À l’aube du FedEx Open de France 2026, Antoine Rozner arrive au Golf National avec des repères intéressants. Depuis son retour à la compétition à la mi-août, le Français a enchaîné trois performances solides sur le DP World Tour : 13e au Danemark, 21e au British Masters puis 15e en Suisse. Une régularité qui lui permet d’aborder cette semaine avec confiance, alors que la saison européenne entre dans sa dernière ligne droite. Un moment particulier pour le Racingman qui, à domicile, pourra compter sur le soutien de ses proches venus l’encourager.
Propos recueillis par Frédéric PLISSON, au Golf National
Pour Antoine Rozner, le défi sera désormais de transposer cette dynamique sur l’Albatros, dont le tracé a été remanié avant le retour du tournoi au Golf National. Un parcours qui met notamment l’accent sur la précision depuis le tee et la gestion des zones à pénalité. Face à un champ relevé, emmené notamment par Tommy Fleetwood, Ludvig Åberg et Viktor Hovland, le Racingman a hâte de défier à nouveau un parcours qu’il connaît si bien. Entretien avec un homme serein, mais prêt à en découdre…
GOLF PLANETE : Antoine, c’est donc le retour du FedEx Open de France au Golf National. Vous allez avoir beaucoup de fans qui vont pousser derrière vous. C’est toujours une semaine particulière…
Antoine ROZNER : Oui, carrément. En plus, moi, je suis à la maison, je dors chez moi, donc c’est vraiment particulier dans une saison de pouvoir dormir dans son propre lit. Ça n’a pas de prix. J’ai hâte de jouer devant mes copains, ma famille, tous les gens qui me soutiennent. Donc j’espère pouvoir faire bonne figure et passer un bon moment.
G.P. : Avec, en plus, un super champ…
A.R. : C’est génial, on a des joueurs qui n’étaient jamais venus, Ludvig Åberg, Viktor Hovland. J’en ai oublié plein d’autres, sûrement. Mais non, ça va être exceptionnel. Un gros champ de joueurs et, dès les premiers jours, il va y avoir de très belles parties. La météo qui va être au rendez-vous, en plus…
G.P. : Un mot sur vos deux premiers tours avec ceux qui vont vous accompagner, Thomas Pieters et Manuel Elvira ?
A.R. : Ouais, avec Thomas et Manuel, qui a failli faire un gros coup la semaine dernière. Donc non, génial, je m’entends bien avec Thomas. On va parler un petit peu français. Je vais lui faire travailler son français, en tout cas… (Rires).
Il y a plein de gros coups à tirer sur ce parcours.
Antoine Rozner
G.P. : Quel est votre rapport avec ce parcours de l’Albatros, sur lequel votre meilleur résultat à l’Open de France fut un top 15 en 2022 ?
A.R. : C’est un parcours sur lequel je m’entraîne beaucoup. Sauf les deux dernières années, bien sûr… Mais c’est un parcours que j’ai joué des dizaines de fois. J’ai eu des expériences complètement différentes d’un Open à l’autre. J’ai joué la gagne en 2022, je suis complètement passé à côté d’autres fois. Je sais que c’est un parcours qui peut me réussir quand je suis bien dans mon jeu. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je vais essayer de faire de mon mieux. Il y a plein de gros coups à tirer sur ce parcours, donc il faut être prêt. Souvent, les marges d’erreur sont tellement infimes qu’on sait que ça peut se jouer à des détails, et ça va être le cas. Ça va se jouer sur quelques coups qui sont très importants, qu’il faut bien taper, qu’il faut réussir.
G.P. : Quel est votre avis sur les modifications apportées ?
A.R. : Le travail sur les graminées a été exceptionnel. Les greens ont été remodelés et roulent mieux. Le 5 est désormais très costaud, sur lequel il ne faut pas rater le fairway… et puis il reste encore un long club. Donc non, vraiment un très beau trou.
Un putting perfectible
G.P. : Comment qualifieriez-vous votre saison ?
