L’Europe et les États-Unis se retrouvent cette semaine pour la 20e édition de la Solheim Cup. Pour la première fois, le grand rendez-vous du golf féminin se dispute aux Pays-Bas, sur le spectaculaire parcours du Bernardus Golf. Anna Nordqvist, la capitaine européenne, n’hésite pas à mettre en avant le respect des supporters européens, et à condamner le patriotisme exalté.
Elle le dit haut et fort ! Outre sa soif de victoire, Anna Nordqvist souhaite avant tout que le golf féminin sorte gagnant de cette 20e édition de la Solheim Cup. Tel est le message de la capitaine européenne à l’approche de la compétition qui se tient cette semaine aux Pays-Bas, et où l’Europe tentera sur ses terres de reconquérir le trophée face aux États-Unis.
Les Américaines remettent donc leur titre en jeu après leur victoire 15,5 à 12,5 en Virginie en 2024, tandis que Nordqvist dirigera l’équipe européenne pour la première fois, après y avoir pris part à neuf reprises clubs en mains.
Un public européen plus sensible au beau jeu
Ayant vécu la Solheim Cup des deux côtés de l’Atlantique, la Suédoise estime que l’une des différences majeures réside dans la manière dont les supporters européens, plus respectueux, réagissent au beau jeu…
« C’est bien plus agréable de recevoir des applaudissements que de se faire huer », confie-t-elle. Elle garde un souvenir particulier de l’édition 2021, disputée à l’Inverness Club dans l’Ohio, où elle a affrontait Lexi Thompson lors du premier match des simples du dimanche. Si les deux joueuses ont finalement partagé les points et que l’Europe a remporté la compétition 15 à 13, Anna Nordqvist garde un souvenir marquant du public américain, très acquis à la cause de son adversaire, voir un peu plus…
« Il y a tellement de moments où j’ai l’impression que le golf n’est pas le grand gagnant, à cause des huées. Je me souviens qu’à Inverness, nous n’avions pas de supporters sur place. J’affrontais Lexi en simple. On ne voyait pas le green. C’était un par 4 atteignable en un coup… le public hurlait d’enthousiasme pour ses coups. Elle s’est retrouvée à une dizaine de mètres du green. Moi, je suis arrivée et j’étais à un peu plus de quatre mètres. Il n’y a eu absolument aucun applaudissement, voir même un public hostile. Ce moment est resté gravé. »
Même si ce soutien partisan contribue au caractère unique de la Solheim Cup, et même si ont est bien loin des ambiances « survoltées et trop souvent hostiles» de la Ryder Cup, le public européen reste, selon elle, plus sensible à la qualité des débats.
Le golf féminin doit sortir gagnant
Anna Nordqvist
« J’ai l’impression qu’en Europe, c’est agréable de… eh bien, si vous réalisez une belle action ou si les Américaines en font autant, eh bien, on applaudit », poursuit-elle. « Il ne s’agit pas de manquer de passion, mais de reconnaître que l’événement sert aussi de vitrine au golf féminin. Il faut dépasser ce patriotisme exacerbé – « c’est l’Europe avant tout » – car, au bout du compte, je considère que c’est le golf féminin qui doit en sortir gagnant. »
Elle a déjà prévenu des joueuses comme Nanna Koerstz Madsen et Esther Henseleit, qui disputeront leur première Solheim Cup à domicile, qu’elles devaient s’attendre à une atmosphère bien différente cette semaine. « J’avoue bien sûr que ce sera génial d’avoir le public de notre côté. Il y aura énormément de spectateurs pour nous encourager, et c’est assurément une sensation différente ».
Cette semaine c’est donc l’Europe qui aura le public avec elle, et Anna Nordqvist espère qu’elle pourra tirer parti de cet avantage pour reconquérir le trophée, tout en offrant au golf féminin une nouvelle scène pour briller.
Photo : David Cannon/Getty Images via AFP














