Un an après avoir vécu l’un des plus beaux moments de sa carrière, Jeong weon Ko retrouve cette semaine l’Open de France avec un nouvel enjeu majeur… Le Français aborde en effet cette 108e édition avec, en toile de fond, la nécessité de consolider sa situation au classement de la Race to Dubai pour conserver ses droits de jeu sur le DP World Tour en 2027.
Frédéric PLISSON, au Golf National
Il y a un an, Jeong weon Ko avait quitté l’Open de France avec un large sourire, malgré une victoire qui lui avait échappé pour un seul petit coup. À Saint-Nom-la-Bretèche, le Français avait signé la meilleure performance de sa carrière sur le DP World Tour en prenant la deuxième place, derrière l’Américain Michael Kim. Un résultat qui lui avait surtout permis de transformer sa fin de saison sous tension en un immense soulagement, car il avait assuré sa carte pour 2026.
« J’ai encore des supers souvenirs de cette deuxième place, nous a-t-il avoué ce lundi, avant de rejoindre le practice du Golf National. Je regarde des vidéos du tournoi de temps en temps. C’est toujours assez motivant… ouais, c’était un chouette moment pour moi. Concrètement, cette performance m’a permis de sécuriser ma carte pour de bon et de jouer à Abou Dhabi en fin d’année. Donc ça, c’était un gros plus. Ça a confirmé tout le travail que j’avais fait et ça a été épanouissant. »
Jamais je n’aurais imaginé avoir un jour un tel soutien
Jeong weon Ko
Dans son langage corporel, le joueur de 28 ans est encore habité par ces moments de grâce. Et ce soutien des supporters français résonnent encore en lui… « Jamais je n’avais ressenti cela. Jamais je n’aurais imaginé avoir un jour un tel soutien, et ça n’a pas de prix. C’est vraiment un souvenir de ouf. Deux semaines auparavant on était à Kildare où il y avait Rory qui jouait son tournoi et il avait eu un soutien de malade des Irlandais. J’avais vu ça avec envie et j’ai ressenti presque la même énergie de la part du public français quinze jours après. »
Comme s’il n’avait pas envie de se détacher de ses doux souvenirs… Pourtant, il faut bien revenir à la réalité qui est celle de nombreux joueurs du champ. Car douze mois plus tard, le scénario présente quelques similitudes pour le joueur du Golf de Bussy. Il revient sur son Open national avec un objectif qui dépasse largement la seule recherche d’une bonne performance : sécuriser une nouvelle fois sa place sur le DP World Tour pour 2027.
Une nouvelle règle qui change la donne
L’enjeu est d’autant plus important que les règles ont évolué cette saison. À partir de 2027, seuls les 100 premiers de la Race to Dubaï conserveront automatiquement une carte pleine, contre 110 auparavant. Les joueurs classés de la 101e à la 110e place bénéficieront d’une catégorie conditionnelle, avec un accès moins favorable au calendrier.
Chaque tournoi compte donc davantage. Et l’Open de France, avec les points distribués, représente une occasion particulièrement importante de faire un pas supplémentaire vers la sécurité. Jeong weon est pour l’instant si loin du Graal… à une inconfortable 170e place.
Une saison plus régulière à construire
Il avait lui-même identifié le problème à l’issue de la saison dernière. Après une année 2025 irrégulière, le Français expliquait vouloir modifier son fonctionnement, notamment dans la gestion de son calendrier et de ses périodes de récupération. Son objectif était clair : jouer moins, mieux se préparer et arriver plus frais sur les tournois importants. Mais le déclic tant attendu n’a pas eu lieu…
« C’est vrai que cette année je n’ai pas marqué de points. La saison est difficile, il y a eu pas mal de changements… le swing, le coach. J’ai commencé à mieux jouer depuis les États-Unis, mais je n’ai pas réussi à garder le fil et je me suis reperdu derrière. Ce n’est pas encore assez stable et donc au niveau jeu, ça fluctue encore pas mal. »
Dès à présent, la régularité est donc au cœur de son défi…
Je me mets trop de pression
Jeong weon Ko
« Je commence à avoir des bonnes séances d’entraînement. Je positive pas mal. On se dit que ça ressemble à ce qu’on veut faire et c’est plus une question maintenant d’arriver à emmener ça sur le parcours. Je pense que je me mets trop de pression par rapport aux années passée, où j’avais une positivité assez forte, qui me permettait vraiment d’aller chercher les tournois. Je sentais que j’étais imprenable. Cette année, c’est différent. »
Jeong weon Ko en est certain, les résultats passent d’abord pour lui par un détachement du résultat et par la possibilité de vraiment dérouler ce qu’il sait faire. Et il avoue aisément que ce manque de détachement est un facteur qui peut le faire déjouer. Qui peut polluer son jeu…
L’Albatros version 2.0, un vrai défi !
L’albatros se dresse donc devant lui. Un parcours remanié, repensé…
« J’ai hâte ! lance-t-il. Il est un peu plus difficile. Pas le 4, mais surtout le 5 et le 6. C’est un parcours compliqué. Généralement, je n’aime pas trop quand il y a beaucoup d’eau. Bon d’accord, j’ai appris à jouer un peu avec ça. On s’habitue un peu. Je me sens prêt ! Et la qualité du champ est énorme… Parmi les Open de France que j’ai joué, je crois que c’est le meilleur champ que j’ai vu. Il y a vraiment des grosses stars qui sont là. Franchement, c’est vraiment sympa de voir de gros noms faire briller notre tournoi national. J’ai hâte de peut-être jouer avec eux ce week-end. C’est un bon signe généralement quand on joue avec un très bon joueur. C’est qu’on a fait le taf ! »
Entre le plaisir de retrouver l’effervescence du public français et son besoin urgent de glaner de gros points, Jeong weon Ko repart à la bagarre cette semaine, en espérant que sa cinquième participation à l’Open de France occupe de nouveaux durant des mois ses rêves les plus enchanteurs…
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













