Dans un entretien accordé à Flushing It Golf, Pablo Larrazabal tire la sonnette d’alarme sur l’avenir du circuit européen, estimant que « nous sommes dans la position la plus faible dans laquelle nous ayons jamais été » et qu’il pourrait encore s’affaiblir si le PGA Tour continue de le vider de ses meilleurs éléments.
Il a 483 tournois et dix-huit ans de carrière sur le DP World Tour. Et aujourd’hui, Pablo Larrazabal, neuf victoires dont un Open de France au compteur, est l’un des rares à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Dans un entretien accordé à Flushing It Golf en marge du Genesis Scottish Open, l’Espagnol a livré un constat sans concessions sur l’avenir du DP World Tour – et sur ce que les changements annoncés par le PGA Tour pour 2028 pourraient lui faire.
Pablo Larrazabal is a 9 time winner on the DP World Tour, playing in 483 events across 18 years of membership. He’s also had leadership roles in the past. In a lengthy conversation, he spoke to me at depth about the challenges the tour is facing as the professional golf world… pic.twitter.com/Lwk39StlPW
— Flushing It (@flushingitgolf) July 7, 2026
Un tour déjà à deux vitesses
Celui qui a connu l’époque où Miguel Angel Jimenez, Jose Maria Olazabal et Colin Montgomerie faisaient la grandeur du circuit européen, a d’abord posé le cadre de son engagement. « Je joue sur ce tour depuis mes 24 ans, a-t-il expliqué. Je ne suis pas du même calibre en tant que joueur, mais je sens que c’est maintenant ma responsabilité de faire la même chose pour les jeunes. C’est mon devoir. Je joue autant de pro-ams que possible pour divertir les gens importants et pour que les sponsors importants soient contents. Je veux rendre le circuit européen à nouveau grand. »
Le diagnostic qu’il pose sur le DP World Tour actuel est sévère. « Le DP World Tour, c’est déjà deux circuits. De septembre à janvier et de février à août. Il y a plus de points en fin d’année, plus d’argent. Rory (McIlroy) joue la série d’automne et quelques autres grands noms du PGA Tour. C’est bien. Mais les deux tours vont devenir encore plus nombreux avec les changements. »
Quatrième ou cinquième tour mondial ?
Ce qui l’inquiète le plus, c’est le système de cartes qui permet aux dix meilleurs membres non-exempts du DP World Tour d’accéder au PGA Tour chaque année. Pour lui, ce mécanisme est un poison lent. « Ces cartes doivent disparaître, estime-t-il. Nous perdons trop de talent sur le DP World Tour. Quand j’ai commencé, on pouvait facilement être dans le top 50 mondial en jouant ici. Maintenant, c’est difficile. Nous sommes probablement dans la position la plus faible dans laquelle nous ayons jamais été. »
Avec le lancement du Championship Series et du Challenger Series du PGA Tour en 2028, l’Espagnol craint que le DP World Tour ne se retrouve relégué au rang de troisième, voire quatrième ou cinquième circuit mondial si le LIV disparaît.
C’est un sport individuel donc vous devez être égoïste, mais si nous ne travaillons pas tous ensemble, nous allons nous affaiblir.
Pablo Larrazabal
Sa métaphore pour décrire la situation est cinglante : « Imaginez Samsung donnant ses dix meilleurs employés à Apple chaque année. Ça n’arriverait jamais. L’entreprise s’affaiblirait chaque année et le DP World Tour s’affaiblit chaque année. Regardez, les gars gagnent sur le PGA Tour et c’est bien pour eux. Ce n’est pas bon pour le tour. Le golf est devenu très égoïste ces dernières années. C’est un sport individuel donc vous devez être égoïste, mais si nous ne travaillons pas tous ensemble, nous allons nous affaiblir. »
Pablo Larrazabal n’est pas seul à s’inquiéter – de nombreux joueurs et des responsables de fédérations européennes partagent les mêmes craintes en coulisses – mais il est l’un des premiers à les exprimer aussi clairement sur la place publique. Lui qui a exercé des responsabilités au sein du tour par le passé, espère être entendu alors que le DP World Tour renégocie son alliance stratégique avec le PGA Tour.
Photo : Andrew Redington / Getty Images via AFP













