Qualifié le 30 juin dernier sur 36 trous au Royal Cinque Ports (Kent) lors des finales organisées sur quatre sites différents, Antoine Rozner affiche un excellent trois sur trois à The Open. Trois cuts franchis avec en exergue une solide 20e place à Liverpool en 2023. Il sait comment aborder ces links si particuliers. On tient peut-être ici une des meilleurs chances françaises cette semaine au Royal Birkdale.
Propos recueillis par Lionel VELLA, au Royal Birkdale
GOLF PLANETE : Pourquoi était-il hors de question pour vous de manquer ce rendez-vous au Royal Birkdale ?
Antoine ROZNER : C’est un tournoi que j’adore. Et c’est pour ça que j’ai fait cet effort d’aller faire les qualifs, parce que je sais que je peux bien performer sur les links. Je sais que ces qualifs sur ces links-là me plaisent bien, donc je me suis un peu mouillé le maillot, comme on dit, et je suis parti faire ces qualifs. C’est assez épuisant, mais ça en vaut largement le coup.
G.P. : D’autant que ce n’est pas la première fois que vous vous qualifiez via ces 36 trous en une journée…
A.R. : Tout à fait. Et c’était déjà au Royal Cinque Ports (en 2023). C’est un parcours que j’aime bien. C’est dommage car c’était la dernière année où ça se joue là-bas. J’ai appris qu’ils allaient l’année juste à côté, à Prince’s. Mais bon, comme je disais, j’adore jouer sur les links. Il faut être créatif, il faut être stratégique, judicieux, et c’est le genre de choses que j’aime.
Je me débrouille plutôt bien dans l’acceptation du mauvais rebond, dans le fait de gérer ces moments un peu durs qui arrivent à tout le monde sur ces parcours.
Antoine Rozner
G.P. : The Open, c’est aussi des bons souvenirs pour vous. Vous n’avez jamais manqué un cut en trois départs et, surtout, vous détenez le meilleur résultat d’un Français depuis la 9e place de Victor Dubuisson, en 2014, déjà à Liverpool. Comment expliquez-vous cet attachement à ce style de jeu ?
A.R. : On est moins dans du target golf. Là, on est dans la créativité. J’aime bien faire des trajectoires, gérer les hauteurs de balle, gérer les points de chute. Et puis je me débrouille plutôt bien dans l’acceptation du mauvais rebond, dans le fait de gérer ces moments un peu durs qui arrivent à tout le monde sur ces parcours. Je pense que ça me convient plutôt bien. Et puis il faut arriver un peu à baisser son niveau d’exigence sur ce genre de parcours, et jouer stratégique, et ça me convient pas mal.
G.P. : Que pouvez-vous nous dire sur vos premières reconnaissances ?
A.R. : Le parcours n’est pas simple, même s’il est très sec. Cela roule beaucoup du départ. Les roughs sont très secs. Ils ne seront pas trop pénalisants. Mais il faut quand même taper des bons coups. Il y a beaucoup de doglegs, et on joue beaucoup de vent de travers, donc ce n’est pas simple à gérer. Il y a aussi beaucoup de bunkers en jeu, avec plusieurs options de jeu. Il faudra justement être assez clair dans son plan de jeu. Non, ça va être une belle bataille, malgré tout, même si les roughs ne sont pas hyper pénalisants.
G.P. : Jon Rahm a signalé que la clé cette semaine, ce sera le vent. Vous êtes d’accord ?
A.R. : Oui, il va falloir le gérer. Ça va souffler ce qu’il faut. Je crois que ça ne va pas être tempête, mais comme je disais, il souffle tout le temps de travers, donc ce n’est pas simple à gérer. Même ici, sur les links, on est tellement exposés que quand c’est un 20-30 km/h de vent de face, ça affecte énormément la balle, donc c’est ce genre de choses qu’il faut bien négocier.
C’était amusant de jouer avec le numéro 1 mondial qui domine le golf depuis maintenant quelques années. On a, je pense, nous, 2-3 trucs à apprendre.
Antoine Rozner
G.P. : Et les greens, comment les avez-vous trouvés ?
A.R. : Ils sont plus souples que les fairways en tout cas, ça c’est certain. Ils sont obligés de les arroser, sinon ils auraient grillé et ça aurait été injouable. Maintenant, ça rebondit quand même. Il faudra bien gérer ses points de chute. C’est certain que c’est plus souple que lors des dernières années mais ça reste quand même assez technique.
G.P. : Racontez-nous cette partie de reconnaissance ce matin avec Scottie Scheffler et Sam Burns…
A.R. : En fait, Scotty avait besoin de 2-3 conseils. Du coup, il m’a demandé s’il voulait jouer avec moi. Non, plus sérieusement… (rires). J’étais inscrit avec Adrien (Saddier) le matin et on était tous les deux dans la partie. Et on a vu hier soir que Scotty s’était inscrit avec nous et son pote Sam Burns. Donc nous, c’était la bonne surprise. Voilà quoi. C’était amusant de jouer avec le numéro 1 mondial qui domine le golf depuis maintenant quelques années. On a, je pense, nous, 2-3 trucs à apprendre. Donc non, c’était super.
G.P. : De quoi avez-vous parlé sur le parcours ?
A.R. : On a parlé un peu foot en cette période de Coupe du Monde. Il a dit qu’il suivait un peu ça quand même parce que c’était aux Etats-Unis. Il suit un peu. On a parlé un peu de golf. Il a déjà joué en France quelques fois. Non, vraiment, c’était sympa. Dans le jeu, il est impressionnant. C’est un joueur de fade, je pensais qu’il allait se retrouver en difficulté sur des vents de la gauche. Et en fait, il gère super bien la quantité de fade qu’il met dans ses balles. Je trouve que sa balle reste très neutre. Et c’est vrai que c’est assez impressionnant dans ce genre de conditions. Il gère très bien ses trajectoires.
G.P. : C’est quoi pour vous un bon Open britannique réussi ?
A.R. : C’est dur à dire. Je ne sais pas. On juge souvent un bon tournoi sur le résultat. Mais je pense qu’il y a beaucoup de belles choses à faire. Comme je disais, avoir une attitude et un mental de Majeur. C’est-à-dire ne pas s’exciter, accepter les mauvais rebonds, les mauvais résultats. Il faut essayer de rentrer ses opportunités quand elles se présentent. Ne pas lâcher de points idiots. C’est tout ce genre de choses qui fait qu’en général, en fin de semaine, on fait un bon tournoi. C’est ce que j’avais bien fait à Liverpool, par exemple, il y a trois ans. Je connais les ingrédients. Maintenant, c’est quelque chose de dur à mettre en place.
Photo : Michael Reaves / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP











