Auteur d’un excellent 66 (-4) fort de six birdies pour deux bogeys, Rory McIlroy s’est idéalement repositionné avant le dernier tour de ce 108e PGA Championship. A -3 (207), le Nord-Irlandais était ainsi à un coup seulement des leaders en milieu d’après-midi à Newtown Square.
L.V.
Fâché avec ce par 70 d’Aronimink Golf Club lors du premier tour bouclé en 74 (+4), plutôt bougon à l’issue du deuxième pourtant mieux négocié grâce à un solide 67 (-3), n’hésitant d’ailleurs pas au passage à déclarer qu’il « était difficile d’y faire un birdie » tout en assurant qu’on ne pouvait pas « faire pire qu’un bogey », Rory McIlroy s’est clairement « réconcilié » avec le parcours hôte du 108e PGA Championship de l’histoire.
Lui aussi bénéficiant de conditions météorologiques très favorables, durant au moins quinze trous en tout cas, le Nord-Irlandais s’est de nouveau invité aux avant-postes en claquant une très belle carte de 66 (-4). Quatre birdies et un seul bogey sur l’aller l’ont ainsi remis très rapidement en selle et il s’est même carrément retrouvé en tête à -4 après deux nouveaux birdies signés aux trous 11 et 14, pourtant une zone périlleuse où les « accidents » ont été nombreux lors des deux premiers tours.
Un bogey sur le par 3 du 17 et un par sauvé sur le 18 l’obligent néanmoins à reculer à -3 (207) mais le double vainqueur du Masters s’est idéalement replacé avant le dernier tour. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il occupe la 5e place au leaderboard, à une longueur de plusieurs leaders encore très provisoires.
J’ai commis quelques erreurs sur les trois derniers trous. Mais j’ai le sentiment d’en avoir fait assez pour espérer gagner demain.
Rory McIlroy
« Je suis assez fier de bien gérer mon jeu, d’apprendre au fur et à mesure et d’essayer de résoudre les problèmes au fil de la semaine, souffle l’actuel n°2 mondial après ses 54 premiers trous. Jeudi, il y avait des choses dans mon jeu, surtout au driver, qui ne me convenaient pas. Alors j’ai travaillé dessus (plus de 4 heures au practice) pour trouver un réglage qui me convienne. Ce n’est pas encore parfait, mais c’est bien mieux, ce qui me permet de me créer des occasions depuis le fairway et de faire plus de birdies. »
« Honnêtement, j’avais le sentiment que si j’avais joué les trois derniers trous à -1 au lieu de +1, j’aurais pu atteindre le -5, précise-t-il quand on lui pose la question de savoir quel était son objectif ce samedi. Je pensais que si j’y parvenais aujourd’hui, les leaders seraient obligés de jouer sous le par pour être à ma hauteur, voire devant moi. Malheureusement, je n’y suis pas arrivé. J’ai commis quelques erreurs sur les trois derniers trous. Mais j’ai le sentiment d’en avoir fait assez pour espérer gagner demain. »
En course pour un 7e Majeur…
Rappelons que Rory McIlroy pointait à la 105e place du leaderboard au soir du premier tour avec son lourd 74 (+4) et ses 4 fairways touchés seulement. S’il parvient à l’emporter dimanche, il deviendrait le 4e golfeur de l’histoire à réussir un tel exploit de combler un écart aussi important, le premier depuis Steve Jones en 1996. Celui-ci occupait la 84e place après 18 trous à l’U.S. Open.
Plus que jamais dans le coup pour remporter un 7e Majeur, son 3e USPGA après ceux de 2012 à Kiawah Island et 2014 à Valhalla, McIlroy marcherait aussi dans les pas de Ben Hogan (1953), Arnold Palmer (1960), Jack Nicklaus (1972), Tiger Woods (2002) et Jordan Spieth (2015), les seuls en 75 ans à avoir décroché les deux premiers Majeurs de la saison.
J’ai réussi à me sortir un peu de cette situation délicate, et j’en suis fier.
Rory McIlroy
« Je n’ai pas particulièrement bien joué – j’ai très mal terminé jeudi –, mais au final, je n’avais que sept coups de retard, résume-t-il. Si je repense au Masters de l’an dernier, j’avais sept coups de retard après la première journée et deux coups d’avance avant la dernière. Comme quoi, le golf est un sport imprévisible et il peut se passer beaucoup de choses au cours d’un tournoi. Je me suis progressivement rapproché un peu plus de la tête chaque jour. On verra ce que les gars vont faire cet après-midi. Mais j’ai réussi à me sortir un peu de cette situation délicate, et j’en suis fier. Il reste encore une journée, et je pense que si je parviens à rester suffisamment proche de la tête, en fonction des performances des autres, j’ai encore de bonnes chances. »
Ce dernier tour s’annonce bouillant ici dans la grande banlieue ouest de Philadelphie !
Photo : Scott Taetsch / PGA of America














