui rend leur attrait plus important. Cette année, certains auront un accessoire en plus, un parapluie.
https://x.com/TheMasters_ES/status/2036514573159719033?s=20
Le succès est tel que c’est sans doute la dernière année qu’ils seront présents dans la boutique officiel : l’Augusta National ne voit pas d’un très bon œil la prolifération de ces objets sur ebay ou d’autres plateformes de revente avec parfois des prix délirants (on parle de 20 000 dollars le gnome pour ceux vendus en 2016). D’autant que ce n’est pas, a priori, l’objet de plus représentatif du prestige des lieux…
Masters Gnomes are confirmed to continue to be a tradition again this year! Good luck waiting in line to get one😅
— David Lewis (@Golfer_USA) February 20, 2026
Rumors of a Gnome Mug this year👀
Will you be waiting in line for one this year?#masters #masters26 #gnome pic.twitter.com/FsSgtqJfz2
Le club s’inquiète aussi des files d’attente trop longues à la boutique provoqué par ces gnomes. D’autant que, là encore, contrairement à tous les autres grands événements sportifs, les produits officiels sont vendus uniquement sur place. Il n’existe pas de boutique en ligne. Un dernier chiffre sur le merchandising ? Il atteint selon les estimation 70 millions de dollars de chiffre d’affaires sur la semaine du Masters, ce qui est colossal pour un événement sportif.
8
C’est en milliards de dollars la valeur estimée de l’Augusta National (selon une enquête de Perfect putt) qui, évidemment, n’est pas à vendre… Cela place ce club ultra privé parmi les propriétés sportives individuelles les plus précieuses au monde, au-dessus de la plupart des franchises de NBA et de NFL par exemple. Augusta National génère chaque année entre 250 et 400 millions de dollars grâce au Masters (dont 30 millions de billetterie, avec là encore une volonté de ne pas chercher le profit à tout prix en limitant les spectateurs à 40 000 par jour pour que le prestige reste entier).
Le terrain de golf (130 hectares) est estimé à un peu moins de 100 millions de dollars. Les infrastructures : club-house, bâtiments, maintenance, équipements, valent autour de 10 à 20 millions $. Les collections et patrimoine historique sont difficiles à chiffrer, mais elles sont sûrement supérieures à une valeur de 50 millions de dollars.
Même en utilisant des calculs « conservateurs » basés uniquement sur les revenus du Masters, le club vaut, avec une prime pour l’exclusivité et le prestige des lieux, autour de 6 à 8 milliards de billets verts.
On ajoutera que le club compte environ 300 membres évidemment triés sur le volet. L’adhésion est sur invitation seulement et aucun membre ne peut vendre sa place. La liste des membres est gardée très confidentielle et les nouveaux membres sont choisis par le comité du club.
0,55
C’est en pourcentage l’estimation de chance d’être tiré au sort à la loterie de la billetterie (en savoir plus). C’est ainsi que sont attribuées les billets depuis 2012 puisque la demande est très supérieure à l’offre. D’autant que les billets journaliers ne sont pas si chers compte tenu de l’aura du tournoi : 140 $ pour les jours de compétition, 100 $ pour les jours d’entraînement.
Il existe aussi des badges de ‘patron’, des sortes d’abonnements à vie pour les quatre jours du tournoi. Mais ils sont presque impossibles à obtenir car transmis uniquement au conjoint survivant après le décès du titulaire et la liste d’attente a été fermée… en 1978.
©The Masters












