Après un 75 (+5) inaugural plutôt frustrant, Adrien Saddier a concédé un très lourd 77 (+7) avec notamment une terrible série de trois bogeys et un double pour boucler ce deuxième tour. A +12 total, le Français, qui retrouvait la compétition pour la première fois depuis le 2 avril au Valero Texas Open (PGA Tour), finit à huit coups d’un cut fixé à +4. Un premier Majeur sur le sol américain à oublier très vite pour le Haut-Savoyard.
L.V.
L’extrême difficulté du par 70 de l’Aronimink Golf Club, qui ne déparerait pas dans un U.S. Open, aurait pu profiter à Adrien Saddier quand il s’est élancé à 13h16 (19h16 en France) depuis le tee n°10. La matinée, fraîche et très venteuse, avait en effet martyrisé les premières parties et avec des conditions plus clémentes dans l’après-midi dans cette banlieue ouest de Philadelphie, on pensait que le Français pourrait tirer son épingle du jeu et ainsi combler son retard né la veille avec un très délicat 75 (+5).
Hélas, un premier bogey dès le trou n°11, certes dans le secteur le plus délicat du parcours, a tout de suite plongé dans le doute le seul représentant tricolore engagé dans ce 108e PGA Championship de l’histoire. Malgré un putting alors plutôt solide, il n’a pas réussi à éviter une nouvelle « sortie de piste » sur le par 3 du 17 après s’être égaré sur sa mise en jeu à droite de ce green ô combien piégeux. Bogey !
Ephémère embellie au 1
+2 après neuf trous, la qualification pour le week-end s’éloignait un peu plus encore. Dans ce décor très sombre, une seule petite éclaircie est pourtant intervenue sur le par 4 du 1 grâce à une splendide attaque de green plantée à 3 mètres du trou pour un birdie mérité dans la foulée.
Mais cette éphémère « embellie » a de nouveau cédé le pas à un troisième bogey, au 2 cette fois, avant une fin de partie – comme jeudi – cauchemardesque ponctuée par trois bogeys consécutifs du 5 au 7 et un double bogey sur le par 3 du 8 avec, au passage, un mauvais trois putts. C’est d’ailleurs putter en mains que Adrien Saddier a fini par craquer sur ce retour affichant au strokes gained putting (ci-dessous) un lourd -2,143 (36 putts dans ce 2e tour).
« A part la fin qui a été compliquée, il y avait encore pas mal de bons trucs, mais un peu à l’image de la saison, je morfle dès que je rate et je n’arrive pas à saisir les grosses occasions dès qu’il y en a, donc voilà c’est un peu lourd comme score, mais je ne suis pas à la dérive non plus, donc il faut juste que je patiente et que ça tourne un peu dans mon sens », résume le 9e de la Race to Dubaï 2025 du DP World Tour au micro de nos confrères de Canal+.
Là, dès qu’on est dans le rough ou dès qu’on est du mauvais côté du drapeau, c’est vite la bataille. Donc, oui, c’était hard quand on voit les scores.
Adrien Saddier au micro de Canal+
Adrien Saddier a voulu insister sur la difficulté du parcours cette semaine, bien plus compliqué de ce qu’il avait vécu pour ses grands débuts en Majeur en juillet dernier à The Open, au Royal Portrush.
« J’ai trouvé que le setup était plus dur que Portrush. Là-bas, j’avais été un peu surpris à quel point ce n’était pas très pénalisant alors que là, dès qu’on est dans le rough ou dès qu’on est du mauvais côté du drapeau, c’est vite la bataille. Donc, oui, c’était hard quand on voit les scores. Quand on voit que la tête est à -5 (Ndlr, finalement à -4 avec les Américains Alex Smalley et Maverick McNealy)… Ce n’est pas très bas. Le parcours avait l’air de rien comme ça mais au final, il se défend. Tout le monde s’est mangé les pieds dans le tapis. Donc voilà, gros parcours mais c’était plaisant de jouer quand même. »
Au Texas la semaine prochaine
Dommage. Vraiment dommage en effet que le Français, qui soufflait ses 34 bougies ce 15 mai, n’a pas eu cette possibilité de jauger son jeu de golf avant cette reprise dans un Majeur, lui qui avait dû déclarer forfait à la veille du Myrtle Beach Classic la semaine passée en raison d’un spasme soudain au dos.
Espérons pour lui qu’il aura d’autres arguments à faire valoir dans un mois à Shinnecock Hills pour l’U.S. Open (18-21 juin), un autre très grand test de golf sur l’un des parcours les difficiles des Etats-Unis. En attendant, il sera au Texas la semaine prochaine pour le CJ Cup Byron Nelson (10,3 millions de dollars de dotation).
Photo : Michael Reaves / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














