Alors que de violents incendies ravagent toujours la Gironde, la question du rôle que pourraient jouer certains golfs dans la prévention des feux de forêt refait surface. Un sujet développé par Sport Stratégies dans une analyse signée Alain Jouve, qui invite à dépasser les débats habituels sur la seule consommation d’eau des parcours.
L’idée n’est pas de présenter les golfs comme des remparts capables d’arrêter un mégafeu. En revanche, lorsqu’ils sont implantés à l’interface entre une forêt et des zones habitées, certains parcours pourraient constituer des espaces de rupture dans la végétation, ralentissant la progression des flammes et facilitant le travail des secours. Des sortes de pare-feux donc.
Avec leurs fairways tondus, leurs voies d’accès, leurs plans d’eau et leurs zones régulièrement entretenues, les golfs créent des discontinuités dans un paysage forestier continu. Ces caractéristiques peuvent offrir des points d’appui aux pompiers, à condition que ces infrastructures soient intégrées à une véritable stratégie de prévention.
Dans son article de Sport Stratégies, Alain Jouve qui évoque « un rempart intelligent » insiste sur un point essentiel : cette fonction ne peut être reconnue qu’en contrepartie d’une gestion exemplaire. Cela passe notamment par une réduction de l’utilisation de l’eau potable, le recours accru aux eaux recyclées ou stockées, un entretien spécifique des lisières, une gestion raisonnée de la végétation et une coopération étroite avec les services départementaux d’incendie et de secours.
Des parcours exemplaires stratégiques pour la prévention
L’auteur estime également que les golfs souhaitant revendiquer un rôle dans la prévention des incendies devraient faire preuve d’une transparence totale sur leur consommation d’eau, l’origine de cette ressource, leurs pratiques d’entretien et les moyens mis à disposition des secours.
Le débat est particulièrement d’actualité alors que les épisodes de sécheresse et les incendies majeurs se multiplient dans le sud de la France. Sans remettre en cause les interrogations sur leur empreinte environnementale, cette réflexion ouvre une nouvelle perspective : celle d’équipements sportifs capables, dans certains territoires et sous certaines conditions, de contribuer à la résilience face au changement climatique.
En France, les parcours sont pour la grande majorité engagés depuis plusieurs années dans des démarches de réduction des consommations d’eau et d’adaptation aux nouvelles contraintes climatiques.
Thibaut Durand / Hans Lucas (AFP)