A.R. : Ma saison est assez particulière parce que j’ai fait 3 top 10 et 4 top 15. Donc c’est une bonne saison d’un point de vue des résultats. Le seul truc qui m’a clairement manqué cette saison, c’est dans les gros tournois. J’ai manqué tous les cuts en Rolex Series, idem d’un coup au British. L’Irish Open, ça s’est mal goupillé. J’ai joué sous la pluie le premier jour, j’ai beaucoup galéré. La semaine dernière à Wentworth, je suis tombé malade. Donc voilà, c’est une saison un peu bizarre. Pour l’instant, je ne baisse pas les bras. Il me reste encore quelques tournois, quelques gros tournois, donc on sait que ça peut vite tourner. Donc voilà, je me sens quand même bien dans mon jeu, je tape super bien la balle, un peu moins bien au putting en ce moment, mais voilà, on sait que ça peut vite tourner.
G.P. : L’envie de retrouver le PGA Tour est-elle toujours là ?
A.R. : Je ne me ferme aucune porte, bien sûr. Mais je suis assez réaliste sur cette saison. Ça va être compliqué, mais oui, j’ai forcément envie d’y retourner.
G.P. : Parlons de votre relation avec votre équipementier. Évidemment, Callaway, Odyssey… et la fidélité à un sponsor également, Golf Plus, avec qui vous êtes toujours. Ça a vraiment du sens pour vous ?
A.R. : Oui, c’est une partie intégrante de notre métier. On a besoin de partenaires, de sponsors et on a la chance d’avoir accès à des clubs incroyablement performants. C’est essentiel d’avoir des partenaires qui nous sont fidèles et qui nous aident à pouvoir progresser, à financer nos saisons et à aller chercher les meilleurs résultats possibles. Donc il faut savoir être reconnaissant envers eux, il faut savoir leur rendre ce qu’ils nous offrent.
Je suis un compétiteur dans l’âme… j’adore bosser, m’améliorer, progresser.
Antoine Rozner
G.P. : Comment ça se passe au niveau du renouvellement de votre matériel ? C’est un travail au quotidien ?
A.R. : C’est un travail semaine après semaine parce qu’on est toujours en train de peaufiner nos réglages. Parfois, il y a des semaines où on va devoir changer un petit peu de bounce sur un sandwedge, peut-être de loft sur un putter, peut-être sur un driver. On a besoin de balles qui roulent un petit peu plus quand on va en Écosse, par exemple. Donc ça, c’est vraiment un boulot qu’on fait régulièrement, toutes les semaines. On a la chance d’avoir les camions qui sont présents du lundi au mercredi sur chaque tournoi. C’est une chance inouïe parce que je vois des collègues qui sont sur d’autres circuits et qui n’ont pas forcément accès à ces choses-là.
G.P. : Avez-vous du mal à lâcher vos clubs, à passer à un matériel différent ?
A.R. : En fait, on a la chance d’avoir des experts dans leur domaine et le changement se fait hyper facilement. J’ai eu un très bon feeling avec les clubs Callaway, et quand je les ai rejoints, ça s’est fait d’une simplicité vraiment très agréable parce que j’ai eu de la performance d’entrée, avec un top 10 dès ma première semaine avec mes clubs.
G.P. : Pour conclure, êtes-vous un golfeur heureux ?
A.R. : Oui, mais je suis surtout un golfeur compétiteur. J’adore la compétition. J’adore bien jouer, faire de bons résultats. On voit souvent cette notion de prendre du plaisir sur le parcours, mais moi, je prends du plaisir quand je joue bien. Voilà, je suis un compétiteur dans l’âme et j’adore travailler, bosser, m’améliorer, progresser. C’est vraiment ce qui me motive. Et quand ça va un peu moins bien, c’est là où ma fille, qui est arrivée en début d’année, prend le relais…
Photo : Stuart Franklin / Getty / AFP













